Watchmen de Damon Lindelof - Comics Prime

Résumé : Tulsa, Oklahoma, de nos jours. Il y a 3 ans de cela, un groupe de suprématistes blancs appelés «La septième Cavalerie» s’est attaqué à tous les policiers de la ville ainsi qu’à leurs familles. Afin de protéger leur identité depuis cette attaque poétiquement surnommée «La Nuit Blanche» les policiers portent désormais un bandana jaune afin de conserver leur anonymat. Profondément marqués par cette nuit tragique, Angela Abar et le chef de la police de Tulsa, Judd Crawford, décident d’enquêter de concert sur ce groupuscule et ses adeptes.

Critique : Il y a de ces projets qui ne peuvent tout simplement pas réussir. On pourra faire ce que l’on veut mais il sera impossible de parvenir à arriver au bout avec réussite à moins de capturer la foudre dans une bouteille. Pourtant, c’est ce que Damon Lindelof a réussi à accomplir avec sa série Watchmen. Et pourtant, comment faire suite à l’un des comics les plus réputés de l’histoire du médium ? En perpétuant les réflexions de l’histoire originale en les faisant résonner avec l’actualité, le tout avec cœur et talent.

Ainsi, les interrogations sur le rôle du masque ressortent plus avec la place plus importante qu’a pris la figure super-héroïque dans la culture populaire contemporaine mais également avec les doutes envers la figure policière et sa place dans le système légal. À l’heure des manifestations de plus en plus régulières envers les forces de l’ordre, on peut se dire que Damon Lindelof n’a fait que faire transparaître ces doutes en jouant sur une figure de miroir entre policiers et super-héros. Le fait de les masquer amène une sensation de protection mais également d’impunité. « Pourquoi m’avoir fait porter un masque ? » demande un personnage à un autre, qui lui répond « Parce qu’un masque rend cruel ».De quoi se demander « who watches the Watchmen ? » avec une pertinence qu’Alan Moore ne renierait peut-être pas…

La structure globale de la série s’avère assez vertigineuse, parvenant en neuf épisodes à se révéler d’une densité ahurissante avec diverses ramifications réflexives. Nous parlions avant de nos représentants de loi mais on peut parler aussi de réappropriation culturelle et de quête de soi (de nouveau le symbole du masque, notamment par la révélation autour d’un personnage) dans une société où le racisme reste encore présent, juste de façon plus pernicieuse. On pense ainsi à l’exceptionnel sixième épisode, notamment par le traitement d’un personnage qui ne fait que résonner cette avec sensation d’acceptation qui sert juste uniquement à dissimuler un rejet institutionnalisé de tout ce qui est considéré comme non normé par une certaine majorité.

Il y a évidemment tant à dire de façon analytique sur le contenu de cette série Watchmen et notamment sa façon de répondre au comics original (rien que par sa structure originale) mais cela n’aurait servi à rien sans sa gestion émotionnelle. La série aurait pu être un objet décorticable au microscope mais elle est dotée d’une âme et d’une humanité qui explose dans un huitième épisode au romantisme incandescent. C’est notamment par la grâce de son casting, impeccable à souhait et irradiant de charisme, en particulier Regina King.

Damon Lindelof se plaît ainsi à dresser une mosaïque autour d’Angela Abar, la mettant au centre de la narration tout en faisant graviter à ses côtés une large galerie de portraits passionnants par leur tragédie personnelle. Le cinquième épisode fait ainsi la part belle à Wade Tillman (déchirant Tim Blake Nelson) et un traumatisme puissant, le tout traité avec une sensibilité à mille lieues du cynisme gratuit de certains films à gros budgets par rapport à leurs personnages. Rien de tel ici car si l’écriture n’hésite jamais à être grinçante, elle ne l’est jamais en défaveur de l’humanité de ses héros, tous aussi magnifiques par leur failles multiples.

C’est ce qui rend ce Watchmen indispensable à rattraper tant la série s’inscrit sans souci parmi l’une des meilleures créations super-héroïque de ces dernières années. On aura beau lui faire ajouter tous les superlatifs qui soient, on ne pourra jamais réussir à réellement qualifier cette suite de Watchmen correctement tant elle s’avère riche à tous les niveaux. Tout ce que l’on peut faire, c’est vous recommander le visionnage, notamment dans l’édition Blu-Ray fournie par Warner Home Video, afin d’apprécier au mieux l’une des créations télévisuelles les plus passionnantes des années 2010. La seule question que l’on peut encore se poser, c’est ce qu’en penserait Alan Moore, normalement peu prompt à soutenir tout ce qui se rattache à ses créations, tant le travail de Lindelof parvient à s’inscrire pleinement à son chef d’œuvre…

Watchmen de Damon Lindelof
Damon Lindelof a fait l'impossible en prolongeant une des oeuvres les plus mythiques de la pop culture et en la rendant aussi bien passionnante qu'émotionnellement chargée.
Réalisation
Scénario
Casting
Plus
  • Un casting parfait
  • Les ramifications scénaristiques
  • Une mise en scène impeccable
Moins
  • Rien?
4.7Note Finale
Contenu non disponible.
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