Dossier : Bruce Timm [2/3] - Comics Prime

PH8K4hbaC5Ugb8_1_mRebonjour à tous et bienvenue sur la deuxième partie de notre dossier consacré à Bruce Timm! Si vous avez raté la première partie, vous pouvez toujours y accéder ici : http://bit.ly/12tAXTN  ou dans la section bazaar du site.

Dans ce premier arc, nous avons traité l’enfance de l’artiste, ses influences et ses débuts plutôt éprouvants dans le monde de l’animation. Dans cette seconde partie, nous entrons dans le vif du sujet avec son arrivée à la Warner Bros et les gros projets qu’il y développera pour DC avant de superviser l’ensemble de la section animation de l’éditeur. Bonne lecture !

 

 

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Après son dernier travail sur Beany & Cecil (Cfr Dossier 1/3) , Bruce Timm quitte l’animation pour devenir coloriste. Cependant, ce nouveau job n’est pas très grisant pour l’artiste qui n’y trouve pas son compte. C’est aussi à ce moment qu’il rencontre sa future femme et qu’il se rend compte que ce boulot ne lui permettra pas de s’acheter une maison et d’élever une famille.  Il est temps de changer tout ça.

Peu après, un de ses collègue sur Beany & Cecil l’appelle : « Hey, la Warner Bros vient d’ouvrir une section animation et ils vont démarrer plusieurs cartoons, ils engagent ! »  C’est ainsi que Bruce Timm passa une interview pour démarrer sur la série …. Tiny Toons !  Il s’occupera exclusivement des storyboards de la série pendant un an. « Ce n’était pas vraiment mon rayon, mes vrais premiers storyboards dataient d’à peine un an avec Beany & Cecil… mais je les avais dans mon portfolio lors de mon interview et c’est ce qui a fait pencher la balance. »

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Avant de travailler sur Batman Animated, Bruce Timm est passé par la case Tiny Toons.

L’artiste est un peu dépité, les Tiny Toons ne font pas vraiment son affaire et même si la série rencontre le succès, il lorgne plutôt du coté des cartoons de Disney tels que Super Baloo ou encore Myster Mask.  Il essaye en fait de mettre de la distance avec son travail depuis sa mésaventure sur « Beany & Cecil » une intention qui partira en fumée dès que le mot « Batman » sera prononcé.

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L’épisode pilote de Batman Animated a été réalisé par 4 personnes seulement !

A l’époque, Margaret Loesch (de chez Fox Kids) travaillait avec Marvel où elle a tant bien que mal tenté de faire vendre un dessin animé X-Men qui, malgré son succès en librairie, n’intéressait personne. Elle se tourne vers la Warner Bros en 1990 pour les convaincre de produire un dessin animé Batman, au budget plutôt conséquent. Il n’y avait pas eu de dessin animé Batman depuis près de 20 ans, le retour devait être réussi !

Alors que la Fox et la Warner se tâtent pour voir qui va payer quoi et qui aura les droits, une équipe miniature se monte afin de développer un pilote au budget 0. Ici pas d’équipe rémunérée, juste des passionnés parmi lesquels on retrouve Bruce Timm, Ted Blackman, Eric Radomski et Paul Dini ! Le pilote dure un peu plus d’une minute trente, c’est un succès : « Ok, c’est parfait, vous avez votre série »

« Pour être honnête, tout avait été signé juste avant de remettre notre pilote. Jean McCurdy, la présidente de la Warner avait accepté ce pari complètement fou de nous laisser Eric et moi monter une série. Nous n’avions jamais eu autant de responsabilités et encore moins endossé le rôle de producteur. »

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Alors qu’il commence a travailler sur le show, Bruce Timm ressent avant tout la pression du film Batman sorti il y a peu. Le long métrage de Tim Burton a en effet été un succès et les idées étaient bonnes mais pas question pour lui de reprendre le design des personnages ou d’autres éléments importants. La seule chose qu’il souhaite vraiment garder, c’est cette ambiance Pulp qu’il aime tant et qui a sans doute aussi influencé Burton.  « Burton a volontairement utilisé des décors « sales » dans le film mais nous ne voulions pas de ça pour la série, nous voulions quelque chose de beaucoup plus propre tout en restant inquiétant ».

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Hugh Ferriss (1889 – 1962), artiste et architecte.

 

L’influence majeure de Ted Blackman pour les arrières plan de la série Batman fut Hugh Ferriss, un artiste et architecte bien connu de Bruce Timm également.

Bien qu’il n’ai jamais fait le design de buildings célèbres, Hugh Ferriss est connu pour son influence majeure sur la génération d’architecte le suivant.

 

 

Bruce Timm veut également conserver un Batman sombre en limitant aux maximum les paroles qu’il échange avec les autres, ce concept à bien évidemment évolué avec la série pour concorder avec la présence de ses nouveaux alliés. Le studio exerce malgré tout une pression autour des personnages du Pingouin et de Catwoman, il veut que ces derniers ressemblent au maximum à ceux du film. Pour coller au Pingouin de Danny DeVito dans le futur Batman Returns, Timm et Radomski demandent une entrevue avec Tim Burton qui leur fera un sketch rapide.  « Le dessin de Tim est très abstrait, j’ai du demander pour aller sur le tournage afin de pouvoir faire mes propres sketch, les photos étant interdites ».

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Le design de Poison Ivy et de Catwoman telles qu’elles sont apparues dans la série.

Sur Catwoman, Timm se dit qu’avec le recul, il aurait préféré utiliser un costume noir comme dans le film. Il avait rejeté cette idée car les coutures apparentes ne lui plaisaient pas, trouvant ça trop morbide et ne collant dès lors plus à sa vision de Catwoman. Son costume sera finalement noir dans la dernière saison de Batman Animated, sans les coutures.

Si Bruce Timm à fait la plupart des design, il  a été épaulé pour certains personnages  comme Poison Ivy, Montoya (la flic, petit rappel) et Summer Gleason (la journaliste). « A cette époque, mon style est encore un peu trop rigide et masculin pour les personnages féminins, les sketches de Lynn Naylor m’ont permis de le styliser pour un bien meilleur rendu ».

Au moment d’intégrer Robin au show, Timm n’est pas très chaud. Le personnage n’est pas très célèbre a l’époque et son design douteux (le short/slip vert) vient à peine d’être mis à jour part Neil Adams qui donne au personnage un pantalon (dit comme ça…) une cape noire et des bottes dans le style ninja.  Pour contourner le problème, Timm décide que dans le show Robin continue d’aller à l’école afin le maintenir à distance de Batman. Timm veut vraiment que son Batman soit un solitaire, pas question de faire des scènes de blabla entre les deux acolytes.

« Au final Robin a quand même apporté une touche de légèreté au show, sans lui ce dernier aurait été toujours sombre et ça n’aurait pas été positif »

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Gueule d’argile dans Batman The Animated Series

Sur Batman, l’animation n’est pas de tout repos. La parution journalière des épisodes force Timm et Radomski à envoyer leur travail à plusieurs studios d’animation Coréens et Japonais dont la qualité varie très fort. Plus grave, certains épisodes étaient animés par deux studio différent, un pour la première moitié et l’autre pour la seconde. C’est ce qui arriva avec l’épisode Clayface (Gueule d’argile) dont la première moitié est mal animée alors que la seconde est magnifique de bout en bout.

 

« Cette série m’a vraiment épuisé, parfois je rentrais chez moi à 4 heures du matin et ma femme m’attendais, assise, en me demandant pourquoi je n’avais pas appelé[rires] »

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« Quand Paul (Dini) m’a parlé du concept de Harley, je me suis dit « Ok, c’est plutôt malin ». Nous l’avons intégrée à l’épisode « Joker’s Favor »  qui devait paraitre le 11 septembre 1992 (Saison 1 Episode 22) mais nous attendions de voir ce que ça donnerait une fois animée. »

Lorsque l’équipe reçoit l’épisode finalisé, elle tombe sous le charme du nouveau personnage mais personne ne se doute encore de l’importance qu’elle va prendre par la suite.  Timm est malgré tout un peu inquiet : il travaille sans relâche pour rendre le Joker encore et toujours plus effrayant, que va t-il se passer avec cette petite amie complètement folle faisant ressortir son coté folklorique?  Il en discute alors avec Paul Dini mais le show continue normalement. Au final, Harley est devenue un personnage à part entière de la série alors qu’elle était supposée ne faire que quelques apparitions.

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Mad Love raconte les origines de Harley Quinn

« A force de l’utiliser, nous avons pu en faire un personnage profond et faire des histoires très sombres comme « Mad Love » et d’autres beaucoup plus fun comme « Harliquinade » ou « Harley’s Holiday ». L’épisode « Mad Love » a d’ailleurs été  adapté en comic book 2 ans plus tard, en 1994, toujours scénarisé par Dini et dessiné par Timm.

De son vrai nom Dr. Harleen Quinzel, Harley rencontre le Joker à l’asile d’Arkham où elle exerce en tant que thérapeute. La situation dégénère très vite et elle se prend d’un amour fou pour ce dernier avant de l’aider à s’évader.

Le comics à d’ailleurs reçu un Eisner Awards et a été très bien reçu par la critique comme par le public.

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Pendant sa collaboration avec Steven Spielberg et Paul Dini sur Freazkazoid, Bruce Timm commence à se lasser du personnage.  Le concept de base l’intéressait mais il a l’impression que le show n’apporte pas grand chose au fil des épisodes.  C’est à ce moment que Jean McCurdy (présidente de la Warner) , lui propose de travailler sur une série  Superman, une offre qu’il s’empresse d’accepter. Même s’il ne s’intéresse pas spécialement à Superman, son rôle de producteur sur Freakazoid ne l’occupe presque pas : il a besoin d’un projet.

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Superman en la compagnie de la charmante Lois Lane

Ayant toujours préféré Batman à Superman depuis son enfance, Bruce Timm est beaucoup moins à l’aise sur ce nouveau projet. « Avec Batman j’ai toujours su quoi faire juste en le regardant mais avec Superman, c’était différent. Même en comprenant son concept, il était plus facile de se planter… le contexte de son personnage n’a rien à voir avec Batman. Quand on a commencé a fouiller dans les archives Superman pour lister les méchants, on s’est rendu compte que beaucoup d’entre eux étaient des vieux grassouillets en costume [rires] »

« Certains méchants avaient quelque chose de sympa mais visuellement, ils n’étaient pas intéressants »

Peu convaincu par les personnages qu’ils ont sous la main, Timm et Dini modifient les personnages à leur sauce en essayant de respecter l’original (Brainiac, Parasite) ou de les réinventer de A à Z (Toyman). Timm avoue qu’ils  ont un peu « Batmanisé » certains méchants de la série en leur donnant une psychologie plutôt instable et une apparence en adéquation avec celle -ci.

Pour ce qui est du dessin de Superman, c’est en regardant un vieux dessin animé Hercules des années ’60 que Timm a sa révélation, c’est le visage qu’il veut donner à Superman ! Il modifiera les traits pour le rendre plus proche de son style, un problème de moins !

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Quand Superman affronte Darkseid

« Le problème de Superman, c’est qu’il est trop puissant, trop rapide. S’il est perçu comme tel, les affrontement semblent impossibles et il devient difficile de créer des histoires ou il subsiste du suspense. Pour pallier à ça, nous avons fait intervenir beaucoup de guest-stars afin d’influencer l’histoire. C’est venu naturellement : Superman venant d’un autre monde, il semblait légitime de faire intervenir des personnages venu d’ailleurs également. »

Même s’ils se font quelque fois rappeler à l’ordre par la Warner qui n’a pas envie que sa série se transforme en Justice League, Timm et Dini continuent de travailler sur la série en y incorporant des méchants assez sombres comme Darkseid. Superman étant un héros très flashy et optimiste, ils s’amusent à repousser les limites de ce dernier au travers d’épisodes très noirs comme « Apokolips Now » (un épisode d’ailleurs dédicacé à la mémoire de Jack Kirby) ou encore « Legacy ». Ils limitent cependant ce genre d’épisodes afin qu’ils gardent leur effet dramatique.

Vous aurez sans doute remarqué que la numérotation de ce dossier et du précédent à été un peu trafiquée en passant de deux parties à trois. La raison est simple : il y a trop de choses à dire ! Je pense que trop résumer n’est pas la solution, si vous êtes ici à lire ces lignes c’est que vous aimez l’artiste ou que vous apprenez à le connaître, il serait dommage de vous servir une soupe faite de ce que vous savez déjà.

La conclusion de ce dossier Bruce Timm sera donc pour la semaine prochaine, soyez au rendez-vous pour en apprendre plus sur son travail avec Batman Beyond, la Justice League… et quelques pin-up pour récompenser votre fidèle lecture.

 

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