Wytches: Mes sorcyères bien aimées ? - Comics Prime

Superstar, chez DC Comics et dans le petit monde du comics en général, Scott Snyder a plus d’un tour dans son sac, non content de triompher avec son Batman, Monsieur se paye le luxe de sortir une histoire mensuelle chez Image Comics, qui plus est avec Jock aux dessins, au revoir les capes et les chauves souris et laissons place aux sorcyères comme il aime tant les appeler…


Fiche technique
wytches-tome-1-270x422Wytches : tome 1
Scénario :
Scott Snyder
Dessin : Jock
Couleur : Matt Hollingsworth
Contient : Wytches vol.1 (#1-6)
Édition VO : Image Comics
Édition VF : Urban Comics
Prix: 10 €
Sollicitation : À travers la planète, siècle après siècle, des femmes et des hommes suspectés de sorcellerie furent brûlés vifs, noyés, pendus, torturés, emprisonnés, persécutés, assassinés. Si aucun de ces malheureux n’a jamais été sorciers ou sorcières, ils sont cependant morts en protégeant un terrible secret : celui de l’existence des véritables sorcières. Des entités ancestrales, sauvages et insatiables pour quiconque pactisera avec elles. De nos jours, après un épisode tragique durant lequel leur fille Sailor fut victime de harcèlement, la famille Rooks choisit de déménager et de se reconstruire en paix, loin de cette pénible expérience. Leur proximité avec la forêt environnante va cependant les exposer à un mal plus ancien que l’humanité…


La petite maison dans les bois

Charlie Rooks et sa femme Lucy décident d’emménager  dans une petite village du New Hampshire, pour fuir non seulement les tracas de la ville mais aussi tenter d’oublier un lourd passé qui a marqué leur famille et plus particulièrement leur fille Sailor. Jeune adolescente introvertie et rongée par l’anxiété, son père a essayé plusieurs fois de l’aider, souvent de manière très maladroite… mais une chose est certaine, Charlie aime sa fille plus que tout au monde. Celle-ci est aussi une source d’inspiration, en effet illustrateur et écrivain à succès, il n’hésite pas utiliser les caractéristiques de Sailor pour les transposer sur papier. Sa femme Lucy est clouée dans une chaise roulante et travaille dans un hôpital en tant qu’infirmière. Comme je l’ai dit plus haut la famille Rooks a un lourd secret qu’elle tente par tout les moyens de préserver, mais celui-ci va resurgir très vite. Et oui, dans ce petit village où tous les habitants se connaissent, les cachotteries sont vite exposées aux yeux de tous. Et puis pour terminer le tableau, il y a cette forêt, touffue, sombre, où chaque arbre a un air menaçant, où chaque bruit déchire le silence de plomb qui règne sur cette parcelle du New Hampshire…

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Thérapie ?

Le moins que l’on puisse dire est que Scott Snyder nous livre avec ce premier tome une véritable leçon de caractérisation. En quelque pages l’auteur arrive à nous dépeindre la psychologie des protagonistes, on peut donc aisément comprendre leur réactions dans certaines situations. De plus les héros de Wytches sont des personnes comme tous le monde, par exemple Charlie (le père de Sailor) est un papa certes, mais avec pas mal de défauts et quelques  casseroles qu’il traîne encore aujourd’hui, en somme une personne normale, loin de l’archétype édulcoré de la figure paternelle (NDR : à savoir maintenant quel est l’idéal paternel , c’est un autre débat !). D’ailleurs Scott Snyder s’est inspiré directement de ses propres expériences/doutes en tant que père pour le personnage de Charlie Rooks, ce n’est donc pas par hasard que le métier de celui-ci est écrivain. D’ailleurs à la fin du bouquin on y trouve le courrier des lecteurs où il explique ses craintes, ses angoisses en tant que père mais aussi ses anecdotes lorsqu’il était petit et s’amusait avec un ami à chasser les sorcières dans les bois aux alentours de la seconde résidence familiale. Ces quelques pages sont vraiment une bonne idée, car elles servent non seulement à sentir l’essence originelle de l’oeuvre mais aussi invite le lecteur à une deuxième lecture qui servira à faire des raccords avec la personnalité de Scott Snyder.wytches4.1

Sinon, les sorcières ?

Outre le fait que Wytches est une introspection qui sonne un peu comme une thérapie sous-jacente de Scott Snyder, c’est d’abord une histoire d’horreur, à l’instar de Severed (NDR: paru chez UrbanComics également), le scénariste joue avec des peurs de l’enfance issu du folklore populaire, qui, tapis dans l’ombre, attendent patiemment leurs victimes. Exit donc l’hémoglobine qui coule à foison(même si il y a quand même deux ou trois passages bien glauque)  le propos est bien plus fin en effet, la peur et l’angoisse s’installent doucement au fur et à mesure de la lecture et à l’instar d’une certaine oeuvre avec des zombies, on s’aperçoit vite que l’enfer ne vient pas forcément des méchantes créatures qui se cachent dans la forêt.

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Le trio gagnant ?

Au dessin on retrouve un dessinateur que j’affectionne tout particulièrement à savoir le très talentueux Jock. Avec son style percutant (qui a dit Sombre Reflet ?) et son trait jouant avec les ombres et des silhouettes qui rendent le tout particulièrement inquiétant, on peut dire qu’il était l’homme de la situation ! Et puis il excelle dans les paysages sinistres ou il mêle trait fin et aplat de noir, ce qui donne à ses paysages terrifiants, une espèce de poésie fragile et mystérieuse collant – vous vous en doutez – parfaitement au récit. Mention spéciale pour sa forêt touffue et sombre !
Il faut bien entendu souligner le travail exceptionnel de Matt Hollingsworth, qui a colorisé chaque cases d’abord à l’aquarelle puis a rajouté des effets avec Photoshop, ce qui donne encore plus de poids au boulot de Jock, renforçant ainsi l’aspect inquiétant du récit.

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Promis c’est promis

Wytches est une belle découverte, et je vais vous avouer quelque chose, j’ai eu quelques appréhensions lorsque j’ai vu que c’était Snyder au scénario. D’abord parce que je lui reproche ses longueurs d’écriture (oui c’est de Batman que je parle !) où il s’étend sur des choses qui ne servent pas vraiment le récit. Ensuite, parce que à force de lire du Snyder/Batman on arrive presque à deviner ce qu’il va faire, comment il va s’amuser à torturer ce pauvre Bruce toujours avec les même ficelles qui ont fait son succès. Ici j’ai appris a aimer à nouveau Scott Snyder, pour la bonne et simple raison qu’il n’est pas pieds et mains liés par des impératifs éditoriaux qui d’office viennent plomber ses histoires. Ici, il est sans filet et essaye de jouer avec ses propres démons. Un exutoire qu’il est bon de lire et d’apprécier, promis c’est promis…

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