Wild Blue Yonder : Les aventuriers du ciel - Comics Prime

Glénat Comics est toujours à la recherche de nouveautés, cette fois encore l’éditeur ne déroge pas à la règle, en effet l’éditeur a été faire un tour du côté de chez IDW et y a dégoté un one shot paru en 2015 aux USA : Wild Blue Yonder, une série qui sent bon le kérosène et les nuages radioactifs…

Wild Blue Yonder : Les aventuriers du ciel
Scénario, concept original : Mike Raicht
Scénariste : Austin Harrison
Scénariste et dessinateur : Zach Howard
Couleurs : Nelson Daniel
Editeur VO : IDW
Editeur VF : Glénat Comics

Sollicitation : Dans un futur post-apocalyptique, les hommes ont quitté la terre pour le ciel et vivent désormais dans des forteresses volantes. Cola, jeune pilote descendant d’une famille d’aviateurs, se bat tous les jours pour protéger des pirates de l’air sa cité alimentée par l’énergie solaire. Car les réserves de munition et de carburant se tarissent peu à peu, et les hommes deviennent prêts à tout pour survivre. Chaque jour, le ciel s’embrase du feu des batailles entre avions et guerriers aéroportés. Et le monde sombre peu à peu dans le chaos…

Maman, plus tard je serai pilote !

Nous voici, donc immergée dans un nouveau monde où l’homme a merdé, en effet la terre est archi polluée, il est impossible de vivre sur la terre ferme, tant celle-ci et souillée par des déchets en tous genres. Le seul salut de l’espèce humaine est de vivre dans les cieux, mais les places sont chères là-haut… D’ailleurs un homme répondant au nom du “Juge” l’a très bien compris. Il mène d’une main de fer une traque (presque désespérée) sur le vaisseau l’Aurore. cet engin a pour particularité de fonctionner à l’énergie solaire, et visiblement il serait le seul dans ce monde à utiliser ce carburant illimité. Protégée par Cola, une jeune pilote talentueuse qui est à la recherche d’un nouveau porte flingue. Sa mission ? Protéger avec elle l’Aurore. La particularité du job ? Équipé d’un jetpack, on est accroché à l’aile d’un avion, on est armé jusqu’aux dents et on ne vit pas très longtemps.
C’est au sommet d’une montagne, dans un bar où l’on sert le meilleur whisky de ce monde post-apocalyptique que Cola fera connaissance avec Tug, son futur coéquipier…

Amateur de belle mécanique

Je ne connaissais pas le travail de Zach Howard, après quelques recherches, il s’avère que le monsieur a déjà travaillé pour quelques séries notamment Justice League Unlimited (DC Comics), Star Wars Dark Times (Dark Horse) mais surtout il est crédité sur la série Judge Dredd (celle d’IDW). Ce qui m’étonne guère, vu son style qu’on qualifierait d’un peu roots. Mais qui ne dérange pas outre mesure puisque nous sommes dans un monde post-apo où s’entrechoque la ferraille et où on entend siffler les balles ! D’ailleurs l’artiste ne lésine pas sur les scènes gores et les somptueuses splash pages. où souvent sont représentés des étendues sans aucune terre à l’horizon ou bien encore des escarmouches épiques entre zincs d’un autre temps. Et il faut bien l’avouer Zach Howard à un vrai talent pour dessiner ces vieux coucous, il ne lésine pas sur les détails de la taule et de la mécanique. Bien entendu il n’égale pas les ténors du genre ( Joe Colquhoun ou encore Romain Hugault), mais pourtant il arrive à un résultat plus que convaincant. J’émettrai juste une réserve sur certaines cases qui a mon sens manques de visibilités, dû à un trop-plein de détails et à la colo de Nelson Daniel, un peu appuyé à mon goût.

Tu vois mon hélice ?

Si la partie graphique est plus que correcte et quelquefois même époustouflante, j’ai des réserves concernant le scénario, d’abord parce que je trouve qu’on manque un peu de contexte, on ne comprend pas très bien ce qui s’est passé sur la terre, oui l’humanité a merdé, oui la planète est polluée, mais à part ces évocations, le lecteur doit se faire lui-même son background et c’est un peu dommage pour un récit qui se veut post apocalyptique.

Les auteurs (car il y a trois scénaristes) intègrent dans l’histoire des notions, mais surtout des personnages qui de mon point de vue ne sont pas bien exploités. Par exemple, le Juge a un “bras droit” médecin qui n’est pas vraiment d’accord avec la manière de faire de l’homme. Mais cette relation qui aurait pu être intéressante, est balayé d’un revers. Aussi, Cola a un chien qui répond au nom de Duke, mais il n’y a pas vraiment d’interaction avec l’animal, le lecteur arrive même à l’oublier. Vous l’aurez compris, on ne s’attache pas trop aux personnages secondaires et pour les principaux, il manque cruellement de consistance. Le Juge est un méchant, mais limite caricaturale, Cola est une héroïne comme on en voit beaucoup ces derniers temps dans les comics, rebelle, indépendante, cherchant à se défaire de l’empreinte matriarcale de son commandant, sa mère. Si ce dernier trait a l’air intéressant et semble exploitable, il disparaît vite au fil des pages. Par contre il faut avouer qu’on ne s’ennuie pas, malgré la fausse surprise de certaines situations.

Wild Blue Yonder : Les aventuriers du ciel
Si beaucoup d’éléments de Wild Blue Yonder semblent puiser dans le chef-d'oeuvre de Miyazaki : Nausicaä de la vallée des vents. L’oeuvre de de Raicht, Howard et Harrison reste efficace et ce malgré des carences flagrantes au niveau du scénario. Comme si les auteurs avaient été coupés dans leur élan, car on a une sensation que ceux-ci avec ce one shot ont voulu poser les bases d’un truc bien plus grand. Un peu comme un pilote qui n’aurait pas eu l’adhésion du public test pour enfin lancer la série. Wild Blue Yonder est tout de même sauvé par la patte de Zach Howard qui grâce à son trait se hisse comme nouvelle référence en matière de belle mécanique !
Scénario
Dessin
On a aimé
  • L'ambiance graphique
  • Le design des avions
On a moins aimé
  • Le scénario téléphoné
  • Du déjà vu
  • Manque de background
2.7Note Finale

A propos de l'auteur

Amoureux des comics depuis son enfance, Irokee est l’instigateur du projet, ses séries préférées sont actuellement Deadpool, Uncanny X Force et Invincible.
Il voue aussi une admiration pour Warren Ellis.

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