Suiciders Tome 1 - Comics Prime

Quand Lee Bermejo prend les crayons c’est toujours une événement ! Surtout quand celui-ci décide d’être son propre scénariste. Des gros bras, des combats à mort, deux villes que tout oppose, un Saint en proie au doute, voila ce qui est prévu au programme de Suiciders.


suiciders-tome-1-270x406Fiche technique:
Scénario : Lee Bermejo.
Dessin : Lee Bermejo.
Colorisation: Matt Hollingsworth.
Editeurs: Urban Comics
Sollicitation: Entre les murs de New Angeles, seuls les plus forts ont une chance de survivre. Tandis que les habitants vivent au rythme de la violence et de la pauvreté, une nouvelle forme de divertissement fait son apparition: des combats à mort de gladiateurs devenus machines de guerre, les Suiciders. Parmi eux, le Saint s’est donné pour mission de nettoyer la cité des indésirables et ainsi rebâtir les fondations d’un monde meilleur. Mais l’homme aussi à ses secrets, et certains pourraient bien remettre en cause ces nobles motivations.


Du pain et des jeux !

Suite à un cataclysme Los Angeles se retrouve dévastée. La reconstruction se fait lentement en engendrant une violente séparation sociale. Les riches représentant de l’élite de la société se regroupe dans New Angeles où ceux-ci ont tout le bénéfice de profiter d’ améliorations corporelles tandis que la lie de la société n’a d’autre choix que de vivre dans des bidonvilles et la crasse de Lost Angeles. Bien évidemment hors de questions pour les exclus d’avoir la possibilité de rejoindre les hautes sphères de New Angeles… Pour distraire la population, des combats de gladiateurs modernes sont légalisés (mais par contre exit les muscles huilés et les odeurs de gymnase). Les Suiciders peuvent alors rêver d’atteindre la gloire et la renommée en enchaînant les victoires sanglantes. Le Saint, champion invaincu, est rapidement devenu l’incarnation vivante de la ville renaissant de ses cendres. Mais un grain de sable pourrait enrayer cette machine bien huilée en faisant la lumière sur le mystérieux passé du champion et de sa réelle identité.est proche !

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Une critique sociale

Lee Bermejo s’offre encore une fois le plaisir de tenir la double casquette ; dessinateur/scénariste dans cette brutale dystopie. Le bougre s’en sort avec les honneurs et son récit à la trame très classique ne manque pas du tout d’efficacité. Violent, percutant, Suiciders est un comics qui fait réfléchir beaucoup plus que l’on ne le croit aux premiers abords. Sous fond de critique sociale ; très à la mode vu notre triste actualité, Bermejo met sur le tapis des thèmes comme l’immigration, la recherche et la perte d’identité au sein d’une société puérile, et surtout le repentir. Au final, tout ceci n’est pas sans rappeler des œuvres comme Rollerball (le film original avec James Caan hein pas le remake), Running Man (le roman et le film !), New York 1997 ou Los Angeles 2013 du maître John Carpenter et surtout au Motorball du manga Gunnm.
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Mais le point fort reste cette histoire parallèle qui servira de fil rouge mettant en scène le secret du Saint et de cet immigré paumé essayant de s’élever socialement à l’aide de ses poings. Histoire qui grâce à l’utilisation d’une structure narrative bien particulière arrivera surement à diriger le lecteur dans le faux afin de créer une agréable surprise lors de sa conclusion. Comme dis plus haut, Suiciders en a beaucoup plus sous le capot qu’il ne laisse transparaître. Aussi impitoyable et violent soit-il, le monde dépeint au travers des pages ne manque pas de crédibilité et de vie !

Plaisir visuel

Comme c’est de son habitude avec un artiste de cette trempe, c’est un réel plaisir pour les yeux, et même s’il est beaucoup moins organique et dans le détail qu’il pouvait l’être dans Before Watchmen, Luthor ou Joker; Lee Bermejo est l’incarnation du talent. Il alterne un découpage en somme classique lors de ces planches tout en réussissant a poser des ambiances dignes des plus grands polars, tandis que d’autres sont de véritables leçons de dynamisme pour le comics.
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Et même s’il lui arrive parfois de surcharger ces pages de dialogues et que d’autres donnent dans le contemplatif le plus total, c’est quasi un sans-faute visuel du début à la fin. À ne pas oublier que l’alchimie entre Bermejo et le coloriste Matt Hollingsworth (aller voir son boulot sur Wytches ou Hawkeye pour vous convaincre de son talent) fonctionne du tonnerre dans ce premier tome et que cet acteur de l’ombre ; voir même la fonction de coloriste mériterait beaucoup plus de considération !

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Sautez sur ce premier tome ! Comme Kaare Andrews et son Immortal Iron Fist, Lee Bermejo tient fermement la barre avec Suiciders, il nous présente un univers riche et malgré le ton qu’il emploi et de son efficacité toute simpliste, c’est un comics rafraîchissant ou l’on se laisse porter par le récit du début jusqu’à la fin. L’attente risque d’être longue pour la suite ; qui est publié actuellement sous le nom de Suiciders: Kings of Hell.A.

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