Southern Bastards Tome 2 - Comics Prime

Nous revoilà à Craw County en compagnie, pour l’occasion, du coach Euless Boss. Après le final du tome 1, il était légitime de se demander où Jason Aaron comptait nous emmener. Avec une qualité d’écriture impressionnante, nous voilà embarqués dans la poursuite de cette descente aux enfers. Sur fond de football, Aaron nous offre un scénario sans concession. Est-ce que la suite vaut la peine d’être lue ? Oui.

coverFiche technique:
Scénario : Jason Aaron
Dessin : Jason Latour
Editeurs: Urban (VF), Image (VO)
Date de sortie: 26 juin 2015
Pagination: 112 pages
Sollicitation: La petite bourgade de Craw County a bâti sa réputation sur la qualité de sa cuisine locale, la bonhomie de ses habitants, son calme relatif et la légende d’une ascension vers le sommet : celle du coach Boss. Dans une région où seule la fine fleur des pires crapules parvient à se faire sa place au soleil, jusqu’où faut-il aller pour devenir le plus grand, le plus respecté, le plus puissant ? Seul le coach Boss le sait… (Contient : Southern Bastards #5-8)

L’enfer du dimanche

Je ne peux que recommander la lecture du premier tome pour s’immerger dans l’ambiance particulière de ce titre. Vous pouvez d’ailleurs retrouvé la critique du premier volume ici. Ne pas lire le premier livre, c’est passé à côté du tour de force exécuté par Jason Aaron, un changement de personnage principal, rien que ça. On était en droit de se demander ce qui nous attendait pour la suite de Southern Bastards, nous voilà en présence d’Euless Boss. Cet homme, dont le nom sera familier aux lecteurs de la première heure, trouve ici une dimension bien plus humaine, mais à aucun moment on ne cherche à faire de lui un saint. L’histoire alternera entre le passé d’un tout jeune Euless Boss et l’homme qu’il est devenu.

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Mon père, ce héros

Ce deuxième tome est donc intéressant pour plusieurs points. En nous mettant en présence d’un nouveau personnage principal, antagoniste du tome précédent, il nous permet de mettre en lumière ce moment où la vie de quelqu’un d’ordinaire peut basculer et le transformer en un monstre sans pitié. Le coach boss le dit : « C’est le football. Ça vaut le sang versé. » Cette phrase caractérise le personnage et si au départ, il s’agit pour le coach de verser son propre sang, c’est bientôt celui des autres qui va couler. La fin du tome introduit un nouveau personnage qui, on le suppose, va rejoindre Craw County et va vouloir régler ses comptes avec Boss. Autre point intéressant à la lecture de ce livre, ce sont les rapprochements entre Earl Tubb, héros du premier Southern Bastards, et Euless Boss. Alors qu’on pouvait légitimement penser que tout différenciait les deux hommes, Aaron nous montre que tous deux souffrent d’une relation compliquée avec leurs pères et tous deux ont cherché à s’éloigner de l’image de leurs parents.

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Welcome to Craw County, home of the Runnin’Rebs

Aaron continue à nous montrer ses talents de scénaristes. Il nous dépeint avec justesse le sud profond des Etats-Unis, le racisme ordinaire omniprésent, l’amour du football, ses rednecks. Les flashbacks, peut-être un peu trop nombreux pour le bien du rythme du récit, font mouche et Aaron nous ferait presque aimer le coach Boss. Presque, car il nous rappelle régulièrement, notamment au travers des dialogues qu’Euless Boss a le choix de ses actions et aurait très bien pu vivre une vie loin de toute criminalité. La fin du récit, véritable coup de poing, nous le dit d’ailleurs clairement : « Ça ne valait pas tout ce sang. » Si Aaron s’était limité à ça, le récit aurait déjà intéressant. Mais il arrive aussi à nous expliquer que toute la ville est complice des actions de Boss. Oui, à Craw County, la violence est banale et pour parvenir à ses fins, il est presque normal d’en venir aux mains. Et finalement, n’est-ce pas ce qui à engendrer l’homme qu’est devenu Boss ? Une réflexion bienvenue, dans ce récit choc.

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Le Rouge et le Noir

Mais que serait Southern Bastards sans Jason Latour au dessin ? L’artiste continue toujours de colorier les scènes de flashbacks en rouge et noir. Des couleurs fortes visuellement qui nous permettent d’avancer dans le récit sans jamais être perdu. Instinctivement, nous savons si nous assistons à une scène du passé ou du présent, très intelligent. Truffées de détails qui prouvent que Latour a réellement compris l’essence de ce qu’il devait dessiner, les différentes planches sont un régal pour les yeux et on se plait à admirer les multiples ajouts que le dessinateur apporte au récit. Le dessin devient par moment complémentaire du récit, par le jeu des couleurs entre autre chose, Latour nous permet de suivre la trame narrative et comprendre l’évolution des évènements. La scène finale, en couleur, nous fait comprendre la suite des évènements et nous donne envie de voir ce qu’il va se passer dans la ville de Craw County.

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A History of Violence

Southern Bastards est définitivement un comics à lire. Un scénario brillant, des dessins habilement effectués, une histoire riche en émotions qui prend aux tripes et offre de multiples pistes de réflexion, des qualités qui font de cet ouvrage un futur classique. Le plus inquiétant est finalement de se dire à la fin de la lecture de ce tome qu’on pourrait facilement imaginer que l’histoire soit réelle. Aaron nous prouve qu’il est un homme de talent, mais après tout l’homme nous avait déjà offert Scalped, œuvre d’une extrême qualité. Si vous n’avez pas lu le tome 1, je ne peux que vous recommander son achat ainsi que celui de ce second tome. Vous seriez difficilement déçu.

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