SÉRIE : Punisher, l'avis de la Rédac ! - Comics Prime

L’incarnation TV du héros le plus sanguinaire de l’écurie
Marvel est disponible sur Netflix !

Il ne nous en fallait pas plus pour émoustiller notre curiosité et du coup faire un petit article croisé avec les rédacteurs ayant vu la totalité de la série !
Compte rendu d’un binge watching à l’odeur de plomb !  

Marvel's The Punisher

Après s’être vengé de ceux responsables de la mort de sa femme et de ses enfants, Frank Castle décèle un complot qui va bien plus loin que le milieu des criminels newyorkais. Désormais connu à travers toute la ville comme The Punisher, il doit découvrir la vérité sur les injustices qui l’entourent et touchent bien plus que sa seule famille.

Saison 1 : 13 épisodes disponibles sur Netflix
L’intégralité de la série est disponible depuis le 17 novembre 2017

Réalisation :
Tom Shankland, Andy Goddard, Kari Skogland, Dearbhla Walsh, Jeremy Webb, Antonio Campos, Marc Jobst, Jim O’Hanlon, Kevin Hooks, jet Wilkinson et Stephen Surjik

Scénario : Steve Lightfoot, Dario Scardapane, Michael Jones-Morales, Christine Boylan, Bruce Marshall Romans, Felicia D. Henderson, Angela LaManna et Ken Christensen

Distribution : Jon Bernthal/Ben Barnes/Ebon Moss-Bachrach /Amber Rose Revah/Deborah Ann Woll

Yann

Je me dois de commencer cette critique par vous spécifier que je n’ai quasi jamais lu du Punisher en Comics, mais que j’ai vu les films/webseries/featurings/team ups… j’ai donc raté les nombreux clins d’yeux fait à la série papier. N’empêche que…

Punisher sur Netflix, tout le monde l’avait rêvé après la saison 2 de Daredevil, Netflix l’a fait. Première surprise : 13 épisodes, c’est devenu long pour une série Netflix surtout quand on s’attend à un bain de sang permanent durant 13×50 minutes.

Et quelle surprise, passé un épisode d’intro qui met dans l’ambiance c’est le scénario, l’intrigue et la narration qui prennent le dessus sur les scènes de membres brisés et de cervelles dispersées sur les murs. Punisher est bien le Punisher pas d’inquiétude. Mais passé le 2ème et 3ème épisode durant lesquels on peut être pris à contre-pied et tenté de sentir l’ennui nous guetter par la chute drastique de rythme (et d’hémoglobine versée) on se retrouve totalement immergé dans ces histoires ou les personnages s’entrecroisent. On est surpris par l’écriture, l’ancrage au réel, la sobriété, l’humanité de ce qui se joue devant nous. Une part belle du récit est faite aux Troubles de Stress Post-traumatiques des Marines revenus d’Irak et d’Afghanistan, laissés pour compte par une société qu’ils n’arrivent pas à réintégrer. Troublant de justesse, on aurait pu penser que cette grosse ficelle des films de guerre sonnerait comme une re-re-redite mais en fait pas du tout, le traitement moderne et l’intelligence de la narration rendent ça ultra prenant. Alors oui à côté de ça il y a une intrigue sur fond de gros mecs véreux poursuivis par un Punisher qui est à la fois monolithique, qui ne se remet jamais en question et en même temps fait face à ses fantômes, ses démons, et ceux des autres qui sont parfois bien réels. Mon seul chagrin viendra du fait que le propos est peut être trop finement amené que pour être utilisé comme leçon pour l’Américain lambda qui lutte pour son droit aux armes.

En conclusion, nous avons ici ma nouvelle série Marvel/Netflix préférée, et de loin. J’ai bingewatché cette saison avidement pris par l’histoire de Frank Castle et sa fuite vers l’avant à la recherche de vengeance, sa quête de rédemption aussi. Bien entendu vous aurez aussi droit à des scènes de véritables bains de sangs pendant lesquels les plus blasés d’entre nous feront la grimace tant le Punisher et ses ennemis sont impitoyables. Vous l’aurez compris, une magnifique ambivalence guide cette saison entre massacre et intelligence du propos. L’attente de la saison 2 va être intenable.

Irokee

Fan du Punisher, c’est peut-être même mon héros préféré au sein de la Maison des Idées. Le run d’Ennis est bien entendu mon préféré, par son ton, son absence de concessions et ses dialogues. Bref, j’attendais beaucoup de cette nouvelle série Netflix estampillée Marvel !

Et j’avoue avoir eu peur avec les deux premiers épisodes. En effet , le scénariste Steve Lightfoot (Hannibal) prends son temps pour déployer son histoire, en présentant les différents protagonistes qui gravitent dans l’univers de Frank Castle.
Une introduction indispensable pour bien présenter le personnage et pour comprendre les blessures psychologiques de notre héros, mais qui tout de même souffre de quelques longueurs et pourrait refroidir ceux qui veulent que ça bouge tout de suite. Ce genre de “défaut” est d’ailleurs souvent présent dans les productions Marvel destinées au géant des programmes à la demande.
Heureusement, on comprend vite où veut en venir Lightfoot et l’addiction arrive très vite ! Car Punisher, c’est d’abord l’histoire d’un homme meurtri, un homme qui a tout perdu, un homme qui n’a pas trouvé d’aide après le traumatisme subit, d’abord à la guerre puis dûe à la perte sauvage de sa famille.
Le réalisateur, durant ces 13 épisodes nous narre la descente aux enfers, mais surtout la vengeance froide d’un homme qui n’a plus rien à perdre. Et tout comme Garth Ennis, il prend son temps pour nous exposer son histoire, mené par un Jon Bernthal au sommet de son art, Frank Castle n’a jamais été aussi bien interprété. On voit que l’acteur a pris plaisir à jouer mais surtout s’est renseigné sur l’antihéros de Marvel en adoptant ses postures, son vocabulaire, même sa façon de se déplacer colle au comicbook. En parlant de fidélité au matériau d’origine, le réalisateur n’est pas avare en références issues directement des comics, par exemple l’utilisation de dialogues où y sont insérés des noms d’arcs ou d’épisodes célèbres de la série originale.
Ajoutez à cela des personnages secondaires très intéressants, Micro interprété par Ebbon Moss-Bacharach est touchant et son personnage prend de la consistance au fur et à mesure des épisodes. C’est d’ailleurs une règle générale du Punisher sur Netflix, tout monte crescendo, un peu comme un fil qui se tend et dont on attend la rupture inéluctable .

Vous l’aurez compris la série Punisher se place largement devant les autres productions Marvel. Et ce par le ton employé, la maturité du propos et surtout le rythme des épisodes, car même si les deux premiers sont un peu longs à la détente (hum) le reste se laisse regarder sans forcer !

Airgus

A part les 2 très oubliables films Punisher, je n’ai jamais énormément suivi l’histoire du personnage. Comme beaucoup de monde, je l’ai redécouvert dans Daredevil, avec beaucoup de plaisir. Cette série solo, je l’attendais, sans rien espérer de particulier, Netflix/Marvel nous ayant déjà prouvé être capable du meilleur (Iron Fist) comme du pire (Luke Cage).

Et ici, ils nous offrent du bon.
Mais attention, je n’ai pas dit du très bon…
En effet, nous sommes probablement face à la meilleure interprétation de Castle (Jon Berthal de Walking Dead) jamais proposée par un acteur.

Le scénario tient la route avec de véritables intrigues, une musique vraiment géniale (particulièrement celle du générique) et des scènes d’action/baston totale tout simplement parfaites bien que trop rares à mon goût.

De plus, les épisodes se suivent et ne se ressemblent pas, permettant au spectateur de rester alerte et de découvrir les différentes facettes de Frank, torturé, violent, tendre, protecteur, …

Cependant, la série souffre de quelques défauts.
Premièrement, l’histoire perd en intensité et en intérêt dès que ça ne concerne plus le Punisher lui-même, et les moments passés en compagnie Karen, Dinah ou encore Curtis semblent plus être du remplissage que de véritables avancées scénaristiques.
Je dois avouer m’être vraiment ennuyé à certains moments.

Second point noir, l’histoire est du déjà vu, vu et re-vu…
Le super soldat qui lutte contre ses anciens employeurs parvenus et qui passe pour le méchant aux yeux du grand public. Voilà bien l’histoire de Shooter, autre série Netflix, tirée du film éponyme, lui-même tiré d’un roman. On est donc en droit de regretter le manque d’originalité sur ce détail.

Mis à part ces deux éléments, la série reste addictive, agréable et intense.

Certains épisodes sont particulièrement bien écrits (Ep 1, 5, 10, 12) et on attend avec impatience sa prochaine rencontre avec l’un ou les membres des Defenders.

A propos de l'auteur

Amoureux des comics depuis son enfance, Irokee est l’instigateur du projet, ses séries préférées sont actuellement Deadpool, Uncanny X Force et Invincible.
Il voue aussi une admiration pour Warren Ellis.

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