REVIEW VF : Neonomicon - Comics Prime

Chaque mois une pile de comics et de bande dessinée arrivent à la rédaction, et comme tout rédacteur en chef qui se respecte, je prépare le calendrier et « distribue » les comics selon les envies, les besoins ou les affinités des membres de la rédaction.
Le jour où nous avons reçu Neonomicon, j’ai tout de suite dit : « je me réserve ce bouquin là ! » mes arguments étaient simple : amoureux du travail de Lovecraft depuis mon adolescence, amoureux de l’écriture d’Alan Moore et surtout rédacteur en chef omnipotent ! Il faut bien avouer que je n’ai pas été déçu du voyage même si il m’a fallu quelques pauses nécessaires durant la lecture pour ne pas sombrer dans la folie…

Fiche technique :

9782365772686-couv-M200x327Scénario : Alan Moore
Dessin : Burrows Jacen Burrows
Sollicitation : Des agents du FBI visitent l’un de leur ancien collègue interné dans un asile psychiatrique. Deux crimes lui ont été imputés. Depuis, ce dernier, Sax, ne parle plus, mais cela n’empeche pas Lamper et Brears d’enquêter sur cette sombre histoire. De l’univers des dealers de leur ville, aux cercles fermés d’initiés à des rituels sexuels pour le moins étranges, les deux agents sont bien loin d’imaginer ce qui s’est réellement passé…
Édition : Urban Comics

Neonomicon un néologisme

Le titre du comicbook est largement inspiré du livre fictif en peau humaine imaginé  par H.P. Lovecraft : Le Necronomicon. Qui a fait sa première apparition dans « La Cité sans nom » (1921). La légende veut que cet ouvrage soit l’œuvre d’ Abdul al-Hazred,(un gars complètement fous). Le contenu du Necronomicon est assez nébuleux même dans l’œuvre de H.P. Lovecraft, on sait juste qu’il y contiendrait des écrits faisant références aux « Grands Anciens »  qui sont les divinités de la mythologie créer par l’écrivain et l’un des plus populaire est Cthulhu.

Vous l’aurez compris Neonomicon est un hommage contemporain d’Alan Moore à l’univers de Lovecraft et du cercle d’écrivain qu’il fréquentait.

Une enquête qui commençait bien

Dés le début de l’histoire on suit Aldo Sax, un inspecteur de police enquêtant sur une série de meurtres atroces au modus operandi semblable, mais qui ont la particularité d’avoir été commis par des personnes différentes et qui n’ont rien de commun les uns avec les autres, sauf que les assassins fréquentaient tous la même boite de nuit.
OP0dfJUv0VdN3IPLLHA42hAhpbTmOh3c-page6-1200Au file de l’enquête Aldo s’aperçoit qu’une drogue circule dans l’établissement et serait sans doute la clé de ces meurtres. Il sait que pour comprendre toute cette affaire, il devra s’approcher de la source jusqu’à tester cette substance… C’est à ce moment précis que tout basculera pour Sax, jusqu’à toucher le fond et tomber dans la folie. L’histoire se focalise alors, sur un duo d’agents du FBI enquêtant sur des meurtres rituels, et qui entreront en contact avec Aldo Sax, enfermé dans un hôpital psychiatrique. L’enquête des deux agents se transformera au fil du récit en véritable cauchemar

Un récit bourré de références

Neonomicon est bien entendu un hommage d’Alan Moore à l’œuvre de H.P. Lovecraft, mais on aurait pu croire que le scénariste se serait contenté de prendre quelques éléments de la mythologie lovecraftienne et de nous les servir froidement.  Et bien non, on sent que Moore sait de quoi il parle et on sent aussi son travail de documentation sur l’univers du papa de Cthulhu. Le reproche que je lui ferais réside surtout dans le traitement de certaines scènes, qui sont d’une violence et d’un cru rarement vu dans un comics, j’en veux pour preuve la plupart des scènes de sexe, qui sont juste bizarres et quelques fois à la limite du supportable. Même si Alan Moore essaye de faire des paraboles plus ou moins obscures avec Lovecraft, on a du mal à y croire et on a l’impression que c’est de l’ordre du délire d’un écrivain en mal de sensations fortes…
OP0dfJUv0VdN3IPLLHA42hAhpbTmOh3c-page8-1200On le sait Moore aime choquer et fait partie de ces personnes qui écrivent sans aucunes concessions, mais dans ce cas ci le côté irrévérencieux du scénariste de Watchmen, ici dérange et vous laisse vraiment perplexe.

Un univers graphique propre mais sanguinolent

Le style de Burrows Jacen convient totalement aux propos de Neonomicon, acéré et d’une précision chirurgicale… Il faut dire que le monsieur a travaillé sur la série Crossed, il va donc de soit qu’il est passé expert dans la représentation de l’éviscération et de l’anatomie humaine. Mais où réside tout son talent à mon sens, c’est dans sa faculté de poser une atmosphère froide et lourde. Par exemple en jouant avec des plans serrés renforçant ce sentiment d’oppression ou encore en utilisant des encadrements noirs quand il s’agit de scènes violentes ou intenses. Pour finir Burrow est très à l’aise pour dessiner les nombreuses bêtes provenant de l’imagination fertile de Lovecraft.
neonomicon

« N’est pas mort ce qui à jamais dort »…

Au terme de ma lecture, un profond malaise s’est installé, quelque chose de difficile à expliquer, je n’arrive toujours pas à me faire une véritable opinion sur Neonomicon, d’une part on a un récit riche, écrit par un scénariste emblématique et de l’autre on a une histoire sordide et dérangeante. En tout cas ce qui est certain c’est que cette lecture ne vous laissera pas indifférent. Et le rôle d’un roman, d’une bd ou d’un comics n’est-il pas de susciter en nous des émotions quelles qu’elles soient ?

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