Renato Jones – Saison 1 : Les Un % - Comics Prime

J’ai découvert Kaare Andrews par le biais de son run sur Iron Fist The living weapon. Ce titre m’avait emballé par sa proposition scénaristique mais surtout par ses ambitions graphiques. C’est donc avec impatience que j’attendais l’arrivée de Renato Jones dans nos vertes contrées. D’autant plus que Kaare Andrews a écrit, dessiné et colorisé. Renato Jones est sur papier un creator owned dans son sens le plus littéral. Encore un autre argument de poids pour me pencher dessus et surtout vous en parler.

Fiche technique :
Auteur : Kaare Andrews
Editeur : Akileos (VF) IMAGE (VO)
Date de sortie : 7 février 2018
Sollicitation : Les Un % possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Ils ont écrasé les économies, ont acheté des gouvernements et ont accumulé plus de pouvoir que tout autre groupe de l’histoire. Et ils n’en ont toujours pas assez. Avec ce genre de pouvoir, comment peut-on imaginer les faire payer ? Et QUI les fera payer ? Permettez-nous de vous présenter Renato Jones, un mystérieux justicier venu remettre les compteurs à zéro. Et avec son entrée en jeu, LES SUPER RICHES L’ONT SUPER DANS LE C*L. 
 
 
 

 

Le cul bordé de nouilles

Renato Jones est un homme riche, héritier d’une fortune colossale laissée par ses parents assassinés quand il n’était encore qu’un enfant. Un assassinat commandité par des personnes proches de sa famille. Autour de lui gravitent plusieurs personnes qui lui sont cher, Bliss sa voisine excentrique qu’il connaît depuis son enfance, une amitié qui s’est peu à peu transformée en quelque chose forçant l’ambiguïté. Et puis il y a Church son majordome, qui est en quelque sorte son mentor, c’est aussi la personne qui aide Renato à se perfectionner dans l’éradication des Hommes les plus riches de la terre. On les appelle les un%, ils sont au-dessus des lois, ils peuvent faire ce que bon leur semble, la plupart d’entre eux sont avides de pouvoirs et leur perversité ferait passer Charles Manson pour un enfant de chœur. Une situation que Renato Jones ne peut évidemment pas tolérer et qu’il s’est donné pour mission de « régler ». C’est dans les fêtes sur des yachts ou lors de parties fines que notre héros est devenu le plus efficace et est devenu, par extension, la Némésis de ces Hommes qui pensent que l’argent est la réponse à tous leurs maux et tous leur désires.

Bouffe-moi ça !

J’ai omis délibérément quelques ficelles de l’intrigue lors de mon rapide résumé de ce premier tome de Renato Jones. Le but était surtout de vous donner l’ambiance et une idée globale de ce que vous allez découvrir en ouvrant ce comicbook. En parlant de découverte, si vous n’êtes pas habitué à la patte de Kaare Andrews, attendez-vous à une sacrée baffe graphique dans la tronche ! En effet le monsieur a un style peu conventionnel caractérisé par un trait tantôt nerveux tantôt épuré tantôt fouillis. Les cadrages sont eux aussi audacieux, il n’hésite pas à utiliser les doubles pages dès le début de son récit et met ainsi le lecteur directement dans le bain. La représentation des personnages est souvent proche du cartoon, certains ont même un aspect grotesque, ce qui aide grandement à adoucir le propos abordé. On sent que Kaare Andrews aime jouer avec le lecteur, il aime aussi la recherche et réfléchit beaucoup à la globalité et la consistance graphique de son histoire, en témoigne les différents bonus et annotations que l’on peut retrouver à la fin de ce premier tome. Et celles-ci ne mentent pas sur le travail colossal fourni. On est devant une expérience graphique qui va à du cent à l’heure, cette expérience est parsemée de temps à autres par des fausses pubs d’un étonnant réalisme, vantant des produits de luxe à l’effigie de Renato Jones. D’ailleurs les messages et les accroches sont souvent en lien avec les pages qui précèdent.

Kaare Andrews (n’oubliez pas il fait tout !) s’amuse aussi avec les couleurs en ne lésinant pas sur les aplats de noirs lorsqu’il s’agit de moments tragiques ou encore en utilisant différents filtres et de la trame pour donner un aspect vieillot à certaines pages représentant les flashbacks du héros. Renato Jones est un véritable patchwork frisant quelques fois la folie mais reste, à mon humble avis, très lisible. Comme je l’ai évoqué plus haut, on est devant une expérience graphique, je dirais même un voyage où l’on doit se laisser porter par un dessin brut au caractère affirmé. Ce n’est pas pour rien que certaines personnes comparent le style de Kaare Andrews à celui de Frank Miller et, tout comme ce dernier, son style divise.

Sans concessions

Le moins que l’on puisse dire c’est que Kaare Andrews ne nous épargne pas, tant dans ses propositions graphiques que dans sa manière d’aborder son propos, ou plutôt ses propos. En effet, il serait dommage de cantonner Renato Jones à une histoire de vengeance décérébrée où la violence serait la seule solution. Ce comicbook est bien plus que ça il est la cristallisation de tout ce que déteste l’auteur, le capitalisme, la sur-consommation, l’exploitation, Trump et j’en passe. Mais il arrive tout de même à nuancer son propos puisque son héros s’attaque aux gens les plus fortunés détenant la richesse de la population mondiale et surtout, qui se comportent comme des salopards. De plus, il ne faut pas oublier que Renato Jones fait plus ou moins partie de ce club très fermé et, souvent, il explique au lecteur sa façon de voir les choses en utilisant un argumentaire faisant à chaque fois mouche. On est donc loin du modus operandi du Punisher : “un bon mafieux est un mafieux mort”. Je trouve que l’auteur a réussi dans cette mare d’hémoglobine à affiner son propos en nous expliquant (par le biais du héros) de manière claire sa position sur tel ou tel sujet de société.

Pour finir, il faut signaler l’attention toute particulière employée par l’auteur pour la caractérisation des personnages secondaires et des antagonistes dont on se rappellera longtemps, une belle réussite donc, donnant ainsi encore plus de consistance au récit.

Renato Jones – Saison 1 : Les Un %
Bon, je vais pas y aller par quatre chemins Renato Jones m’a véritablement séduit, l’appréhension que j’avais de lire les aventures d’un énième Punisher s’est dissipée dès les premières pages. Et puis ça fait du bien de lire un comicbook qui prend les problèmes de société et autres perversions, les met devant votre figure et commence à les détruire un par un, ça défoule, c’est presque thérapeutique, merci Akileos, merci Image Comics, merci Kaare Andrews !
Scénario
Dessin
On a aimé
  • Le propos
  • L'engagement graphique
  • La cadence
On a moins aimé
  • Je cherche encore....
5.0Note Finale
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