Phonogram T1 : Ex Britannia - Comics Prime

Vous aimez la Britpop ? Ben vaut mieux car cette BD parle d’un univers magique tournant autour de l’engouement de ce style à sa grande époque des années 90. En ce temps là le monde aimait Kurt Cobain, l’Angleterre sortait encore du Punk mais cherchait un moyen d’expression qui lui soit propre. Ovni éditorial ou vrai perle rare ?

Fiche technique :

Scénarios : Kieron Gillen.
Dessins : Jamie McKelvie.
Coloriste : Matthew Wilson. (La première édition était en noir et blanc)
Éditeur VF : GlénatComics.
Éditeur VO : Image Comics.
Date de sortie: 5 Avril 2017.
Pagination: 192 pages. (Tome 1 sur 3 prévus)
Sollicitation :

Dans leur monde, la musique est magique. Littéralement.
Cela fait dix ans que la déesse de la pop Britannia est morte. Dix ans que les méandres de cette affaire hantent les pensées du phonomancien David Kohl. Aujourd’hui, son esprit n’en peut plus. Il est proche de la rupture. Est-il seulement capable de découvrir la vérité tant qu’il lui reste un semblant de raison ? Suivez la quête trouble de ce sorcier du son dans une fable de dark fantasy moderne où la musique est magique, et où une chanson peut sauver votre vie… ou la détruire.

Issu de l’imagination de Kieron Gillen et Jamie McKelvie, Phonogram est comme le cousin punk et underground de The Wicked + The Divine. Une œuvre obscure, fantastique, philosophique et musicale, dans laquelle on peut déjà déceler les thèmes chers aux deux auteurs : le rapport à la pop-culture, au pouvoir et à l’adolescence dans la société contemporaine. Initialement paru en noir et blanc, ce comics atypique bénéficie pour sa sortie inédite en France des couleurs du prodigieux Matthew Wilson !

 Ovni complexe

Phonogram m’a été refilé, on va tout vous dire, parce que je suis un des plus à même (à la rédac tout du moins) de comprendre les dizaines de références Britpop de ce tome 1. Kieron Gillen nous déballe ici tout son savoir sur ce qui a fait ses lettres de noblesse à la pop sauce Blur et Oasis, mais là je vous donne les deux noms les plus connus du lot, l’histoire tourne bien plus autour des Manic Street Preachers, pour les plus connaisseurs, ou ceux qui avaient MTV à l’époque ou ils passaient encore de la musique et pas des émissions sur la vie des starlettes ou des gamines qui fêtent leur 16 ans à coup de millions de leurs parents richissimes.

Le postulat est déjà pas mal allumé et non content de vous poser des références pointues et une histoire qui ne montre quasi rien de ce dont elle parle, on se tape un trip psychédélique sans introduction. Intro où on parle de magie musicale, de Dieux de la musique et de fantômes. Bref faut le prendre comme ça vient et accepter la chose.

Bon clairement c’est pas vraiment le scénario que j’ai préféré dernièrement, même si je dois avouer que le côté élitiste des références caresse toujours dans le poils le connaisseur, qui, hochant doucement la tête, se félicite d’avoir compris (sinon y a un glossaire super pratique et salvateur à la fin). L’oeuvre vaut surtout pour ses dialogues vraiment « on point » comme on dit. Ca fait mouche et c’est assez succulent de voir les joutes verbales et les argumentations des protagonistes. L’histoire, oubliez, elle n’est qu’un prétexte, l’univers aussi on en vient à se dire, de toute façon l’auteur n’a pas l’air d’avoir envie qu’on comprenne. Ça s’approche d’un david Lynch à ce niveau là. Vous avancez à coup de « dafuq did i just read ? » mais les dialogues vous accrochent et vous voulez savoir où ils veulent en venir avec cette déesse de la pop morte. La fin de ce tome m’a fort déçu, je ne rentre pas dans les détails, mais sincèrement c’est un peu rapide comme conclusion.

Alors Glénat a pas mal insisté sur le lien avec « The Wicked and the Divine » mais honte sur moi, je n’ai jamais lu la série faite par l’exacte même équipe créative. Je ne peux donc juger que sur cette série.

OVNI propre

Le cas Jamie McKelvie maintenant, le gars j’ai jamais su quoi en penser, j’ai vu pas mal de ses dessins dans des séries de Marvel dans le genre super héroïque (j’ai même stoppé Young Avengers en partie à cause de lui et de ses délires visuels), genre qui ne lui allait pas forcément. Ici ça passe carrément crème, c’est « faussement simpliste » et au final très agréable dans le ton de Phonogram. Il ne partait pas gagnant dans mon coeur mais Phonogram lui colle vraiment bien au style (et wicked and the divine aussi pour ce que j’en ai vu).

 

Phonogram T1 : Ex Britannia
Amateurs de dialogues aux ptis oignons et qui ont plus de 30 ans ? Ce comics est peut être pour vous ! Le décor se plante et vous n'aurez ni le droit de poser de questions ni de recevoir de réponses. Votre culture Britpop comblera les trous laissés sciemment par Gillen. Jamie McKelvie colle vraiment bien au style et doit être dans le même délire que Gillen pour réussir à retranscrire cette anomalie Bédéïstique qui flattera votre culture.
Scénario
Dessins
Dialogues
On a aimé
  • Les dialogues.
  • Les références qui flattent
  • McKelvie bien mieux que chez Marvel
On a moins aimé
  • Trop pointu, voire pédant
  • L'histoire simplissime...
  • ...qu'on aurait aimé comprendre !
3.0Beau voyage, destination bizarre

A propos de l'auteur

Né avec du FrancoBelge et des Jeux vidéos entre les mains. Dorothée m'a fait découvrir l'Animation Japonaise puis lire des Mangas, Depuis le milieu des années 90 je lis des Comics.

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