Nailbiter T1 : Le sang va couler. - Comics Prime

Glénat Comics farfouille toujours dans le vivier « indé » pour nous ramener et traduire des perles. Ici ils nous proposent un récit thriller horreur dans le genre du film Seven ou du Silence des agneaux. Que nous dit le tome 1 de cette série ? Est-ce que Glénat continue sur sa bonne lancée après des titres comme Rumble ou Sex Criminals, etc… ?


Fiche Technique:

9782344014776-L

Scénario : Joshua Williamson.
Dessins : Mike Henderson.
Couleurs : Adam Guzowski.
Editeur : Glénat Comics. (Image en VO)
Genre : Horreur/Thriller/Policier.
Date de sortie: 29 Juin 2016.
Pagination: 144 pages (hardcover).

Sollicitation :

L’enfer a un nom… Buckaroo, Oregon, a donné naissance à 16 des plus dangereux serial killers des États-Unis. Cette ville nourrit l’obsession de Carroll, profiler au FBI, depuis que le dernier « boucher de Buckaroo », Edward « Nailbiter » Warren, a été acquitté au tribunal et lui a filé entre les doigts. Comment une si petite ville a pu voir émerger tant de meurtriers ? Finch, agent à la NSA, doit rejoindre Carroll pour élucider cette énigme sur place. Mais quand il arrive, son ami a disparu. Et le seul qui peut l’aider à le retrouver n’est autre que le diable en personne : Warren.

Joshua Williamson (Ghosted) et Mike Henderson (Venom, TMNT) portent une réflexion sur le phénomène des serial killers aux États-Unis à travers un thriller haletant, mêlant le mystère de Twin Peaks à l’horreur de SE7EN. Nailbiter a été élu par le magazine USA Today meilleur comics d’horreur 2014.

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L’ongle fétide

Buckaroo est donc connue pour une chose : Être le berceau de 16 des pires tueurs en série des USA. L’agent Carroll appelle son pote Finch car il pense avoir découvert le pot aux roses. Finch qui ne vit pas exactement les meilleurs moments de sa vie à ce moment là accepte et se rend sur place. Finch va donc quitter ses problèmes à Houston au Texas (désolé, ou pas) et se rendre dans l’Oregon pour vite rencontrer quelques uns des protagonistes du cru et se rendre compte que son pote L’inspecteur Elliott Carroll a disparu.
Hors donc cet inspecteur a une série indécente de double consonnes dans son nom et prénom et l’avoir remarqué fait peut être de moi un tueur en série en puissance. Et c’est précisément le thème de départ de ce comic book : est ce que la folie meurtrière peut avoir une origine géographique bien précise ? Joshua Williamson nous pose un paquet de questions et n’y répondra pas dans ce premier tome. Il pose son univers dans cette ville huis-clos oppressante où vous finirez par apprendre à craindre et vous méfier de tout le monde. En effet, Dans cette bourgade paumée on se rend vite compte que tout le monde à un lien familial direct ou lointain avec un des fameux « bouchers » qui ont rendu le coin si tristement célèbre. Bien entendu les regards se portent tout naturellement d’abord sur Charles Edward Warren, le 16ème et dernier boucher en date qui a la charmante manie de ronger les ongles et phalanges de ses nombreuses victimes, mais qui pourtant a été acquitté par la justice et vit désormais librement à l’endroit où il a grandit.
Niveau scénario c’est donc du touuuuuut tout bon. Si vous avez aimé les films/séries qui sont déjà très justement nommées au dessus : Seven, Twin Peaks, Le silence des agneaux (qui est référencé directement dans l’histoire) ou même encore Scream (mais pas de parodie ici). On remet au goût du jour les enquêtes sordides, morbides et effrayantes ou tout le monde semble avoir quelque chose à se reprocher et où rien ne semble vouloir se finir bien. Le mystère va en épaississant et vous tiendra en haleine de bout en bout.

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Ongle incarné

Henderson occupe donc la partie visuelle de cet ouvrage, je ne connaissais pas bien le gaillard et c’est à la fois une belle découverte et une énigme pour moi. Si la grande majorité des planches sont vraiment cool, l’encrage, lui, parfois a été un peu fait lourdement et cela donne des visages peu nuancés, alors oui vous me direz, c’est certainement le but recherché, mais le résultat rend des traits parfois un peu « grossier » (dans le sens de « manque de finesse ») et au final on le repère particulièrement parce que l’ensemble du travail est très propre et réaliste surtout au niveaux des environnements. Au final Henderson nous livre un univers qui fourmille de détails qui vous mettront dans l’ambiance horrifique très efficacement avec cette pluie permanente, ce sang très marqué, ces gueules reconnaissables et ces détails malsains fourmillant dans les cases.

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Twix deux doigts coupés fins

Ce qui frappe rapidement c’est la rapidité et facilité avec laquelle Williamson vous embarque dans son récit, il n’évite pas les poncifs du genre mais ils ne sont ni caricaturaux ni trop manichéens. Ainsi chaque personnage à sa grosse part d’ombre et de lumière il choisi habillement d’exposer en premier l’une ou l’autre pour toujours nous surprendre ensuite avec l’autre facette inattendue. Cette ambiguïté vous fait tourner les pages frénétiquement, souligné avec élégance mais un peu d’inégalité par les dessins d’Henderson qui rappellent un peu le style d’un Rafael Albuquerque (dans American Vampire par exemple) avec parfois moins de justesse et de précision sur certaines expressions du visage, avec principalement cette habitude de faore des yeux plissés aux gens, forçant un peu trop l’air douteux des personnages. Mais à ce niveau là on pinaille et l’ensemble des environnements collent parfaitement au récit et n’entachent en rien le plaisir de lecture. Une très bonne pioche pour Glénat, un récit dérangeant et mature hautement recommandé.

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