Monstress, T1 : L'éveil. - Comics Prime

L’équipe créative de Monstress a déjà fait parler d’elle, ensemble et séparément. C’est donc avec des espoirs certains et un clair attrait pour les dessins que je débute cette nouvelle série Delcourt. L’objet est magnifique et présage d’un univers riche et complexe. Est-ce que parfois à vouloir trop en faire on n’en fait pas trop (duh) ?

Fiche technique :

Scénarios : Marjorie Liu.
Dessins : Sana Takeda.
Coloriste : Sana Takeda.
Éditeur VF : Delcourt (collection : Contrebande)
Éditeur VO : Image Comics.
Date de sortie: 18 Janvier 2017.
Pagination: 208 pages.
Sollicitation :

Maika est une jeune adolescente qui partage un lien psychique avec un monstre aux pouvoirs incommensurables. Et ce lien va profondément les affecter

tous les deux. Il va placer Maika au centre d’une guerre terrible entre les Humains et des forces issues d’un autre monde… Avec Monstress, Marjorie Liu, romancière à succès, et Sana Takeda ont créé une nouvelle série dont Entertainement Weekly est allé jusqu’à dire qu’il s’agissait de « la meilleure de l’année ».

Une nouvelle saga. Un nouveau Saga ?

Commencer Monstress c’est déjà, ne nous le cachons pas, être attiré par une belle couverture, puis des planches magnifiques dans leur majorité (j’y reviendrai). Puis on plonge dans cet univers. Sur fond de conflit entre deux peuples : les Humains et les Arcaniques, on a, à première vue, affaire à quelque chose de classique mais directement assez complexe. Marjorie Liu ne nous prend pas par la main à première vue et ne nous sert pas des dialogues introductifs : lieux, personnages, dieux, détails culturels et géopolitiques… Une série de termes qu’il faut non seulement retenir mais relier peu à peu entre eux alors qu’ils apparaissent dans la trame. Durant la première moitié je n’ai pas vraiment accroché car c’est cryptique et l’effort à produire pour rentrer dans ce bel univers graphique est un poils mal dosé, car n’est pas Brian K. Vaughan qui veut et même si sur la forme on avance, le fond est selon moi trop lent.
C’est là qu’on découvre qu’en fait marjorie Liu nous prend par la main en réalité. Ma faute ? Peut-être. Ne faites pas comme moi, qui ne m’aventure pas dans les bonus de l’ouvrage de peur de me faire spoiler avec des travaux préparatoires bonus ou une dernière page qui spoilerait le cliffhanger. or là j’ai découvert à la fin de ma lecture qu’une carte du monde s’y trouve et là les noms et les enjeux deviennent limpides. Pour ce qui est de la genèse et des enjeux de cette histoire des aides sont également placées tout au long de l’ouvrage, entre les chapitre où des cours accélérés sur la mythologie de l’univers vous sont balancés à la tronche sur un ton très surprenant et différent du reste.
Ce procédé m’énerve en général. Soit on fait un univers compréhensible directement (via les dialogues, des ficelles scénaristiques, des flashbacks, et les dessins) soit on explique ensuite. C’est cette deuxième option qui est choisie ici. et J’ai toujours du mal à accepter cette facilité scénaristique qui fait de vous un expert de l’univers en vous sortant de la narration. Les dessins n’aidant pas à mon sens (j y reviendrai dans la partie sur les dessins) à porter la narration, on encaisse l’histoire de façon un peu violente.


Pour ce qui est de l’histoire en elle-même le pitch est simple mais efficace : Maika DemiLoup est une jeune fille de la race des Arcaniques (race issue d’un mélange entre humains et Dieux animaux), contrairement à ses semblables, elle a l’avantage (ou le désavantage, selon) d’avoir apparence humaine. Elle est néanmoins vendue comme esclave sur la place du marché et est achetée par une Cumaea (des extrémistes humains anti Arcaniques) du nom de Sophia. Maika est ramenée dans la forteresse Cumaea où elle est destinée à être torturée et mutilée comme les autres Arcaniques. Un pouvoir étrange se déclenche en elle alors qu’elle subit des coups de ses geôlières…
Oui vous l’aurez remarqué, l’histoire laisse la part belle aux femmes qui représentent la vaste majorité des personnages. Ce qui n’est pas un problème en soi, mais on se pose la question quand même vu qu’on nous présente un univers complexe et détaillé et que du coup on connaît l’existence des mâles mais très peu sur leur impact.
J’ai bien aimé cet univers Fantasy sombre et japonisant, un poils Steampunk. L’histoire est non linéaire, ce qui est souvent bon signe, mais ici les enchaînements sont parfois abruptes et on a l’impression très nette d’avoir manqué une page. Au fur et à mesure qu’on avance les pièces de ce puzzle atypique s’imbriquent et on accroche aux protagonistes comme aux antagonistes. Mon conseil est vraiment de vous référer à la carte à la fin du tome, et de vous accrocher à l’histoire en lisant les cours d’histoire à la fin de chaque chapitre.

Visuellement monstrueux.

Sana Takeda est une illustratrice bourrée de talent. Comme je le disais, si vous n’avez pas été attiré par la couverture, puis attiré par la beauté des illustrations, je n’y comprendrais rien. Mais, oui il y a un mais. Si souvent je salue l’alchimie entre scénariste et dessinateur, ici ce n’est pas le cas. Je m’explique tout de suite, tout le monde garde son calme !
Takeda excelle dans les illustrations mais ses planches restent parfois très très statiques. Je n’ai rien contre le contemplatif, bien au contraire, quand c’est bien fait. Sauf qu’ici avec un univers déjà compliqué et peu expliqué si on ajoute un dessin statique (ce qui fait gagner en richesse et profondeur il est vrai) et bien il y a un sacré accroc à la narration. Il se passe des actions parfois où on se retrouve confronté à une situation qu’on a tout simplement pas vu se passer (je prends l’exemple marquant de Maika qui attaque les inquisitrix à dos de licorne, repensez à moi à ce passage, où à nouveau on se demande si on n’a pas manqué une case voire une page). Ça reste incroyable visuellement, pour peu qu’on aime le côté manga. Si je voulais pinailler, je dirais que parfois c’est un peu inégal, mais ça on lui reproche également par le simple fait que le niveau est tellement énorme que quand il est moins précis ça se voit direct.

Monstress, T1 : L'éveil.
On prend ou on prend pas ? Je suis bien embêté. Ce tome fait plus de 200 pages et malgré tout, ce n'est qu'une introduction, la complexité de la mise en place, le fait qu'on est clairement au touuuuuuuuuut début de cette histoire, la multiplication des protagonistes. On a un récit assez moderne qui pioche dans plein de références très à la mode : la mortalité et la violence d'un Game of thrones, Naruto pour la bête intérieure qui a faim et qui a un pouvoir incontrôlable, une confrontation de deux peuples et l'impact que ça à sur le peuple comme dans Saga, etc... Je cite des références récentes, mais bien entendu tout cela n'a rien de nouveau et est juste simplement plutôt au goût du jour. Le fait est que Monstress est plutôt bon, mais n'est pas aussi bien que les 3 références que j'ai cité avant. J'aurais voulu l'adorer très clairement mais d'une part le scénario est cryptique, l'univers est distillé au compte goûte dans un genre de dé-zoom assez bien vu. D'autre part, les dessins bien que magnifiques ne servent pas assez l'action et la narration. Est-ce que je le conseille ? Moui, prenez 5 minutes pour le lire chez votre libraire avant de l'acheter. Ça ne sera pas suffisant que pour comprendre ce qui s'y passe mais vous aurez déjà une idée de si vous accrochez au style et si vous êtes prêt à l'effort, car oui je parle d'effort d'immersion dans cet univers riche qu'il vous faudra dompter.
Scénario
Dessins
On a aimé
  • Fresque magnifique
  • Monde riche qui s'ouvre à nous
  • L'ambiance générale
On a moins aimé
  • Alchimie compliquée entre dessin et scénario
  • les références distillées en fins de chapitres
  • dessins statiques
3.3Magnifique fresque, un nouvel univers complexe
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