[SÉRIE] Marvel's Luke Cage - Saison 1 - Comics Prime

Après Jessica Jones et avant Iron Fist, Marvel et Netflix nous sortent une saison de Luke Cage. Le héros de Harlem à la peau impénétrable qui casse des nez sur fond de hip hop et de funk. Jessica Jones montrait déjà les premiers signes d’essoufflement… Est-ce que la sauce prendra cette fois-ci ? 


Fiche Technique:

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Création : Cheo Hodari Coker
Production : ABC Studios, Marvel Television
Genre : Blaxploitation. Action. Super-héroïque.
Acteurs principaux : Mike Colter, Mahershala Ali, Simone Missick, Theo Rossi, Erik LaRay Harvey, Rosario Dawson, Alfre Woodard
Date de sortie: 30 Septembre 2016.
Nombre d’épisodes : 13 x 50min (jusqu’à environ 60min)


 Harlem sous toutes les sutures

L’attente pour cette série était assez forte vu que la série avait été plébiscitée par les fans après la prestation de MiKe Colter dans Jessica Jones. D’ailleurs, ça fait trois fois que je cite Jessica Jones. 4 fois du coup. Et on n’en parle pourtant que très très peu dans Luke Cage. Au point que pendant tout le début de la série, on ne sait pas si c’est une réelle suite ou si c’est un prequel. Sentiment renforcé par le fait qu’on explore largement le passé de l’armoire à glace Black.

Luke Cage essaye de rester discret au début de cette saison, il essaye de vivre tranquillement en joignant les deux bouts, c’est la crise même à Harlem ma bonne dame. En effet, il a deux boulots : un de jour, il bosse chez Pop’s, une vieille canaille du quartier qui s’est rangée depuis longtemps en barbier et qui bénéficie encore du respect des gens du coin qui ont quasi tous grandi en le voyant, et la nuit il bosse au Harlem Paradise, une boîte/salle de concerts tenue par Cornell « Cottonmouth »Stokes, un gangster mélomane qui sponsorise discretos sa cousine Mariah Dillard, une politicienne locale aux dents longues. Tout irait bien si, évidemment, une bande de jeunes loubards du coin ne s’était pas mise en tête de court-circuiter une transaction entre gangs : le gang de Cottonmouth qui revend des armes et le gang rival de Latinos mené par Domingo Colon, soit les acheteurs des premiers. Luke Cage se retrouve bien vite obligé de sortir de sa neutralité à la demande de Pop’s qui essaye de maintenir la paix dans le quartier.

Le quartier, justement, parlons-en. Harlem est clairement un personnage principal de cette série. Les protagonistes clament leur amour d’un Harlem certes imparfait mais aux racines riches et muni d’une population volontaire, ingénieuse et jeune (du moins c’est ce qu’ils nous disent, j’ai jamais été là bas). Harlem est bien dépeinte et largement montré ici, avec parfois même des références que seuls les New-Yorkais, voire Harlemois (?) doivent connaître. Ainsi, dés le générique ( générique superbe d’ailleurs comme d’hab chez Marvel) on est dans l’ambiance, avec ces bâtiments et ces panneaux qui se mêlent dans le torse ou les bras de Luke Cage, accentuant l’inévitable constat que l’âme d’Harlem est dans l’ADN des gentils comme des méchants de cette série.

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L’architecture narrative et visuelle est-elle aussi bonne que celle de Harlem ?

On arrive dans le passage qui blesse un peu avec cette série. Les séries Marvel commencent doucement à un peu trop se ressembler. Si vous aviez trouvé que le « méchant unique » de la saison 1 de Jessica Jones (et de 5) tirait en longueur, bah ici c’est quasi pire, du moins dans l’épisode 1 à 6 qui forment une première partie de saison avant une cassure scénaristique dans la partie 2 (épisode 7 à 13). Or donc on a d’abord affaire à un Luke Cage qui nous ressort le sempiternel : « je reste neutre ». Insupportable ficelle du cinéma du mec super fort qui a raccroché ses gants et qui ne veut plus se mêler des merdes autour de lui, puis un événements tragique le forcera à retourner casser des gueules. Ça aurait pu passer si la lenteur narrative de ces 6 premiers épisodes (et à nouveau dans la seconde moitié de saison, mais sous une autre forme) ne vous sortait pas de l’histoire pour vous indiquer de son gros doigt que vous vous emmerdez et qu’un gars quasi invincible et à la force surhumaine pourrait régler tout ça en 2 coup de cuillères à pot. Fin de l’épisode 6 très mitigé, pourtant c’est là que ça devient intéressant. A partir de l’épisode 7 le scénario et l’antagonisme change pour prendre de l’ampleur et de la complexité. Il y a des terrains sur lesquels les pouvoirs de Luke Cage ne peuvent rien et les méchants l’ont bien compris. Donc une deuxième partie de saison qui rehausse l’intérêt déclinant jusqu’à l’épisode 6 tout en ne parvenant pas complètement à crédibiliser la menace. L’écriture est quant à elle vraiment nickel, ça sonne juste, dans le cliché mais pas la parodie. Regardez la série en VO par pitié.

Le son de Harlem

La série est très clair, également, sur le fait que dépeindre Harlem sans musique de fond c’est absolument impossible. Les visites fréquentes au Harlem Paradise le prouve, on voit plein d’artistes y jouer et il y a de nombreuses chansons qui écument les 50 minutes de chaque épisodes. Des grands classiques du rap, vraiment nombreux : le Wu Tang Clan : Method Man, Ghostface Killah, mais aussi ODB, NAS, etc…
Dans un autre style y a du Funk et du Rhythm and Blues avec Isaac hayes ou Raphael Saadiq et bien d’autres. On retrouve beaucoup le suédois Miike Snow également pour les titres moins typés. En bref, pour l’ambiance général c’est un délice sans fausse note. Le tout sous le regard du Notorious BIG.
Spéciale dédicace à : Ghostface Killah & Adrian Younge, dont le titre « sure shot » est savoureusement utilisé dans la série.

Le rapport au comicbooks.lukecage

« On colle à l’esprit mais on ne copie pas à tout prix ». Comme souvent le changement de medium a donné lieu à des variations.
On retrouve les personnages historiques de l’oeuvre dessinée, les historiques varient un peu, les origines sont mises au goût du jour et on a droit au clin d’oeil à Stan Lee et au costume original de Cage. C’est propre et c’est aussi agréable pour les connaisseurs, grâce aux multiples références, qu’aux novices qui ne seront pas perdus.

Ça vaut votre temps ?

Cette série n’est pas parfaite, loin de là, mais elle a le supplément d’âme nécessaire pour la rendre plus qu’agréable et attachante. Je m’attendais à un blockbuster d’action saturée et on se retrouve avec une ambiance posée, de la musique, Harlem en toile de fond, des tranches de vie (certes un peu clichés) l’action est présente, justifiée et rythmée (peu être un peu trop lente). La série qui a fait planter Netflix à sa sortie (véridique) ne le méritait peut être pas, si vous êtes un habitué de Daredevil et Jessica Jones (et de 6) vous vous lasserez de la narration trop semblable, les grosses ficelles qui se répètent. Le charme opère de moins en moins et sans le thème Blaxploitation, l’écriture et la BO cette série serait sans doute bien fade voire inacceptable.

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