Lowlifes : Vendetta personnelle - Comics Prime

Lowlifes débarque dans la collection originale graphic novel, pour rappel celle-ci a la particularité de proposer des histoires originales issues d’une création franco-américaine. Pour Lowlifes c’est Alexis Sentenac (50, La Geste des Chevaliers Dragons) et Brian Buccellato (Sons of the devil, Flash) qui s’y collent. Une équipe intéressante pour ce one-shot paru chez Glénat Comics.

Fiche technique :
Scénario : Brian Buccellato
Dessins et Couleurs : Alexis Sentenac
Editeur : Glénat Comics

Sollicitation : Los Angeles… Derrière le soleil, les plages de surfeurs et les tapis rouges, la cité des anges cache un monde de démons, sans morale et sans rêves. Grand est un flic hanté par la vengeance qui tente désespérément de s’accrocher au type bien qu’il croyait être. Leonard est un toxico qui veut retrouver sa famille. Rip est un voyou impliqué dans les combats clandestins. Wendall est celui qui tire toutes les ficelles… Quand la juteuse recette d’une de ses parties de poker est dérobée, ces trois vauriens vont se rendre compte que rédemption et destruction sont leurs seuls tickets de sortie.

 

 

 

L.A. ton univers impitoyable…

Grand est un homme désespéré, en effet sa femme s’est faite violer dans sa propre maison et il n’a pu rien faire, pire, quand il est arrivé chez lui, il est tombé nez à nez avec le bourreau de sa femme et a été incapable de faire quoi que ce soit. Pourtant, Grand aurait dû savoir comment réagir puisqu’il est flic à Los Angeles. Paumé, il va faire appel à Wendall, qui est un criminel aux multiples ressources et qui a surtout le bras long dans la Cité des Anges. Notre héros se voit obligé de traiter avec le malfaiteur pour assouvir sa soif de vengeance, ce qui est en totale contradiction avec son statut de flic et d’homme honnête. C’est à ce moment précis qu’il tombera dans un engrenage où il aura du mal à se dépêtrer. Désormais il est la marionnette de Wendall.

Le sang par le sang !

Brian Buccellato est un scénariste qui m’a toujours surpris, autodidacte il a appris le métier de scénariste qui l’a amené à travailler pour les Big Two. Il a aussi cette petite touche qu’ont les scénaristes qui ont pour influences les films de Scorsese ou encore Tarantino. En effet, leurs personnages sont toujours en nuances et souvent face à des choix difficiles. C’est ce que j’ai ressentis après la lecture de Lowlifes, Buccellato fait preuve d’une attention toute particulière sur la psychologie des différents protagonistes et ce même s’ils font partie des “figurants”. Un bon point qui donne une véritable consistance à ce récit. D’ailleurs en parlant de consistances, il faut souligner le travail de caractérisation de Grand, qui est écrit d’une façon où le lecteur ne sait pas trop s’il doit l’aimer ou le détester (quand je parlais de nuances) un peu à la façon d’un Taxi Driver, où on se trouve face à un gars qui réagit certes comme un débile mais que finalement on se surprend à comprendre, sans pour autant l’aimer. C’est une sensation qui personnellement me plaît beaucoup, car elle nous démontre souvent la complexité émotionnelle humaine, d’autant plus lorsque celui-ci est face à des décisions (extrême) qui touchent son cercle familial. D’ailleurs Lowlifes par son histoire s’apparente beaucoup plus à une fable dont je ne vous révélerai pas la morale au risque de vous gâcher la surprise.
Par contre ce que je pourrais reprocher à ce récit, c’est sa rapidité de lecture, d’une part dû au fait que les dialogues sont concis et que les dessins d’Alexis Sentenac aident beaucoup à la lisibilité. Mais aussi à cause d’ellipses scénaristiques, qui donnent une sensation de trop peu. En effet Buccellato introduit des personnages au charisme et au background intéressant et n’en fait pas grand-chose. Au final on se dit que ce one shot aurait peut-être eu besoin de tie in pour revenir sur tous les personnages gravitant autour de notre héros.

Chaud !

Alexis Sentenac à qui on doit le très bon Carthago Adventures, est en pleine forme sur Lowlifes. En effet l’artiste a un style que je qualifierai d’hybride, influencé par l’école américaine et Franco-belge. Les scènes d’action profitent de ce mélange de style, rendant le tout lisible et vif à la fois. Cette lisibilité est portée par une palette de couleurs tantôt chatoyantes qui sent bon le soleil de LA, tantôt plus sombre qui rappelle plutôt l’angoisse de certaine rue de la ville américaine. Son utilisation de la trame est aussi un bon point, cette technique, je trouve renforce le rendu des planches surtout quand elle est utilisée de manière adéquate. Pour finir les personnages dessinés par Sentenac sont d’une efficacité ahurissante, certaines cases me faisaient penser au trait d’un artiste que j’affectionne beaucoup, Matteo Scalera

Lowlifes : Vendetta personnelle
Lowlifes est une belle collaboration entre deux artistes dont les styles sont vraiment complémentaires. La seule chose à reprocher est peut-être que l'histoire est bien trop courte. Brian Buccellato expédie son récit et ne s’attarde pas sur certains détails qui je trouve avaient leur importance surtout pour comprendre les motivations des protagonistes. Croisons les doigts pour une éventuelle suite Messieurs.
Dessins
Scénario
On a aimé
  • Les dessins
  • Le message
On a moins aimé
  • Les ellipses
  • Le manque de profondeur
3.3Minimum Syndical

A propos de l'auteur

Amoureux des comics depuis son enfance, Irokee est l'instigateur du projet, ses séries préférées sont actuellement Deadpool, Uncanny X Force et Invincible. Il voue aussi une admiration pour Warren Ellis.

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