Logan, la critique - Comics Prime

Les deux premiers films solo de Wolverine ne sont pas des grandes réussites, en 2009 « X-men Origins : Wolverine » est une des pires bouses dans le tableau des films de super héros. En 2013 « Wolverine : le combat de l’immortel » relève le niveau en faisant au moins un bon divertissement. 2017, Logan arrive sur les écrans, ce n’est plus vraiment un secret, Hugh Jackman a décidé de déposer les griffes et veut partir en beauté, tout du moins c’est le plan de base.


Yann
Fort du succès de Deadpool, ils ont « maturisé » Logan afin de répondre à la hype. Dites ça aux plus jeunes qui du coup se voient empêchés de voir le dernier film de la trilogie.
Et clairement à raison : Logan est un film d’une violence incroyable ! Quoi de plus normal ceci dit, Wolverine se bat enfin comme il le devrait, les griffes d’adamantium tranchent et percent à travers les chairs, les os, le métal, … C’est clairement très gore à la limite (voire au delà) du gratuit avec ses gros plans sur les mises à mort des méchants. C’est certes jouissif et on est content de voir notre héros laisser libre court à ses pulsions bestiales et rageuses qui ont toujours été contenues avec les X-men.

En comparaison, le ton général des deux premiers tiers du film est dominé par la mélancolie, la rédemption, la douleur physique et mentale, on est face à des gens qui doivent gérer la perte de proches à divers niveaux.

On est très loin de Old Man Logan, le chef d’oeuvre comics qui a inspiré ce film. On a affaire dans le film comme dans le comicbook à un futur pas très reluisant où les mutants ont disparus pour la plupart et ce dans la haine et le rejet les plus totaux de la part d’une population Américaine acquise à la cause anti-mutante des Reavers, méchants du film, qui ont pignon sur rue pour agir comme bon leur semble on dirait. Pourchassant Laura, une petite fille mystérieuse, très proche de Logan à bien des niveaux.

James Mangold nous livre ici un film bien différent du « Combat de l’immortel » quelque chose de sans doute plus personnel, de plus travaillé, de plus engagé (politiquement et surtout émotionnellement). Le film n’est clairement pas parfait, j’y reviendrai, mais je suis passé par trois phases très distinctes, l’excitation du moment, la déception face à certains éléments (qui ne sont marquants que par contraste à la qualité générale du film) et enfin un sentiment d’après, plutôt positif, d’avoir été témoin d’une belle fin pour le personnage mais aussi d‘une belle aventure « humaine ».

Les acteurs, en général, ont fait une prestation vraiment convaincanteHugh Jackman dépeint un Wolverine brisé, le classique « homme qui cherche son dernier combat », une raison de lutter, il est dans l’ensemble très émouvant même dans son agressivité et dans ce qui le hante. Malgré le côté « classique » de son postulat, cet archétype passe vraiment bien, les éléments de sa vie de tout les jours sont là pour aider notre empathie vis à vis de ce super héros déchu.

Patrick Stewart, on sait que c’est un magnifique acteur mais il m’a énormément touché dans ce film. Le vieil utopiste qu’est Le professeur Xavier, lui aussi très mal en point, hanté lui aussi par un passé mystérieux. Il vous tirera une larme dans son rôle de mentor le plus touchant jusqu’à présent. J’avais une grosse appréhension quant à sa présence ( principalement à cause de la puissance de son pouvoir) surtout après l’aveu de Mangold quant à son rôle de « soulagement » moral, face à la violence générale du film.

Au final il est la deuxième meilleure surprise du film (après Laura). Il permet de contraster avec un Logan de nouveau plus rustre et bougon. Dafne Keen est bluffante, super découverte, tout dans le mutisme, une petite fille qui observe calmement, qui découvre la vie et qui n’apprécie pas qu’on vienne l’emmerder… C’est le moins qu’on puisse dire. Boyd Holbrook, en leader des Reavers, ce groupuscule anti-mutants, cantonne quant à lui Pierce, le vrai méchant qu’on retiendra de ce film. Malin, rusé, plein de sarcasmes délicieux.

Road-movie, « buddy-movie », sombre, gore, mélancolique, une fuite en avant désespérée. La fin (quasi) parfaite à la fois pour Hugh Jackman et Wolverine. Il donne malheureusement dans la surenchère dans le dernier tier, clairement la moins bonne partie du film, mais on pardonne facilement ce travers tant le début et le milieu sont bons et prennent leur temps. Il serait dommage de repartir avec l’arrière goût de ce dernier tier, c’est ce qui m’est arrivé puis avec les jours qui passent les (très) bons côtés resurgissent et ils dominent largement. Là où Deadpool nous avait fait rire, Logan nous touche. Cette dualité de désespoir et d’ultra violence marquera très clairement les films de super héros de son empreinte singulière. Et une irrépressible envie d’écouter du Johnny Cash.


Lone
Même si on est loin du Old Man Logan de Millar et McNiven que les fans espéraient secrètement, James Mangold réussit à offrir le film que Wolverine méritait depuis longtemps. Après s’être fait les dents sur le deuxième film de la saga (qui n’était pas foncièrement mauvais mais juste moyen), le réalisateur du biopic de Johnny Cash change son fusil d’épaule en mettant en scène un Logan vieillissant et fatigué de vivre. Celui-ci essaie de faire profil bas depuis bon nombre d’années tout en s’occupant d’un Charles Xavier affaibli et au bord de la démence. Le monde a bien changé sans la présence des X-Men. Mais le quotidien de nos deux protagonistes sera rapidement chamboulé lors de l’apparition d’une petite fille fuyant une organisation bien connue de l’univers mutant. S’ensuivra alors une course-poursuite qui prendra des airs de rédemption pour Logan.

Il est difficile d’avoir un discours différent que mon voisin du dessus, tant ce nouvel et dernier (?) volet de notre canadien taciturne et griffu risque de faire l’unanimité. L’empathie et l’émotion sont quasiment omniprésentes. Hugh Jackman et Patrick Stewart sont réellement habités par leurs personnages et on ne peut qu’être bluffé par la complicité qu’ils affichent tout au long du film. 17 années à l’écran sur la licence X-Men, ça crée forcément des liens…
Mention spéciale à Dafne Keen; la petite interprète d’X-23. Qui du haut de ses 12 ans est étonnante de justesse et rappellera parfois une certaine Eleven de Stranger Things.

Et donc oui James Mangold garde le road-movie/western inspiré par le matériel d’origine, et oui, il est tout aussi violent ! Les amateurs de gore en auront pour leur argent. Car c’est la première fois que la sauvagerie de Wolverine est aussi bien mise sur pellicule. Ce qui est à la limite de faire passer Deadpool pour une comédie romantique (oh wait…?). Les scènes d’action sont efficaces et ne tombent pas de le grand-guignolesque digital qui sont à la mode du côté de la Distinguée Concurrence. Mais bon, je m’égare quelque peu.

Malheureusement tout n’est pas rose. Le personnage de Donald Pierce, le chef des Reavers interprété par le charismatique Boyd Holbrook est totalement sous exploité. Ce qui est limite un mal récurrent au cinéma ces dernières années. Mais la palme revient surtout à la Némésis inédite et totalement foirée; donnant l’impression de revenir dans un actionner du début des années 90. Une petite baisse de régime est à notée lors du troisième acte pour terminer sur une fin quelque peu facile. Mais heureusement tous ces petits points noirs ne pèsent pas bien lourd dans la balance tant les qualités du film compensent largement.

Émouvant, triste et violent. Logan est la preuve parfaite qu’il est possible de faire un film de super-héros qui sort des sentiers battus tout en ayant une vraie patte artistique.

SNIKT !!

 

Logan, la critique
Scénario
Photographie du film/ambiance
Casting
Ce qu'on a aimé
  • Le casting.
  • Un wolverine violent et tourmenté.
  • L'ambiance des deux premiers tiers du film.
Ce qu'on a moins aimé.
  • La surenchère de la fin.
  • Le manque (voulu?) de contexte.
  • Un antagoniste sous exploité
4.0À voir !

A propos de l'auteur

J’ai découvert les comics avec The Killing Joke à l’âge de 12 ans. Je lis principalement du Marvel et les grands classiques de DC, un peu de Vertigo (American Vampire, Hellblazer a l’époque). Geek pur et dur je touche presque à tout (jeux vidéos, jeux de plateau, jdr, jeux de figs, ciné,…)

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