Le Roy des Ribauds - Comics Prime

Paris. 1197.

Les rues sombres offrent aux inconscients qui y traînent la promesse d’une mort rapide et sans douleur. Les rues sont le royaume des malandrins, des fous, des gueux ou des mendiants. Les rues sont le royaume du Triste Sire, maître incontesté de la pègre de Paris, mandaté par le roi Philippe Auguste, le puissant souverain de France et de Navarre, pour tenir d’une poigne de fer dans un gantelet d’argent, toute la lie que compte la capitale. Les rues sombrent offrent aux créatures de la nuit le plus beau des manteaux.

Fiche technique :

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Scénario : Vincent BRUGEAS
Dessin : Ronan TOULHOAT
Couleurs: Ronan TOULHOAT
Planches: 152
Editeur: Akileos

 

Synopsis :

Bien qu’étant de basse extraction, celui que l’on appelle Le Triste Sire est un des personnages les plus craints et respectés du royaume. Officiellement, il ne sert que la cause de son souverain, le roi Philippe Auguste, dont il assure la garde rapprochée. Mais dans l’ombre, appuyé par ses redoutables espions et hommes de main, les Ribauds, il surveille, manipule et, parfois, élimine ceux qui se mettent en travers de son chemin, dans les bas-fonds aussi bien qu’à la cour.
Mais au cœur de l’hiver 1194, en assassinant sauvagement un commerçant bordelais, il va commettre une erreur qui pourrait le mener à sa perte. En effet, le lendemain de son acte, il apprend de la bouche du roi que ce commerçant était l’un de ses espions, chargé de déjouer une tentative d’assassinat. Il est alors missionné par le souverain pour retrouver les « assassins » du commerçant aquitain.

Il est cinq heure…

image4(1)Et je me prends une claque ! Et quelle claque. Pourtant je m’y attendais, je l’attendais cet opus, j’en avais lu les premières planches. Mais tout de même… Le scénario est prenant, trop prenant. L’action à couper le souffle et la rythme parfaitement soutenu. Le scénario complexe mais accessible se découpe comme une bonne série TV. Les rebondissements sont bien amenés et il n’y a pas de temps. Le récit va à l’essentiel tout en s’enrichissant au passage. Les deux auteurs ne sont pas à leur coup d’essai (  Block 109 ) et délaissant les univers post-apocalyptiques, ils nous plongent avec justesse dans les rues médiévales de Paris. Le ton est sombre, étouffant et l’on se surprend à ne plus lire une bonne bédé mais bien à regarder en amateur un vieux polar des années trente, à l’ambiance lourde et feutrée. L’alchimie prend et nous transporte. Durant quelques minutes, quelques heures s’il l’on prend le temps de bien observer tous les détails dans les images, on se retrouve là-bas, au milieu des pouilleux, au pied des chevaliers à voir passer le roi et son cortège. Le personnage principal est ambigu, tout en nuance et certainement pas chevaleresque. Ses compagnons, un soldat vétéran des croisades et un maure sans foi viennent compléter le tableau. Ils forment la noblesse qui donnera jour à la Cour des Miracles.

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 … Paris s’éveille 

Sous la plume de Toulohat, se décline un Paris sale, sombre et glauque à souhait. Les voleurs y sont les maîtres de ces ruelles froides et étroites dans lesquelles pourtant les marchands et les badauds s’esbaudissent. Tout est en nuances de gris, de rouge ou de noir sans jamais charger l’image et en gardant une fluidité très agréable à l’oeil. Certains dessins sont moins précis que d’autres mais l’ensemble est crédible et bien organisé. On y apprend que les confréries, les bandes ou les groupes de malfrats ont un maître et que celui-ci est mandaté par le roi de France. Il y règne en seigneur et obtenant le trône, il est véritablement le roi des ribauds. Mais que sont ces ribauds ? Tout simplement un corps de gardes qui avait en charge la protection de Philippe Auguste, souverain du royaume franc. Leur chef, leur Rex ribaudarum était en charge des bordels et du maintient du calme dans les rues de la capitale de ce vaste empire. Tout ici est vrai, ou légèrement romancé et c’est sur des faits historiques établis que se basent les auteurs pour nous régaler de cet univers à découvrir. Vivement le tome suivant.

Lisez, c’est de l’historique et en plus, c’est du bon.

ban

 

 

A propos de l'auteur

né il y a quelques temps déjà, Forminus est un bourru, un nain, un bon vivant qui aime lire, regarder, penser, écrire, sourire et même manger. Les petits plaisirs sont le sel sur l'écume de la vague de l'âme qui plane sur le ciel des amertumes de l'amour. Gourou parmi d'autres du Kostisme, et après des études plus ou moins fructueuses mais valorisantes, il est devenu prof d'histoire car il aime en raconter...

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