La horde du Contrevent, T1 Le cosmos est mon campement - Comics Prime

La Horde du Contrevent fait partie de ces livres qui vous changent, qui vous font réaliser des trucs, où l’on réalise qu’il y a un avant et un après. Pour moi, il fait partie de ces livres « à emporter sur une île déserte ».
Quand j’ai appris l’adaptation de cette œuvre en BD, c’est le couteau entre les dents et suspendu au plafond, à la manière d’un ninja, que je me suis mis à patienter jusqu’au jour de sa sortie. Presque déçu de ne pas voir de file kilométrique, à la manière des Apple Store, devant Brüsel. C’est la bave aux lèvres que je m’empresse donc d’ouvrir cette bande dessinée.
Il est important de rappeler qu’il s’agit bien d’une adaptation et non pas d’une simple retranscription, comme précisé plus loin, l’auteur de la bande dessinée s’est véritablement approprié le scénario et je ne jugerai pas ici de la fidélité de l’adaptation.

D’après l’œuvre original d’Alain Damasio.
Dessin et Scénario : Eric Henninot
Edition : Delcourt
Pagination : 79 pages
Sollicitation : Le plus grand roman contemporain de science-fiction enfin adapté en bande dessinée. Avec ce premier volume, Éric Henninot nous propose une adaptation magistrale du livre-univers d’Alain Damasio.Après une formation impitoyable, et alors qu’ils étaient encore enfants, ils ont quitté Aberlaas, la cité des confins. Leur mission : marcher d’ouest en est jusqu’à atteindre l’Extrême-Amont, source mythique du vent qui balaye leur monde jour et nuit, sans trêve ni répit. Ils sont la 34e Horde du Contrevent. Golgoth ouvre la marche ; derrière lui, Sov, le scribe, sur les épaules duquel l’avenir de la Horde tout entière va bientôt reposer…

Ils sont 19 et ensemble, il forme la 34ème Horde.

Sélectionnés depuis la plus tendre enfance dans un seul et unique but : sortir de la ville fortifiée de Aberllas, la cité de l’Extrême-Aval, pour ensuite marcher à contre vent jusqu’à l’Extrême-Amont.
Une épopée plus qu’une simple aventure, une quête mystique au cours de laquelle les hordiers vont devoir faire face à de nombreux obstacles tant physiques que mentaux. En effet, les clefs de la survie dans la « Bande de contre », cette unique route menant à l’Extrême-Amont, résident dans la cohésion du groupe devant faire preuve d’une volonté inébranlable.

La bande dessinée est une adaptation du cultissime roman d’Alain Damasio, il ne sera pas question ici de la fidélité de l’adaptation bien que mon avis soit certainement biaisé par la lecture du roman.

Le coup crayons d’Eric Heninnot nous transporte directement dans ce monde sans cesse battu par les vents, le challenge était de taille puisqu’il lui fallut trouver la manière graphique de représenter les vents et surtout leur force. L’usage parcimonieux d’onomatopées tantôt flottant au milieu d’une case, tantôt déchirant un paysage  peut être parfois perturbant mais n’en reste pas moins efficace.
Après tout Eric s’est approprié le scénario et la méthode narrative de ce chef d’œuvre, sous le regard de Damasio. Un exercice périlleux qui lui a valu une centaine d’essais, on peut dès lors deviner que sa technique est le résultat d’une recherche approfondie et le fruit d’une mûre réflexion, un peu comme un Golgoth nous fait remarquer Damasio en préface. Le Golgoth, ce hordier, fer de lance de la horde, la poussant toujours plus loin même à travers les vents les plus violents pour qui l’échec de sa mission n’est tout simplement pas concevable.
L’histoire nous est comptée du point de vue unique de Sov Strochnis, « Scribe de la 34ième Horde du Contrevent », qui de mieux placé que celui qui doit rapporter toute l’expérience de la horde pour en raconter l’histoire ? Peut-être Caracole, le troubadour de la bande, mais ses soliloques mystiques risqueraient bien d’embrouiller le lecteur.

Une aventure qui demandera certainement de devoir s’accrocher au début, le temps de comprendre l’univers et s’attacher aux 19 personnages, certains plus discrets que d’autres mais pas moins intéressants pour autant, le voyage en vaut la peine.
Bon aller, quelques mots quand même sur la qualité de l’adaptation : « On ne juge pas la valeur d’une adaptation à sa fidélité au support original ; on la juge à la qualité de sa trahison » (Alain Damasio)

Sam. de BXLGEEK

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