[INTÉGRALE] : Porcelaine, aux portes d'un chef-d'œuvre - Comics Prime

Pour mes premiers pas dans cette nouvelle rubrique initiée par Lord Craft, je voulais revenir sur Porcelaine. D’abord parce que le dernier tome (?) de cette saga est paru ce mois ci et aussi parce que cette série a vraiment quelque chose de particulier, que je vais essayer de vous expliquer…


 

Fiche Technique :
Scénariste :
READ Benjamin
Dessinateur : WILDGOOSE Chris
Coloriste : MAY Andre
Série : PORCELAINE
Collection : CONTREBANDE
Editeur : Delcourt (VF) Improper Books (VO)
Année de sortie: 2014.Sollicitation : Dans un monde presque identique au nôtre, comme un écho magique de la Terre, Gamine, une enfant au caractère bien trempé, n’accepte pas la violence de la rue à laquelle elle est confrontée. Décidée à fuir le froid de Snowy City, elle trouve refuge chez le porcelainier. Ce vieil homme bienveillant vit là, entouré de ses automates. Une seule condition à leur cohabitation : ne JAMAIS pénétrer dans son atelier…

Ma bromance avec Porcelaine

Avant de revenir sur les 3 tomes, je pense qu’il est nécéssaire de revenir sur mon histoire avec cette saga. En effet, quand est paru le premier tome de Porcelaine en septembre 2014, je me rappelle que, après l’avoir feuilleté dans ma librairie, la première chose que je me suis dit était waw : les dessins sont somptueux, je pris donc le bouquin sous le bras et le ramenai à la maison. Installé dans mon fauteuil, j’entrepris la lecture. Chaque page, chaque case était sublime. Le choix des couleurs était judicieux et le scénario naviguant entre mystère et horreur … Le tout saupoudré d’une ambiance très steampunk qui me fit tomber en amour pour Porcelaine. Repus de ma lecture, heureux et un peu triste que l’histoire soit terminée, je rangeai soigneusement le bouquin dans ma bibliothèque. C’est précisément à cet instant que je compris deux choses : la première étant que mon voyage dans ce monde étrange n’était certainement pas terminée – en effet la tranche du bouquin augurait un second tome – et, la deuxième, que je devrais, sans doute, attendre longtemps avant de voir la suite de Porcelaine. Car, vu la qualité du premier tome et le travail d’orfèvre de certaines pages, il aurait été impossible que le second tome débarque la même année. Je me suis donc résolu à mettre Porcelaine dans la case « on-verra-ça-plus-tard-à-côté-d’Elric-et-de-[…] « 

Oui, je suis un mec impatient ! Je n’aime pas attendre les suites trop longtemps. Et j’ai tendance, alors, à oublier, à passer à autre chose. Même si c’est la meilleure série du monde. Et Porcelaine ne dérogea pas à cette (bête) règle. Si bien que, lorsque le deuxième tome sortit en février 2016, je fus surpris. Car dans ma tête ce titre était devenu un one shot et que, par définition, une suite n’était pas nécessaire. Ni même envisageable. J’avais bel et bien tourné la page… Mon amour pour Porcelaine et ses personnages était éteint. Enfin jusqu’à ce jour où, dans ma librairie, étaient disposés, côte à côte, les 3 tomes. Là, de nouveau, la magie opéra et je repris le premier tome, puis le second, et découvris, que les personnages dont j’avais tant aimé les aventures avaient évolué, que Gamine était devenue femme, que le temps avait passé. C’est un peu comme si vous retrouviez un ami perdu de vue depuis longtemps et que, malgré les années passées, l’amitié soit restée intacte. Vous êtes heureux, heureux de prendre une bière avec lui et qu’il vous raconte comment il a évolué durant tout ce temps. Porcelaine, c’est ça. C’est l’histoire d’une gamine qui évolue, grandit, fait des choix (discutables) au long de sa vie. Mais, malgré tout que vous aimiez ou souteniez …

Une trilogie

Porcelaine s’étend sur 3 tomes. On y suit la vie d’une fille : Gamine, elle vole pour survivre et se retrouve, un beau jour, enfermée dans une maison « quasi » tout en porcelaine. Même le majordome et les animaux en sont constitués. Le propriétaire et constructeur de ces merveilles est un homme bon, il deviendra d’ailleurs le père adoptif de Gamine et lui transmettra son savoir pour qu’elle maîtrise cet art. Aussi.

Dans le deuxième tome “Femme”, notre Gamine a bien grandi. Et bien qu’étant à la tête de la richesse de feu son père, du haut de son jeune âge, elle gère comme elle peut l’entreprise familiale. Elle a aussi amélioré les Hommes en porcelaine en les dotant d’une conscience et d’une intelligence qu’elle alimente en leur donnant accès à l’immense bibliothèque de sa propriété. En plus, grâce à un dispositif qu’elle a élaboré, elle est capable de diriger et de voir à travers les yeux de ses « enfants ». Comme elle aime à les appeler. Un pouvoir que convoite l’armée du pays mais Femme ne veut pas que ses créations servent à tuer.

Dans le dernier volet de la saga (très justement appelé “Mère”), notre héroïne essaye tant bien que mal d’éduquer ses deux filles. L’une d’elle, Victorienne, se révélera très douée pour la maîtrise de la porcelaine, tandis qu’Aurie, la seconde, ne rêvera que d’une chose : quitter le cocon familiale. Malheureusement, ce projet est en désaccord avec sa mère. En effet, la famille et ses inventions sont, depuis des années, dans la ligne de mire de l’armée mais aussi assez mal vues par la population locale. Et ce, à juste titre, puisque quelques années plus tôt Mère avait déclenché une guerre tuant des milliers de soldats. Mettant la ville à feu et à sang. Dès lors, habitant dans une immense tour surplombant cette ville, elle était désormais, avec ses filles, à la tête d’une grande armée ; prête à riposter si quelqu’un osait lever la main sur elles.

Jolie petite histoire

Commençant comme un conte de Dickens, Porcelaine se révèle être, au fur à mesure, bien plus que cela. En effet, Chris Wildgoose et Benjamin Read partent d’un monde que je qualifierai de low steampunk aux accents art nouveau (les deux étant souvent difficilement dissociables) et ces derniers parviennent à lui apporter des codes supplémentaires. Créant ainsi un univers original dont le lecteur reste longtemps imprégné.

Bien entendu, le dessin de Wildgoose aide beaucoup à cette immersion car d’un tome à l’autre, les rues et les décors sont reconnaissables, évoluant au fil des années. Tout comme les personnages principaux qui gardent leurs traits fondamentaux tout au long de la saga. C’est cette continuité chirurgicale qui m’a plu ! On sent que les auteurs ont pris du plaisir à construire, à nous compter la vie de cette Gamine au destin incroyable.

À titre personnel, la fin de la série m’a un peu déçu, mais ce n’est pas très grave puisque le voyage, lui, fut au-delà de mes espérances. L’autre raison étant certainement due au fait qu’en refermant ce bouquin, je devais dire au revoir à un personnage et un univers que j’ai découvert il y a quatre ans. Mais voilà, toute histoire à une fin… Qui sait ? Les auteurs décideront peut-être que celle-ci mérite une suite ou une adaptation sous un autre support ?

Mais qui a fait ça ?

Justement, à propos des auteurs, il faut savoir que, pour Chris Wildgoose, Porcelaine est le travail qui lui a ouvert les portes de DC en lui confiant l’encrage de Gotham Academy et plus récemment l’éditeur lui a donné les rennes de Batgirl. Cette fois-ci en tant que dessinateur attitré de la série.

Quant à Benjamin Read, il est connu pour avoir adapté la série True Girl et le film Super 8 en comics. Il officie également dans le cinéma et produit/réalise Warhouse et 500 Miles North. Le tandem a également travaillé sur Briar et Butterfly Gate, tous deux édités par Improper Books.

En conclusion

Porcelaine m’a véritablement marqué, tant par la finesse du dessin de Chris Widgoose que par la manière dont Read a abordé cette saga. En effet, rares sont les auteurs qui m’ont apporté tant d’émotion et surtout autant d’empathie pour des héros que j’ai appris à connaître durant ces trois tomes. De plus (et même si la fin semble fermée), il semble que les auteurs aient encore des choses à explorer et à nous révéler … Cerise sur le gâteau : Porcelaine est une histoire dans laquelle il est aisé de revenir et replonger tant les références et les thèmes abordés par les auteurs sont légion.


 

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