Genius - Comics Prime

Une orpheline des ghettos de Los Angeles lance une guérilla contre les politiciens et l’état policier corrompu. Avons-nous là un manifeste de la désobéissance civile ou un titre racoleur sur ses intentions ?


Fiche Technique:

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Scénarios : Bernardin marc, Freeman Adam.
Dessins : Richardson Afua.
Coloriste : Richardson Afua.
Editeur : Delcourt (collection : Contrebande) et en VO : Topcow
Genre : Action, guérilla urbaine, politique, policier
Date de sortie: 31 Août 2016.
Pagination: 144 pages.

Sollicitation :

Et si le plus grand stratège militaire de notre époque était une jeune fille issue du ghetto de Los Angeles, et qu’elle décide – à partir du quartier où elle vit – de faire sécession avec les États-Unis ?


 Rage against the machineke

genius_1Notre héroïne, Destiny ,a 17 ans et est, d’après ce que nous vend le bouquin, une génie de la stratégie. Bon, c’est pas forcément très mis en avant et même citer Sun Tzu n’y fera rien tellement c’est vu et revu. Elle vit donc à South Central à LA, dans les Ghettos latinos et black où sévissent des gangs sur-armés mais désunis. Elle rallie très vite ces gens derrière l’idéal de sa bannière : combattre les dirigeants corrompus. Alors oui, ça fait de plus en plus écho à ce qu’on entend aux USA, avec les meurtres de blacks par des policiers blancs. Le titre VO datant de 2014, ce n’est pas forcément si opportuniste du coup, même si ces incidents arrivent depuis des années, bien évidemment, et que l’histoire rappelle un cas arrivé il y a 2 ans à St Louis, petite bourgade de Ferguson, après le meurtre de Michael brown par un policier blanc. Histoire qui avait bouté le feu et donné lieu à une série de manifestations réprimées par la police. Je vous passe les détails, mais on peut se demander si, du coup, ce bouquin est une nécessité, rapportant et illustrant la situation, dans le cadre des différentes affaires du genre qui émaillent les nouvelles aux USA ? Et bien franchement, non. Le comics n’est quasi pas politisé, et au final, il dénonce une corruption qu’il ne montre quasi pas. On a une succession de batailles brouillonnes ou des policiers et des membres de gangs se font trouer, voire exploser le corps. Le sujet n’est donc ni moralisateur, ni moralisé et c’est cela qui m’agenius-1-top-cow-2 fortement dérangé. Je ne pense vraiment pas qu’on puisse régler le problème en envenimant un sujet sensible du genre. Alors oui, ce n’est qu’une bande dessinée destinée à divertir, mais elle est vendue comme « un ouvrage résolument politique et social« , alors qu’on a absolument zéro empathie pour l’héroïne trop peu développée pour voir un côté attachant et légitime dans son combat. Les policiers sont caricaturés, sauf LE flic qui a tout compris et dont tout le monde se moque. Le bouquin est également vendu sur le pitch du génie stratégique qui est au final survolé car l’héroïne est juste bien renseignée et anticipe ce qui se passe grâce à cela. On a des batailles rangées expédiées en quelques cases et qui ne dépeignent en aucun cas un génie tactique.

Pour finir, je trouve que la VF dépeint assez mal les subtilités de niveaux de langage des protagonistes et ce n’est pas 1 ou 2 mots en espagnol et quelques insultes djeunz qui font le taf.

Battle of Los Angoisseles

Graphiquement, je ne connaissais pas la dessinatrice Afro-Américaine Afua Richardson avant d’avoir lu Genius. Je dois avouer que passé la superbe couverture, j’ai eu du mal à « rentrer » dans son univers graphique. C’est assez inégal, mais étrangement, le tout s’améliore plus on avance dans l’histoire (ou on devient permissifs, au choix), c’est encore parfois maladroit mais bien moins brouillon (surtout sur les visages). L’ensemble ne restera pas dans les mémoires, mais on doit lui laisser un style « street » assez moderne, avec des découpages laissant un halo qui ne plaira pas à tout le monde mais donnant un côté « graffiti » à l’ensemble. La colorisation numérique est très bien orchestrée et relève le niveau de l’ensemble, avec des flous, des jeux de couleurs donnant un côté tantôt dramatique, tantôt décontracté. Sa représentation contemporaine de l’urbanisme ambiant est en tout cas finement observé.

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Genius ou pas ?

Cette BD m’a beaucoup frustré car j’attendais le coup de génie (lol) jusqu’au bout et ne l’ayant pas vu venir, ça m’a fermé un peu sur les autres qualités de cet comicbook. Je tiens le marketing autour du livre pour seul responsable : vendre un bouquin sur quelque chose qu’on ne trouvera jamais alors que l’éditeur aurait pu en faire un simple divertissement, hyper violent certes, avec un scénario qu’on ne voit pas si souvent au final. Je reste sur ma faim, mais si vous cherchez le délassement dans une ambiance de GTA, la BD fait le taf.

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