Fondu au Noir, LE roman graphique de cette année. - Comics Prime

Ed Brubaker se la joue James Ellroy et Sean Phillips se la joue Edward Hopper pendant 400 pages de pur hommage aux films noirs hollywoodiens des années 40.

Fondu au NoirFiche Technique :
Scénarios : Ed Brubaker
Dessins : Sean Phillips
Couleurs : Elizabeth Breitweiser
Éditeur : Delcourt
Date de sortie: 29/11/2017
Pagination : 400 pages.
Sollicitation : Charlie Parrish, scénariste de cinéma traumatisé par la guerre et alcoolique, émerge difficilement, la tête engluée par les excès de la veille. Le réveil est d’autant plus rude qu’il est accompagné de la découverte d’un cadavre gisant sur le sol de la pièce d’à côté. Aucun doute, il s’agit de Valeria Sommers, starlette la plus en vue du cinéma hollywoodien – pour laquelle il avait d’ailleurs un sacré béguin. Seulement Charlie ne se souvient absolument de rien ! Il s’enfuit et apprend peu après que le meurtre a été maquillé en suicide pour étouffer un potentiel scandale… mais pas seulement ! Il faut dire que le studio Victory Street a ses raisons de taire l’affaire et nombreux sont ceux, au sein de cette société pesant lourd dans l’industrie cinématographique, à cacher de noirs desseins.

Hollywood

Hollywood, fin des années 40 et fin de “l’âge d’Or” du cinéma ; les grands pontes, RKO en tête, doivent revoir leurs positions monopolistiques suite aux nouvelles lois.
Hollywood, fin des années 40 et période pré-Maccarthiste ; la chasse aux sorcières a déjà été ordonnée par Hoover dont des sbires se sont déjà infiltrés dans le milieu. Avec zèle. Voire un peu trop.
Hollywood, fin des années 40 et début des films Noirs ; Noir comme les enquêtes graveleuses des détectives privés de seconde zone ; Noir comme les mœurs de cet écosystème.

Charlie, un scénariste qui avait un avenir tout tracé après sa nomination aux Oscars® (mais, manque de bol, il est tombé face à “Citizen Kane”) se réveille après une nuit trop éthylée (comme de coutume depuis son retour de Pearl Harbor) ; cette fois, c’est avec le cadavre de l’actrice vedette sur film sur lequel il travaille. Bien entendu, il n’a pas l’ombre d’un souvenir de cette dernière nuit…
Pour survivre à la chasse aux rouges, Charlie a balancé des noms ; celui de Gil aussi, qui était son ami. Pour survivre tous deux, Gil continue à écrire car Charlie a perdu la flamme durant la guerre et Charlie sert de prête-nom. L’un boit pour oublier et l’autre boit pour se donner du courage.

Victory Street Pictures

Confidentiel

Les faits et gestes des vedettes hollywoodiennes sont orchestrés et surveillés par les studios. Bien entendu, ces derniers sont gérés par des sortes de Weinsteins Trismégistes dont la vertu est inversement proportionnelle à la mégalomanie. Bref, tous les moyens sont bons pour racoler, faire chanter et asseoir sa position (sans jeu de mots, pour une fois).

Dans ce petit théâtre de la perversité humaine, rien n’est épargné au lecteur : on va des photos (volées ou sous la contrainte), au racolage d’actrices en devenir (ou pas) en passant par l’abus des enfants stars (ce dernier point n’étant pas ostensiblement dessiné (merci Sean Phillips)).
Brubaker nous livre un portrait on ne peut plus sombre de l’industrie cinématographique des années 40. Le parallèle avec L.A. Confidential et/ou Le Dahlia Noir est tentant mais un peu trop facile tant Brubaker s’approprie les codes du genre. Néanmoins, il fait preuve d’une dextérité bluffante en trimballant le lecteur d’un point (ou d’une hypthèse) à un(e) autre.

Bien entendu, l’analogie ne peut se faire que par rapport aux livres dans la mesure où dans les versions cinématographiques une certaine censure s’était vue appliquée (sans être des productions Disney, les scènes de cul y étaient relativement polissées) ; ici, nous avons droit à des moments plus qu’explicites mais qui font partie intégrante  de l’histoire et n’ont rien de gratuit.

Fondu au Noir

Apogée

Le trio Brubaker/Phillips/Breitweiser n’en est pas à son coup d’essai mais c’est incontestablement la plus ambitieuse et la plus aboutie de toutes leurs collaborations. C’est aussi la seule à prendre place dans cet univers.

Nous ne sommes pas devant un comics à proprement parler mais bien face à un roman graphique dont l’histoire pourrait être écrite par James Ellroy et les dessins pourraient être réalisés par Edward Hopper.

Personnellement, je n’ai pas vu passer les 400 pages tant le soin apporté aux détails du scénario et des dessins engloutit le lecteur dans cet univers glauque. La narration est fluide, les dessins percutants et le mojo (« il n’y a pas de héros dans la vraie vie ») enfonce le clou de la noirceur de cette histoire.

Ajoutez à cela une playlist de circonstance (pour ma part, je me suis tourné vers du Lester Young mais un Miles Davis aurait pu faire l’affaire (au hasard, Ascenseur pour l’échafaud ou son interprétation de Porgy & Bess)) et vous aurez un avant-goût de ce qui s’apparente à une soirée parfaite.

Fondu au Noir

Fondu au Noir, LE roman graphique de cette année.
Ce roman graphique est une claque, aussi bien au niveau visuel que scénaristique. Tout est juste, noir, glauque et, le pire, on en redemande. Bref, à lire de toute urgence.
Scénario
Dessins
Ambiance
Ce qu'on a aimé
  • l'ambiance
  • le scénario
  • les dessins
Ce qu'on a moins aimé
  • c'est un one shot
5.0Note Finale
Contenu non disponible.
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