Dunkerque : Chef d'oeuvre ou supplice ? - Comics Prime

A l’occasion de la sortie en DVD et Blu-ray du film aux 41 récompenses internationales, petite séance de rattrapage un film au succès incompréhensible.

Réalisateur : Christopher Nolan
Durée : 106 min
Sortie : Juillet 2017
Edition : Double Blu-Ray Film et Bonus Warner Bros

Audio : VO, VF
Sous titres : VF, NL

 

Back to the past

Dernier film en date du réalisateur à succès Christopher Nolan et première approche historique. En effet, le réalisateur de Batman Begins, Interstellar ou Inception n’a jamais approché de près ou de loin le récit de guerre. Pour se faire, ce dernier nous retrace l’épopée méconnue des soldats alliés au début de la seconde guerre mondiale. Repoussés dans le nord par les troupes Allemandes, des milliers d’hommes attendent les navires Anglais pour les exfiltrer, le tout sous le feu allemand de l’artillerie, de la marine et de l’aviation. On suit les tribulations de héros, de lâches et de survivants pendant 1h45 sur fond de combats aériens et de patriotisme.

A contre courant

Cette critique ira certainement à contre courant de la majorité des avis sur le film, de nombreux nouveaux ennemis risquent de s’élever contre cet review partiale et une nouvelle guerre de 100 ans risque d’éclater entre pro et anti Nolan, mais qu’à cela ne tienne, voici les raisons qui font que ce film ne mérite pas sa place au panthéon des œuvres cultes.

Avant tout, les longueurs.

Les longueurs peuvent bien souvent servir le film, en installant un tension, en faisant monter le suspense (Danny dans le couloir de l’hôtel de Shining), mais dans Dunkerque, ces longueurs ne servent qu’à installer un ennui. J’en veux pour preuve l’interminable scène d’introduction, suivant 2 pauvres soldats qui tentent de s’enfuir à bord d’un bateau en se faisant passer pour des brancardiers… Une scène inintéressante qui n’arrive pas à faire ressentir les enjeux et qui ne démontre rien d’extraordinaire d’un point de vue technique (images, cadrages, lumières,…). Ces longueurs sont légions dans le film, augmentant la sensation que ce film ne finira jamais alors qu’il est d’une durée raisonnable à l’heure ou la moyenne des grosses productions dépasse généralement allègrement les 2 heures.

Point 2, le casting

Il est assez difficile de comprendre les choix de la production au sujet du casting, en effet, à l’exception de trois acteurs, Kenneth Charles, Cillian Murphy et Thom Hardy (dont on ne voit le visage que quelques secondes à la toute fin), le reste du cast est peuplé d’acteurs français et anglais inconnus du grand public et donc, particulièrement difficiles à identifier tant ils sont sales, habillés identiquement et coiffés identiquement… Impossible de ressentir la moindre empathie pour qui que ce soit.

Ha, je ne vous ai pas parlé du One Direction-Harry Styles qui se lance dans le cinéma? Pour le plus grand plaisir des fans du boys band et pour le plus grand déshonneur du cinéma, le jeune chanteur de 23 ans nous livre une prestation insipide et oubliable.

Point 3, le format d’image

Pour comprendre les problèmes liés au format d’image de la version Blu-ray, il est intéressant de savoir que le film a été tourné en 70mm, notamment comme le dernier Tarantino. Cependant, rare sont les salles disposant du système nécessaire à la projection 70mm, aussi, lors de sa sortie européenne en salle, seule la version 35mm a été disponible. Un perte certaine pour la qualité.

Puis, surprise, lors du visionnage du Blu-ray, au beau milieux d’une scène, le format change… champ en 16:9 puis contre champ en format cinéma Super Panavision. Cela se reproduit constamment durant tout le reste du film, donnant un effet stroboscopique incroyablement inconfortable. Alors, erreur technique, volonté incompréhensible ou encore problème de copie? Impossible à savoir, mais il est certain que cet inconvénient n’est pas engageant.

Last but not least

LA MUSIQUE… si l’on peut appeler ce tintamarre de la musique.

Aux manettes, Hans Zimmer, compositeur de génie, reconnu pour des œuvres telles que les musiques de Interstellar, Sherlock Holmes ou encore Pirates des Caraïbes et signant sa sixième collaboration avec le réalisateur.

La musique de Dunquerque est une interprétation de l’œuvre symphonique Nimrod, neuvième des Variations Enigma d’Edward Elgar , un compositeur Anglais de la fin du 19ème siècle.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Zimmer a pris de sérieuses libertés avec la compositions originale en nous livrant un amas de bruits assourdissants sans le moindre instant de répit.

Des montées ne menant à aucune conclusion, supposées renforcer l’aspect traqué des survivants, ainsi que la course contre la montre avant l’arrivée des allemands, cependant, encore un fois, coup manqué pour le film qui se contente de harceler les oreilles des spectateurs et ce, même avec une installation audio de qualité.

Une seule chose à dire, le son du film est ce qui le fait passer de la catégorie « bien mais sans plus » à la catégorie « supplice d’1h45 ».

Et sinon, il y a du bien ?

Heureusement il y a tout de même une ou deux chose positives…

Le film est extrêmement fidèle historiquement, l’enchainement des évènements ainsi que les uniformes, avions et navires présents sont d’exactes répliques, voir les réels vestiges ayant participé à cette opération de sauvetage.

Le travail de documentation est faramineux et il faut bien reconnaitre cela.

Ensuite, tout simplement la photographie, des plans d’une véritable théâtralité avec une colorimétrie au cordeau qui baigne le film dans une image entre vintage, romanesque et grand spectacle.

Voilà les deux aspects qui relèvent le niveau du film Anglo/Franco/américano/hollandais.

Donc ?

Comme dirait Gandalf… « Fuyez pauvres fous »…
Ce film fut pour moi une torture audio-visuelle que je ne reproduirai jamais. Je ne saurais que vous encourager à vous faire votre propre opinion, mais accompagnez vous d’une bonne bière et de boules Quies pour survivre à l’épreuve que représente le visionnage de Dunkerque.

Dunkerque : Chef d'oeuvre ou supplice ?
Un film qui ne mérite pas son succès malgré des qualités esthétiques certaines.
Photographie/images
Musique
Casting
Histoire
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  • Les images
On aime pas
  • La musique
  • Le casting
  • Les problèmes de format
2.0Note Finale
Note des lecteurs: (3 Votes)

A propos de l'auteur

Fier représentant de la génération Y, Bercé par Star Wars, Batman, Mario et compagnie. Fan de musique et de Cinéma, créateur de la chaîne YouTube Ticket Critique, Guitariste, bassiste, chanteur...Je suis un touche à tout et j'aime partager avec vous mes impressions et passions.

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