DOSSIER : Les Tortues Ninja - Comics Prime

Les tortues ninja, ça représente une bonne partie de la jeunesse de nombre d’entre nous. Du générique survolté aux comics (car oui, on a bien eu droit à des comics TMNT en Europe à l’époque), rares sont les 20-35 ans qui ont pu échapper à l’appel des égouts de New York et à ses si délicieuses pizzas.

Depuis lors les tortues sont revenues faire leur show sur différents médias afin de récupérer leur « vieux » public mais aussi d’en capter un nouveau. La licence renoue aujourd’hui avec son succès d’antan, l’occasion pour nous de faire le point sur l’univers des tortues les plus célèbres de l’histoire.

Origines de la Saga :

chap1Si beaucoup de gens connaissent les tortues ninja, très peu savent d’où elles viennent réellement. Et quand je parle d’origine, je ne parle pas de mutagène mais du grain de folie qui a germé dans la tête des auteurs au point qu’ils aient pu se dire :

« Mec, c’est l’histoire d’un rat géant qui entraine 4 tortues pour devenir des ninjas. Elles mangent de la pizza, vivent dans les égouts et combattent un cerveau extraterrestre et le clan du pied »

Dit comme ça, ça ressemble à une bonne blague entre potes non ? Eh bien c’est à peu de choses près ce qui s’est passé en réalité. Retour en 1984, les auteurs (Kevin Eastman, Peter Laird) observent le monde du comics et surtout la série « Daredevil ». Dans cette dernière, le héros se bat contre le clan ninja « La Main » et à pour équipière Electra. Quand les « Teenage Mutant Ninja Turtles » débarquent aux US, il ne faut pas longtemps au lecteur pour comprendre qu’il s’agit un bon pastiche de Daredevil, clan du « Pied » oblige, d’autant que deux des tortues se battent avec les mêmes armes (nunchaku et saïs) que les héros d’origine.

Les premiers numéros sont très loin de ce que nous connaissons et se destinent clairement à un public d’adultes. Il faut dire que les tortues et leur maître n’hésitent pas à découper leurs adversaires en rondelles et que le tout est assez sanglant. C’est pourtant auprès d’un public jeune que la série va se faire un nom et cette dernière va donc évoluer en ce sens.

 Histoire de Mutagène :

chap2Maintenant que vous êtes briefé sur les origines narratives de la série, il est temps d’attaquer les origines des tortues elles même et par extension celles de leur maître. Dans ce domaine il y a deux scénarios possibles à savoir :

–        L’original : Les tortues sont de simples tortues et ont évolué avec la fameux mutagène. De son côté Splinter était lui aussi un rat « normal », à la différence que son maître était un grand maître des arts martiaux et que depuis sa cage, notre rongeur imitait les mouvements de ce dernier. Tout va changer pour Splinter lorsque son maître sera assassiné par Shredder et qu’il entrera à son tour en contact avec le mutagène. En évoluant, Splinter décide donc d’entraîner les tortues afin d’en faire des guerriers de l’ombre. Cet entraînement est destiné à les préparer au combat contre Shredder qui semble bien décidé à prendre le contrôle de New York avec le clan « Foot » (clan du pied).

tmnt28

Splinter reproduit depuis sa cage les mouvements de son maître (Image tirée du film)

–      Le moderne : Dans ce cas de figure, Splinter et les 4 tortues sont en fait les réincarnations d’un père et de ses 4 fils ayant vécu durant l’ère Edo, au Japon. Hamato Yoshi (Splinter) et Oroku Saki (Shredder) sont alors membres du même clan mais ce dernier tente de le diriger vers la voie de facilité : celle de la violence gratuite. Refusant d’adhérer à de telles méthodes, Splinter refuse de reconnaître Oroku comme son maître. Ce dernier va se venger en tuant sa femme puis en exécutant ses 4 fils devant lui, un par un. Ultime humiliation, Oroku refusera à Splinter le droit de mourir en tant que soldat (en se faisant hara kiri) et il l’exécutera de sa main comme il l’a fait pour ses fils, en le décapitant.

TMNTFamily

La version moderne possède un background beaucoup plus riche

Réincarnés en rat et en tortues, de labo la petite famille va entrer en contact avec le mutagène qui va leur permettre de prendre conscience de leur vie nouvelle et surtout du fait qu’ Oroku Saki, ou du moins sa réincarnation, est ici à New York. Il est donc l’heure de reprendre l’entraînement pour défendre la ville.

Krang :

chap3Si vous avez bien suivit le pitch tel qu’il est décrit ci-dessus, vous avez sans doute remarqué l’absence d’un personnage important : Krang. Le sujet est très sensible car l’utilisation de cet extraterrestre est très (très)  différente selon le média.  En bande dessinée (oldies ou récente, chez Soleil), Krang est un être unique sur Terre, dans le sens ou les siens vivent dans une autre dimension, la dimension X pour être précis.

Dans l’espoir de conquérir d’autres mondes, Krang tente d’ouvrir un portail vers sa dimension d’origine afin que les siens puissent le rejoindre et former une armée. On apprend également que d’autres extraterrestres de son espèce sont sur terre mais dans des labo supervisés par Krang lui-même.

A l’inverse, dans le dessin animé diffusé sur nickelodeon, les krangs sont légion et déjà bien actifs sur Terre. A l’aide de leur technologie avancée, ils se meuvent grâce à l’aide de robots, comme le faisait le Krang d’origine. On remarque au passage que « Krang » qui était avant considéré comme le nom du cerveau  extraterrestre est devenu le nom de toute une race. Pour ma part c’est ce qui m’a le plus perturbé :« les krangs » ça ne sonne pas très bien à mes oreilles, Kang étant à mes yeux une entité unique.

Dans le dessin animé des années 90, Krang est non seulement une entité unique mais il ne s’agit pas non plus de se vraie forme. Il est en réalité piégé dans cette forme de cervelas après une défaite cuisante contre des ennemis de sa dimension. Il construit alors son fameux robot pour pouvoir se déplacer et être autonome.

1987 VS 2012

chap4Pour ceux qui connaissent les tortues du dessin animé des années 90, le choc a été plutôt brutal en 2012 avec l’arrivée du nouveau cartoon. Plus flashy, plus rapide mais aussi plus enfantin, ce dernier n’a pas inspiré la joie à la plupart d’entre nous qui avec le temps avaient pu espérer un retour plus sombre de la série.

Autant être honnête, le meilleur du dessin animé des tortus ninjas des années 90, c’est le générique. C’est d’ailleurs la seule chose qu’on ait vraiment retenu (a peu de choses près) et il semble un peu facile de condamner la nouvelle série sans d’abord avoir lorgné à nouveau sur l’ancienne.  Car si tout nous semblait si fantastique à l’époque, il ne faudrait pas oublier qu’avec le temps, le tout à plutôt mal vieilli, et pas qu’au niveau de la forme.

Force est de constater que l’ancienne série est terriblement lente et l’animation un peu boiteuse par moment même s’il est difficile de cacher sa joie en revoyant Bebob et rocksteady, le duo le plus stupide de l’histoire (ou au moins avec une bonne place sur le podium).  Krang reste une éminence lui aussi avec son caractère de cochon et son égo sur-développé. Les personnages sont donc restés l’élément fort de la série, dommage donc que le reste ai subis si durement le poids des années.

De son côté, le nouveau dessin animé aligne pas mal de qualités (dynamisme, combats beaucoup plus présents) mais pèche par un manque flagrant de charisme chez ses protagonistes. Difficile de lui en vouloir sur ce point puisqu’un coup d’œil aux dessins animé actuels vous rappellera très vite un fait évident : c’est comme ça partout ! Le temps des héros badass et des méchants vraiment méchants est définitivement révolu, les héros sont devenu gauches et les méchants stupides (ou l’inverse) et les tmnt n’ont fait que suivre ce mouvement qui, si il reste discutable, a pourtant réussi à séduire un public.

Au final, on pourra conclure que beaucoup de nos attentes étaient celles de « vieux cons », attentes qui ont cependant trouvé réponse dans le comics « Les tortues ninja » édité par Soleil depuis le début 2012. Le dessin animé est quant à lui destiné à un public jeune, tout comme celui de l’époque. Le plus important est sans doute qu’une nouvelle génération se soit approprié des tortues ninjas qui restaient décidément un peu trop dans les ombres du passé, reste à voir comment l’ensemble évoluera.

 Le comic

1877632-tmnt_coverspreadLe comics dont 4 tomes sont déjà parus chez Soleil est quant à lui un reboot de la saga et son histoire est le scénario « moderne » qui est décrit plus haut. Il est donc question ici de mutagène mais aussi de réincarnation et de Japon Féodal, ce qui ne manquera pas de faire faire la moue aux plus sceptiques d’entre nous.

Pourtant cette idée permet de donner plus de sens au scénario mais surtout plus de profondeur, il est alors possible pour les auteurs d’explorer le passé de nos héros mais aussi de leurs ennemis. L’histoire commence assez lentement avec un tome 1 très introductif mais qui est nécessaire pour présenter correctement tous les acteurs de la saga. Pour ceux qui n’étaient pas au courant, les tortues arborent toutes un bandeau rouge au début de l’aventure, à l’image du comics original. Les différencier reste tout à fait faisable, chacune ayant une arme et un caractère bien distinct. Les bandeaux de couleur arriveront un peu plus tard et seront la marque d’une évolution au sein du clan.

Le dessin des trois premiers tomes est assuré par Eastman et Duncan qui possèdent un trait simple mais très dynamique, collant parfaitement à l’esprit de la série. Petit bémol au découpage des scènes d’action un peu convenu et sans grande prises de risque. Le tome 4 opère quant à lui un changement assez délicat avec les dessins de Kuhn qui au premier abord ne payent franchement pas de mine. Certains dessins sont même très grossiers et on se surprend à penser que si la série avait commencé comme ça, on n’aurait peut-être pas cédé à la tentation.

Durant la lecture cependant, ces derniers ne choquent pas et on aurait presque fermé les yeux si le scénario de ce tome 4 n’avait pas été dans les choux, se permettant de surfer loin de l’histoire principale.

Dans l’ensemble, le comics « Les Tortues Ninjas » est une très bonne série qui a su se réinventer dans trahir les fans de la première heure. A noter aussi que les personnages secondaires comme Casey ont bénéficié d’une attention toute particulière, leur arrivée dans l’histoire se faisant le plus naturellement du monde. Mis à part la petite déception du tome 4, on attend avec impatience la suite des aventures survoltées des tortues afin de découvrir de nouveaux ennemis ou mieux encore, la refonte d’anciens méchants qui ont su garder une place dans notre nostalgie (Slash, LeatherHead, le Roi des rats…).

url

Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer