DOSSIER : Le Fléau - Comics Prime

Adaptation du roman éponyme de Stephen King, la série « le Fléau » se termine avec la parution du tome 12 aux éditions Delcourt. Cet ultime volet nous permet aujourd’hui de faire le bilan d’un récit très sombre qui a su captiver son lecteur depuis son lancement en 2010. Explications.

Captain Trips

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Bien souvent, nous imaginons la fin du monde comme l’œuvre ou la volonté d’une entité supérieure, une main divine (ou démoniaque) s’abattant sur notre monde en jugeant nos actes.  Pourtant il y a de fortes chances que nous soyons la cause même de notre extinction : l’erreur est est humaine, l’horreur aussi.

Dans une base militaire, une nouvelle grippe est en cours de développement. Connu officiellement sous le nom de « projet bleu », ceux qui ont accès aux dossiers et aux labos connaissent le vrai nom de ce nouveau mal censé apporter la victoire sur le champ de bataille : Captain Trips. Forcément, quelque chose fini par déraper et le virus se propage dans toute la base mise sous quarantaine. Un soldat parvient pourtant à s’enfuir, désirant mettre sa famille à l’abri…

Quelques heures plus tard leur voiture s’écrase contre la pompe d’une station service du Texas. Sa femme et le bébé sont morts, recouverts de morve et de mucus tandis que l’homme présente les premiers symptômes du même mal. Stu Redman et ses collègues appellent une ambulance qui embraque le pauvre bougre pour un hôpital plein à craquer, l’épidémie est lancée…

Vivre ou mourir

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Ne vous y trompez pas: l’univers du Fléau ne fait pas de cadeaux. Les premiers tomes sont d’ailleurs les plus durs au niveau du dessin, la maladie ne faisant pas dans la dentelle. Contrairement aux scénarios catastrophes habituels, la tragédie captain trips tue les gens de manière totalement aléatoire. Ici pas de zombification ni de groupe de survivants armés jusqu’au dents, c’est la misère totale pour les rescapés !

Car si il y a quelque chose d’intrigant dans le fléau, c’est bien de comprendre le pourquoi. Pourquoi un soldat solide comme un bœuf s’écroule t-il le visage dans sa soupe alors qu’un simplet ou une vielle femme semblent ne souffrir d’aucun mal? L’histoire nous emmène ainsi à la découverte de ses protagonistes, bons ou mauvais, afin de nous montrer dans quelles circonstances ces derniers ont du affronter la maladie.

En deuil, enlevé par des scientifiques ou encore en prison sans personne pour ouvrir leur cellule, les survivants semblent perdus dans un monde qui a pourtant décidé de les épargner. Que faire ? Ou aller ? La mort est partout et seul le sommeil leur apporte le repos. Alors ils rêvent. Ils rêvent d’une vielle femme noire… et d’un homme sans visage.

Mère Abigail

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Alors que les rencontres, les alliances et les conflits entre survivants se multiplient, les rêves de ceux-ci se font plus pressants et plus distincts. Dans un champs de Maïs, au Nebraska, une vieille femme noire joue de la guitare. Elle a 108 ans et pourtant elle fait toujours son propre pain. Le regard à la fois bienveillant et anxieux, elle les met en garde contre l’homme en noir, le serviteur du Diable.

De son vrai nom, Abby Freemantle est bien réelle même si quelques survivants en doutent encore. Derrière le sourire d’une vie bien remplie, Abby est pourtant terrorisée par l’homme en noir qui hante désespérément ses nuits depuis 2 ans. Avant de faire ces cauchemars, Abby à souvent rêvé de Dieu et nombre de ses rêves sont devenu réalité par le passé… Alors la vieille femme humecte les lèvres de sa bouche sans dents et prie. « Seigneur aie pitié. Aie pitié et guide les jusqu’à moi… »

L’homme sans visage

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Appelé l’homme en noir, l’homme sans visage ou encore Randall Flagg, il est l’incarnation du mal appelant ses disciples durant leur sommeil. Cambrioleurs, maniaques et autres pourritures reçoivent son appel glacial, un appel qui ressemble bien plus à un ordre qu’a une proposition. Froid comme la mort, la paume des mains lisses comme celles d’un bébé , Flagg  avance d’un pas assuré vers Vegas.

Tandis que les disciples de mère Abigail se regroupent au Nebraska, ceux de Flagg se dirigent en effet vers Las Vegas, un lieu qui semble voué à la perdition avec ou sans captain trips. Il est important de noter que eux aussi rêvent de mère Abigail même si ces rêves sont niés par la plupart d’entre eux.  Surveillés par les loups et les corbeaux sous le contrôle de Flagg, les « mauvais » survivants préfèrent ignorer ces rêves qui pourraient les faire passer pour des traîtres.

Ma vie pour toi

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On rencontre de nombreux personnages dans « le fléau ». Certains sont bons, d’autres mauvais et d’autres encore ont perdu la raison. C’est le cas de « l’ordure » ou « l’homme poubelle », appelez le comme il vous plaira. Le fait est que l’ordure est une personne à part dans cette histoire. Tout petit déjà, il était détesté des autres, mis à l’écart de part son comportement et de sa … tendance à brûler les choses. Comme vous l’avez sans doute deviné, il y a peu de chance que l’ordure se retrouve aux côtés de mère Abigail tant son esprit brisé et malléable est à la merci de l’homme en noir.

Pourtant, malgré son affection pour les explosifs et l’odeur du souffre, l’ordure est un personnage plus profond qu’il n’y parait au premier abord. J’ai évoqué plus haut la racaille qui se joignait à Randall Flagg, des hommes et des femmes qui l’ont rejoint pour des raisons différentes mais avec un facteur commun : la peur. Un sentiment que notre « ami » amateur de plastique ne partage pas, du moins pas de la même manière. La relation qui unit l’ordure à  Flagg (et non Flagg à l’ordure, c’est un détail important) est proche d’une interaction père – fils, le genre de relation ou la peur n’est pas celle de la personne mais celle de la décevoir.

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Lloyd Henreid quelques minutes avant que sa vie ne bascule

L’ordure a beau être  fou, il reste à bien des égards la personne la plus honnête avec elle même. Pour l’homme en noir, pour Flagg, il fait ce qu’il fait de mieux en espérant être à la hauteur des attentes qui pèsent sur lui. Ma vie pour toi…

Le film

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Comme toujours lors d’une adaptation, on se demande si d’autres projets liés au roman d’origine ont vu le jour.  Vous serez heureux d’apprendre qu’en effet, un film (ou plutôt une mini-série) à vu le jour en 1994. Bien qu’un peu indigeste à regarder d’une traite (le tout faisant dans les 6 heures), cette adaptation TV est selon moi une réussite tant elle a bien choisit son format. Suivant avec précision les évènements du roman, le fléau fait partie de ces adaptations qui vous marquent à vie quand vous êtes gamin… un peu comme l’ont fait les film « ça » et « le cobaye » qui, s’ils ont indéniablement vieilli, n’en demeurent pas moins agréables à regarder aujourd’hui.

Le film et le comics étant tous deux fidèles au roman, il faut malgré tout noter que si vous avez vu ce dernier, vous risquez fort de ne plus être surpris par la version papier. Je vous recommande donc de lire le comics avant de vous attaquer à la version cinématographique, à moins d’être un fan de la première heure. D’une certaine manière les deux supports sont complémentaires, traitant parfois une même scène de deux façons différentes. La confection de la bombe en est le parfait exemple (je ne vous dit pas qui, ou ni comment, ça serait dommage de vous gâcher la surprise), alarmante dans un et à la limite du comique dans l’autre.

Pour parler franchement : donnez sa chance au film. Le tout date de 1994 et les premières minutes du film s’en ressentent (et je pense que le caméraman était un peu défoncé pour le coup) mais une fois l’ambiance posée, il devient difficile de décrocher. Les amateur du show « les experts » seront content de voir que la tête d’affiche n’est autre que Gary sinise.  Jamey Sheridan, Robert Queen dans la série Arrow, joue quant à lui le rôle de Flagg.

Conclusion

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Autant être clair sur un point pour éviter les déceptions: le Fléau n’est pas un concentré d’action. Vous y retrouverez certes des tueries, du sang et une atmosphère glauque  mais l’action pure ne prédomine pas… et c’est une bonne chose !

Plus qu’un récit post-apocalyptique, le Fléau est une critique de l’homme face à ses choix, aux conséquences de ses actes. Au premier abord, la série peut sembler un peu caricaturale avec sa division des survivants qui décident de suivre le chemin du bien ou celui de mal. En prenant votre mal en patience vous verrez qu’il n’en est rien et que l’histoire s’enrichit très vite, une très bonne pioche en somme.

 

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