Croquemitaines T1 - Comics Prime

Glénat Comics avec Croquemitaines signe ici son deuxième titre en partenariat avec IDW (le premier était le très bon Sukeban Turbo). En effet, les maisons d’édition française et américaine collaborent pour proposer des titres à la sortie simultanée en Europe francophone et Américaine. Une belle occasion pour Glénat Comics de proposer des œuvres qui sortent des sentiers battus, qui plus est réalisé par des artistes européens. Pour Croquemitaines c’est Djet et Mathieu Salvia qui s’y collent. Et c’est avec un certain enthousiasme que je me mis à lire cette œuvre qui je l’espérais, était aussi originale que le thème traité.

Scénarios : Mathieu Salvia
Dessins : Djet.
Coloriste : Djet
Éditeur VF : Glénat Comics.
Éditeur VO : en simultané chez IDW
Date de sortie: 5 Avril 2017.
Pagination: 192 pages. (Tome 1 sur 2 prévus)
Sollicitation :

Passionné de lecture, Elliott a toujours eu une préférence pour les histoires de Croquemitaines, ces créatures monstrueuses qui, la nuit, se cachent dans l’ombre ou sous le lit pour effrayer les petits enfants. Il n’imagine pas à quel point elles vont changer sa vie… Témoin du meurtre sanglant de ses parents, il va découvrir qu’en réalité, les Croquemitaines existent bel et bien et que des codes très précis régissent leur existence. Lorsque l’un des plus puissants d’entre eux, le « Père-la-mort », se met en tête de le protéger, Elliott se retrouve plongé dans un terrible conflit au cœur d’un univers aussi terrifiant que fascinant dont il devient l’enjeu principal. Par une sombre nuit orageuse, le destin d’Elliott va s’accomplir…

Une histoire de monstres

Le petit Elliott Sullivan est un gamin fasciné par les monstres et autres étrangetés qui dorment en dessous du lit ou dans un placard. Il n’hésite pas à veiller tard pour lire un bouquin emprunté à la bibliothèque sur ces monstres qui se terrent dans sa maison. D’autant plus qu’il est certain qu’il y a quelque chose entre les murs de la sienne. Partagé entre peur et fascination, tous les soirs il essaye de comprendre un peu plus ces bêtes étranges. Cette obsession inquiète évidemment les parents d’Eliott qui y voient surtout une imagination débordante de la part d’un gamin qui lit beaucoup trop…

Un soir, alors qu’Eliott est au lit, ses parents sont sauvagement assassiné par deux étranges créatures. Le jeune garçon est alors sauvé in extremis par le Père-la-Mort qui fait désormais partie de l’ancienne génération des Croquemitaines. S’en suit un Road trip sanglant où les deux protagonistes rencontreront toute sorte de monstres aux intentions diverses.

Un petit trip ?

Le moins que l’on puisse dire après fermeture de ce comics, c’est qu’on a vécu une sacrée aventure et même si c’est le premier tome (deux sont prévus), Mathieu Salvia arrive en une centaine de pages à nous tenir en haleine et à mettre sur la table les différents éléments qui font que Croquemitaines est une histoire à part.

D’abord, au niveau de la narration, comme je l’ai sous entendu plus haut ça va vite, c’est nerveux, les combats s’enchaînent mais sans pour autant être répétitifs, bien entendu le dessin de Djet n’y est pas innocent, mais j’y reviendrai plus tard.

Ensuite, Mathieu Salvia explore le mythe du croque-mitaine en y ajoutant ça et là des éléments de sa vision du mythe. Un procédé qui permet au lecteur de s’immerger un peu plus dans cette histoire qui va à cent à l’heure. Et c’est peut être le seul reproche que je ferai. En effet, comme on est dans une histoire où les protagonistes courent littéralement pour sauver leur peau, la vitesse de la narration est inévitablement proportionnelle. En d’autres termes, pour les personnes amoureuses de longues tirades introspectives, je pense que ce comicbook ne sera pas leur premier choix.

Un personnage attachant

Comme évoqué plus haut, cette vitesse on la doit bien entendu aussi à Djet, qui a le crayon bien nerveux. Les planches sont dynamiques et dans leur positions et dans leurs compositions. Le travail sur les monstres est impressionnant et même si on ressent certaines influences, la patte de l’artiste est bien présente, ce qui donne une véritable identité graphique à Croquemitaines. D’ailleurs, il n’y a pas que le bestiaire qui est une réussite. Je trouve qu’Eliott est représenté de manière très sensible; quand il rit, pleure ou prend peur, on ressent quelque chose dans nos trips. Ça faisait un moment que je n’avais pas ressenti cette espèce d’empathie avec un jeune héros. Une empathie qui monte crescendo au file de la lecture.

Gore, mais avec intelligence

Dernier point à souligner : le traitement des scènes gores. Elles sont, elles aussi, réalisées de manière intelligente. Bon, je mentirai si je vous disais qu’on ne voyait pas par ci par là des giclées d’hémoglobine ou des têtes coupées. Néanmoins, certaines scènes sont beaucoup plus subtiles dans leur mise en scène. Je pense par exemple à la mort des parents de Eliott, où l’on ne voit quasi rien. Mais c’est justement ce manque d’information visuelle qui est très violent. Le lecteur n’a plus de balises auxquelles se raccrocher, ce qui rend la scène très perturbante et limite encore plus malsaine. Des sous-entendus que l’artiste s’amuse à éparpiller un peu partout dans le récit.

Et en plus…

Penchons-nous sur la qualité de l’édition et tout particulièrement sur les ajouts, que j’ai trouvés fort intéressants. On y trouve notamment une longue interview des auteurs dans laquelle on apprend pas mal de choses sur la naissance du projet, mais aussi (et c’est vraiment bien trouvé) un dossier écrit par Eliott qui regroupe les éléments de son histoire. Prétexte intelligent pour montrer les différents croquis de Djet, nous permettant ainsi de nous immerger un peu plus dans ce premier tome de Croquemitaines.

Croquemitaines T1
Vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment à la lecture de Croquemitaines, on est face à une histoire qui sort du conventionnel, récit sensible qui aborde plusieurs thèmes intimement liés à l’enfance. Croquemitaine fait partie de ces titres que l’on mettrait à côté de Joe l'aventure intérieure ou encore du très bon Severed. Un comicbook aux accent Frenchies, qui je l'espère enthousiasmera aussi nos amis d’Outre Atlantique.
Scénario
Dessins
On a aimé
  • L'ambiance
  • Le thème
  • Les dessins qui claquent !
On a moins aimé
  • C'est trop court !
4.5Note Finale

A propos de l'auteur

Amoureux des comics depuis son enfance, Irokee est l’instigateur du projet, ses séries préférées sont actuellement Deadpool, Uncanny X Force et Invincible.
Il voue aussi une admiration pour Warren Ellis.

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