Critique VF : Superstar - Comics Prime

Superstar

superstar coverScénario : Kurt BUSIEK (Marvels, Astro City)
Dessin : Stuart IMMONEN (Nextwave, Ultimate Spider-man, All New X-men)
Éditeur : Glénat Comics

Résumé  : Prenez un héros, mélange entre Captain America et Superman qui tirerait sa force de son public. Rajoutez un père vénal, empereur des médias et un frère cadet un peu jaloux. Secouez ! Vous avez Superstar, le plus grand héros de la Terre ! Ou plus exactement Cody Bridges, le fils ainé de Clay Brides, le patron des médias. Ce dernier ne voit en son fils qu’un moyen de se faire de l’argent. En effet, Cody a besoin que son public lui fasse des dons de bio-énergies pour utiliser ses pouvoirs. Il se voit donc propulsé sous les feux de la rampe, obligé de plaire à la foule pour pouvoir la protéger …

 

 

Mon avis

Superstar est un bon comics qui traite de la médiatisation d’un héros. Évidemment, s’il s’agissait de Batman, Spider-man ou n’importe quel autre super-héros, la question ne se poserait même pas. Mais Superstar dépend littéralement des gens. Sans dons de bio-énergies, il ne peut utiliser tout son potentiel. Il est donc contraint et forcé de plaire à tout le monde (et accessoirement de servir de poule aux œufs d’or à son père) afin de pouvoir le protéger. De la séance de dédicace en plein restaurant, jusqu’à la commercialisation de figurines en passant par les paparazzis et autres coups-bas, notre héros vit la vie d’un people. Malgré ses protestations et son désir de vivre une vie discrète, il constate qu’il devient petit à petit un pur produit de consommation.

Spoiler Alert : À la fin, on constate même qu’il abandonne la lutte contre son père en lui donnant les pleins pouvoirs sur son « image » car il sait que sans lui, il ne pourra plus protéger le monde. Il s’agit là de son dernier sacrifice, le sacrifice de soi. Il accepte de devenir un produit afin d’être en mesure de sauver l’humanité, c’est le prix à payer.

Toute l’histoire n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour nous montrer comment nous souillons nos icônes, nos valeurs et nos héros sur l’autel du dieu de la consommation. Je ne pourrais pas vous citer le nom d’un seul méchant de ce tome, car ils ne servent qu’à nous prouver que la menace qui oblige Superstar à être un héros est bien réelle. Il n’y a d’ailleurs aucun autre super-héros dans cet univers pour lui prêter main forte, il est seul.superstar

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison entre ce récit et les récits de « Gigantic » (VO Dark Horse 2008 VF Akileos éditions 2010) et « Superior » (VO Icon Comics 2010 VF 100% Fusion Comics 2012). Si vous ne les avez pas lus, je ne peux que vous les conseiller également. Superstar, quant à lui, a été publié pour la première fois en VO en 2001, il aura fallu attendre un bout de temps avant que quelqu’un se décide à l’apporter dans nos contrées. Attention, bien que de 2001, il se pose pour moi comme l’une des références dans le questionnement de la place des héros dans la société.

Je pense que le récit est d’ailleurs une belle anticipation de notre actualité. En 2000, sortait le premier film de la trilogie X-men et  en 2002, le premier film de la trilogie Spider-man (pour ne citer que ceux là). En l’espace de 13 ans, les super-héros sont devenus un phénomène commercial mondiale. Que ce soit au cinéma (Iron man 3 et Avengers ont déjà dépassé le milliard de $ de recette), dans les jeux vidéo (Batman Arkham City écoulé à plus de 6 millions d’exemplaires), ou en figurines (regardez chez Kotobukiya), les héros du 20ème siècle ont encore de beaux jours devant eux et de quoi assuré l’avenir. Superstar arrive donc à point nommé pour nous questionner.

Côté visuel, c’est plutôt joli, les scènes d’actions sont courtes, mais suffisamment dynamique (merci le découpage) et la redondance des couleurs rouge, blanc, bleu et jaune nous rappel qui est notre star. Pour les fans, il y a d’ailleurs à la fin de ce tome, en supplément, un carnet de croquis ainsi que quelques anecdotes sur la conception des personnages.

Conclusion
Glénat Comics sort de l’ombre et nous livre un pionnier du genre (avec un peu de retard ?) qui saura apporter des pistes quant à la place des héros dans notre société. Si vous avez aimé Gigantic et Superior, que vous vous intéressez à la vie des héros et aux problèmes sociaux (et dans ce cas-ci commerciaux) qu’ils rencontrent, je vous invite vivement à lire Superstar.
Et n’oubliez pas votre badge : SuperstarButton

Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer