Bad Blood - Comics Prime

Une fois encore, Delcourt Comics parie sur une série qui sort des sentiers battus. Cerise sur le gâteau : cette série est dessinée par le talentueux Tyler Crook. Il n’en fallait pas plus pour me faire sauter à pieds joints dans l’univers de Bad Blood.


Fiche Technique

e48c98d42ff6436b48912742574bc942Scénariste :  MABERRY Jonathan
Dessinateur :  CROOK Tyler
Coloriste :  CROOK Tyler
Editeur VF : Delcourt Comics
Editeur VO : Dark Horse

La vie de Trick Croft n’était déjà pas très rose. Jugez plutôt : adolescent chétif, étudiant sans brio à l’université et accessoirement… en train de crever d’une leucémie. Il ne manquait plus qu’une bande de suceurs de sang sadiques qui débarquent dans sa vie et massacrent son meilleur ami. Si ce n’est que Trick réalise que son sang malade est un poison mortel pour les vampires…


Né sous la mauvaise étoile ?

Trick est un jeune homme atteint d’une leucémie, il ne compte plus le nombre de fois où il a cru se débarrasser définitivement de la maladie. Aujourd’hui, il est fatigué, à bout de force et il sent que le pire va bientôt frapper. Kyle, un ami de Trick, le soutient dans les mauvais moment. C’est aussi le seul qui ne le ménage pas : il le traite comme si il n’était pas malade.

6601c

Un soir, Trick se fait mordre par un vampire nommé Sturge. En le mordant, la créature est infectée par le “mauvais sang” du jeune homme et elle développe à son tour une maladie qui va la tuer à petit feu. Fou de rage, Sturge décide de se venger en tuant Kyle et tous les êtres qui sont chers aux yeux de Trick. Commence alors une course pour la survie, où il fera la connaissance de Lolly qui lui montrera les coins les plus malsains où peuvent se terrer les vampires et leurs serviteurs. Avec l’aide de Jonas (un chasseur de vampires), ils tenteront d’arrêter le clan de Sturge et de contrecarrer leurs plans. Ces derniers constituant une menace pour l’espèce humaine.

Une histoire de vampire… oui mais pas que !

Loin des clichés habituels amenés par le genre, Jonathan Maberry (V-Wars) nous raconte une histoire de vampires où il y a une véritable réflexion sur l’avenir de l’Homme. En effet, à de nombreuses reprises, il utilise des faits tragiques de l’Histoire (guerres, épidémies, épurations ethniques) et les impute aux vampires. Un postulat certes déjà utilisé par de nombreux auteurs, mais qui va plus loin dans la réflexion en y mêlant une conspiration mondiale bactériologique organisée par les créatures de l’ombre. Ce complot touchant plusieurs strates de la société serait la cause principale du développement des maladies, des cancers et même de la propagation de la drogue. En somme, un empoisonnement de notre monde qui aurait commencé depuis la nuit des temps et ce, sans que personne ne s’en rende compte ! Une idée originale qui contextualise Bad Blood de manière simple en l’inscrivant presque dans la réalité.

badbld-1-pg-09-dc88f

On peut reprocher à Mahberry une caractérisation légère de certains personnages. Une faiblesse que l’on pourrait imputer au format de ce one shot qui se conclut en seulement cinq chapitres. Un reproche qui n’en est finalement pas un puisque le scénariste, en éludant certains détails de l’histoire, se concentre sur une trame principale aux nombreux rebondissements.

vpyxab7-badblood5p1

Lettre d’amour à Tyler Crook

J’ai découvert le travail de Tyler Crook avec Petrograd (Urban Comics) et depuis je suis ce qu’il fait avec attention, notamment via la série BPRD (Delcourt Comics) ou encore Harrow County (Glénat Comics). Il a un trait hors du commun, loin des canons habituels que l’on peut voir dans l’industrie du comic-book. Ce dessinateur privilégie l’émotion plutôt que l’esthétisme. Un trait fin et plein de poésie se dégage de ses planches. Quand il dessine Trick par exemple on sent toute la souffrance qui existe à l’intérieur de personnage. Une poésie qui devient beaucoup plus brutale lorsque ses personnages au style faussement naïf deviennent des machines assoiffées de sang.

jm768gm-badblood5p2

Et sinon ?

Malgré une fin que j’ai trouvée expéditive et le manque de caractérisation de certains protagonistes, Bad Blood reste une bonne surprise. Et elle change des histoires classiques qu’on a déjà lu sur les vampires. De plus, le dessin rempli d’émotions de Tyler Crook fait de ce récit une belle expérience où se mêlent subtilité du trait d’un génie et originalité d’une histoire qu’on aurait pu croire dés le départ condamnée à être une énième interprétation du mythe.

Contenu non disponible.
Merci d’accepter les cookies en cliquant sur « Accepter » sur la bannière.

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer