[COMICS] Spider-man: L'histoire d'une vie - Comics Prime

“Spider-man l’histoire d’une vie” ça sonne comme un biopic de Peter Parker écrit par Ken Loach mais en drôle.

Fiche Technique :
Scénario : Chip Zdarsky.
Dessins : Mark Bagley.Éditeur : Panini Comics.
Date de sortie: 05 Février 2020.
Pagination : 200 pages.
Sollicitation :
À l’occasion des 80 ans de Marvel, Chip Zdarsky (Daredevil, Marvel 2-in-One) signe une histoire pleine d’émotion. Il est accompagné par un spécialiste du Tisseur : Mark Bagley (Venom).Des années 60 jusqu’à aujourd’hui, suivez Spider-Man à travers tous les moments importants de sa vie : ses combats épiques contre les super-vilains, les Guerres Secrètes, Civil War mais aussi la guerre du Vietnam ou encore le 11 septembre. Ce one-shot exceptionnel célèbre toute la richesse de la Maison des Idées.

« Peter Parker, c’est le gars qui a pas un rond pour son loyer mais qui sur le côté à du matos que même le Vautour pouvait pas se payer »

Un personnage de comics c’est bien souvent une sorte d’éternel recommencement  avec parfois des changements dans son statu quo. Un auteur l’invente, il lui crée son univers et un jour il passe la main. Le suivant arrive et soit il fait dans la continuité de son prédécesseur soit (Et ne riez pas c’est du lu) Robert du Marketing lui demande de revenir « au source » en gommant ce qui a été publié d’un revers de main. C’est ainsi que la mort n’est jamais permanente et perd souvent de sa saveur parce qu’il suffit d’attendre pour voir revenir les gens. Y a bien qu’Oncle Ben qui n’a pas été trop ressuscité dans la vie du tisseur (Et encore les dimensions parallèles sont là mais c’est une autre histoire). Mais c’est aussi ainsi que Peter Parker a plus de petites amies que moi en douze vies (Et il est pas à plaindre) parce que son coeur doit aller à MJ. Corollaire de cette histoire, Peter se doit d’être fauché comme les blés et régulièrement détesté par les gens parce que c’est ça Spider-man ! C’est une règle immuable et tout lecteur de comics s’est fait une raison ! (Où comme Robert, il aime ça).

Du coup la proposition de Zdarsky, non pas de réinventer les origines de notre tisseur favori, mais de lui inventer une vie complète, ça m’a grave titillé. J’allais enfin pouvoir voir les varices de Peter Parker et  surtout assister à son examen de la prostate. Et comble de la bonne surprise, je connaissais surtout Zdarksy sur “Sex Criminal” et je m’étais dit que j’allais finalement être heureux de revoir Mary Jane.

Je vous avoue que j’ai pas été déçu par le voyage mais comme je me dois d’être exhaustif, voici venu la critique !

 

 

« Tante May elle a été draguée par presque tous les ennemis de Spidey, c’est vous dire si c’est l’ultime Cougar des comics ! »

On est donc sur une proposition hors continuité, style carte blanche pour rendre hommage à l’univers du Tisseur.  Zdarsky va prendre comme fil rouge de reprendre la vie de notre tête de toile en suivant la datation des parutions comme exercice de style. Par exemple , la première parution de Spidey est en 1962. Ce qui dans le comics nous mène en plein milieu de la guerre du Vietnam. On est ici dans un ancrage dans notre réalité tout en confrontant notre héros à des questionnements légitimes quant à ses capacités et sa volonté d’aider son pays.

L’astuce va même plus loin lorsque Zdarsky incorpore les “gros crossovers” auxquels Spidey a été mêlé au long des publications. Il reprend la même idée en les ajoutant dans l’ordre de parution et en y cherchant le ton juste. Voir, puisqu’il fait vieillir ses personnages, les raisons de ces conflits évoluent par rapport aux matériaux d’origine. Prenons l’exemple de Civil War (Et je vais rester assez vague pour pas spoiler). Dans la version originelle  l’histoire (une des meilleures de Marvel si vous voulez mon avis) tourne principalement entre l’opposition de ceux qui défendent le droit à l’anonymat et ceux qui veulent réguler les héros masqués. Ici  le récit prend une tournure générationnelle entre la vieille garde protégeant leurs acquis et une jeunesse acceptant plus facilement le changement. Ce n’est pas le centre du récit, je préviens, mais l’incorporation et la réflexion quant à ces crossovers est là et c’est un travail que je salue.

Et pour les fans hard core, qu’ils se rassurent, cette méticulosité sera aussi utilisée pour les événements « Spidey only ». La guerre des clônes, la mort de Gwen Stacy ou l’affection du Docteur Octopus pour les corps plus jeunes, tout est reprit par Zdarsky  avec finesse. Jamais on ne vous met une pancarte sous le nez pour vous donner la référence, c’est au lecteur de les comprendre et de savourer l’hommage réécrit.

S’il fallait souligner un bémol c’est que du foisonnement des histoires, il s’en dégage un certain hermétisme pour les non-initiés qui me fera déconseiller l’histoire aux néophytes. C’est du bon, mais du bon qui demande de solide base dans l’histoire de Spider-man et du monde Marvel en plus général.

 

« Doc Oc, c’était tout un symbole. Un quarantenaire ventripotent avec une coupe au bol improbable, c’était un des rares persos auquel je pouvais m’identifier »

Niveau dessin, j’avoue que ma fibre nostalgique me fait perdre tout sens critique. Bagley dessinait dans les années 90 mes premiers Spidey . Du coup, le voir à l’ouvrage tout du long c’est un peu une madeleine de Proust. Autre avantage, comme il est seul à la barre, ça permet de maintenir ce sentiment d’unité de l’aventure.

Pour conclure Spider-man le biopic (Car quelque part s’en est un) c’est un récit bien ficelé qui ne joue pas dans la surenchère ou un certain amour du passé mais plutôt dans une sorte de synthèse de ce qu’aurait pu être la vie de Peter Parker complète sous la plume d’un même auteur. C’est donc un ouvrage pour les fans de Spidey où simplement les amoureux d’un autre Marvel qui ne cherche pas l’audience facile pour prendre du recul.

Ps: Allez du côté des variant covers en fin du bouquin si vous le trouvez en librairie, là on est dans le ”Stranger Thing” du marketing mais elles sont vraiment cool. Même chose du côté des covers pour chaque épisode signé Zdarsky qui sont éloquentes et en sobriété.

Pps: Mary Jane m’a plu comme ça faisait quelques temps qu’elle n’y avait plus réussi . Son arc esquissé au fur et à mesure de la chronologie lui fait intégré le panthéon des bonnes adaptions du personnage. Encore un peu et mon overdose de rousse dans les comics serait passée.

 

[COMICS] Spider-man: L'histoire d'une vie
Un morceau d'écriture intelligent libéré de toutes continuités, qui s'adresse aux fan de la Tête de toile et qui se doit d'être dans les collections !
Scénario
Dessins
Fanservice
Ce qu'on a aimé.
  • Un Peter Parker à la hauteur de son génie.
  • Des clins d'oeil intelligents.
  • Doc Oc for ze win
Ce qu'on a moins aimé.
  • On vous prend pas du tout par la main.
  • Parfois on aurait aimé des chapitres plus longs.
4.6Un sans faute pour Zdarsky
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