[CHRONIQUE VF] Solo T4 : Legatus - Comics Prime

Dire que j’attendais la suite de cette épopée serait un doux euphémisme, tant les 3 premiers tomes m’avaient enthousiasmés, d’abord par les dessins cartoony/trash d’Oscar Martin mais aussi par les différents thèmes abordés au cours de ces trois tomes. Le troisième tome faisant d’ailleurs office de passation entre Solo et son fils adoptif, qui désormais porte le nom de Legatus. Est-ce que cette attente nourrie par des teasers, semés ça et là par Martin lui-même, valait-elle vraiment la peine ?

Scénariste : MARTIN Oscar
Illustrateur : MARTIN Oscar
Coloriste : MARTIN Oscar

Sollicitation :
Solo est mort. Abandonné, son fils adoptif et disciple, Legatus, décide de chercher sa propre voie de survie et de rallier d’autres animaux à celle-ci. Mais les humains ne vont pas le laisser faire…
Au décès de son mentor, Legatus le chien décide d’explorer de nouvelles voies de survie, construisant ainsi sa propre légende. Autour de lui se réunissent des « adeptes » de toutes les espèces cherchant à coexister dans le monde cannibale. Mais cette nouvelle faction fait peur aux humains : si Legatus est un leader, ses fidèles sont une armée représentant un danger qu’il faut rapidement écraser…
 
 
 
 
 

Disclamer

Tout d’abord, si vous n’avez pas lu les 3 premiers tomes de Solo, je vous conseille vivement de vous y mettre, même si je pense que la lecture de ce tome 4 peut se faire sans avoir lu les numéros précédents, vous risquez tout de même de passer à côté de pas mal de choses, parce que oui l’univers de Solo est riche et pérenne ce qui donne une véritable consistance à l’œuvre d’Oscar Martin.

Legatus

Solo est mort, il laisse derrière lui un enfant adoptif, qui comme lui est devenu une bête solitaire, qui comme lui tue pour survivre et surtout qui à l’instar de son père ne fait confiance en personne… Une nuit quelqu’un vêtu de haillons et encapuchonné lui raconte une histoire, son histoire. Jadis il trouva au fond d’un lac une arme puissante, qu’il utilisa en tuant à peu près tous ceux qui étaient en conflit avec lui, les gens ont fini par le craindre. Un jour il a rencontré l’ancien propriétaire de cette arme, et lui a expliqué qu’il s’était débarrassé de cette arme parce qu’elle avait créée trop de malheur au porteur et à son entourage.

Pour couper court la conversation il le tue froidement avec « l’arme maudite ». Le vieil il homme explique ensuite à Legatus, qu’au cours de son périple il a découvert un endroit où la guerre n’existait pas ou tout le monde vivait dans le bonheur et la paix. Aussi les habitants de ce « paradis sur terre » lui firent cadeau de différentes poudres donnant à celui qui les inhalent la capacité d’ouvrir son esprit ou encore d’atténuer la douleur. Le vieil homme lui explique ensuite que cette expérience lui a fait entrevoir des choses dont il n’avait pas conscience. Mais aujourd’hui, il est fatigué d’errer et avec l’âge il doit trouver quelqu’un à qui léguer son arme et aussi sa poudre, et c’est en observant Legatus depuis un moment qu’il s’est rendu compte qu’il n’est pas comme les autres. Qu’il a quelque chose en plus et qu’il serait sans doute le candidat idéal pour garder cette arme en sûreté. Notre héros accepte les deux présents, cependant il décide de détruire tout de suite l’arme. Et laisse son interlocuteur seul face à son destin.

¡Hasta la revolución siempre!

Cette conversation a éveillé en lui une prise de conscience de sa condition sur la société, qui est responsable des injustices qu’il a connu pendant toute sa vie. Mais à la place de prendre les armes pour changer les mentalités, il préfère monter une équipe ayant les mêmes aspirations que lui, le même désire de changer les choses de la manière la plus pacifiste qu’il soit, évidemment cette entreprise ne sera pas de tout repos pour Legatus et sa bande.

Et là c’est le drame, je m’explique cette partie m’a un peu agacé, en effet, si la morale d’une révolution avec des fleurs est louable, j’ai trouvé qu’Oscar Martin a eu du mal à justifier cette « non-action », jusque à utiliser des représentations lourdes faisant écho à un certain best-seller Saint. De plus j’ai eu l’impression que le roster ressemblait, quelques fois à une mauvaise caricature de hippies ayant pris trop de psychotropes. Et même si un début de réflexion est abordé sur le « culte de la personnalité » celle-ci est vite oubliée sur un scénario beaucoup trop prévisible et finalement assez ressemblant aux opus précédents.

Vers un « Martin-verse »

Ce qu’il faut tout de même reconnaître dans l’œuvre de Martin, c’est cette cohérence entre chaque tomes, cet univers dangereux, cruel où les humains cohabitent avec des êtres anthropomorphes, cela reste attirant et on a plaisir à y revenir faire un tour. Hier, nous avions un rat apprenant à ses dépens la dangerosité du monde qui l’entoure, avec Legatus, on a un récit qui s’inscrit plus dans une philosophie, une vision d’une direction que l’auteur veut donner à son récit et qui vient clore ce apparemment premier cycle. En effet, pour le mois de Mars Delcourt a prévu de sortir le tome 1 d’une série qui s’appellera aussi Solo, mais qui a pour héros cette fois un chat. Nul doute que Martin a prévu une véritable évolution du monde où les héros ne seraient que les porteurs d’un message à chaque fois différent pour affronter cet univers hostile. Bref, on n’a pas terminé d’entendre parler de Solo dans ses différentes itérations.

Un goût de trop peu ?

Je vous avoue qu’après lecture de cet opus, j’ai été un peu frustré, en effet le début du récit est très dense d’un point de vue des dialogues mais aussi très référencé au niveau de certains textes. Ensuite, dans la deuxième partie, j’ai trouvé cela très compressé avec des résolutions d’intrigues, qui se font en l’absence quasi totale de dialogues. Malheureusement, cela donne au récit un goût de trop peu, on aurait aimé plus d’explications, on aurait aussi aimé que l’auteur s’attarde sur certain concept qu’il effleure ou qu’il couche de manière quelquefois brutale sur papier.
D’un point de vue graphique c’est toujours aussi percutant, toujours aussi efficace, c’est d’ailleurs ce qui fait de Solo une série singulière, reconnaissable entre mille et qui malgré les faiblesses de ce tome, devient peu à peu un must have du Comics et de l’art séquentiel en général.

[CHRONIQUE VF] Solo T4 : Legatus
J’ai eu du plaisir à lire ce 4ème tome de Solo et même s'il m’a manqué certaines explications et que j’ai trouvé certaines scènes un peu "too much" dans leur représentation, il n’en reste pas moins un tome très correct, via justement les messages envoyés (même si pas assez approfondis à mon goût), via également les dessins somptueux d’Oscar Martín et enfin par l’univers qu’on a toujours plaisir à retrouver et voir évoluer.
Dessin
Scénario
On a aimé
  • L'univers
  • Les dessins
  • Les personnages charismatiques
On a moins aimé
  • Le scénario linéaire
  • Pas beaucoup de surprise(s)
  • Une fin prévisible
3.5Note Finale
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