[CHRONIQUE VF] I Kill Giants - Comics Prime

« Les comics c’est pour les gosses », « si c’est pour voir des gens en slip moulant se taper dessus je préfère regarder le catch », « c’est un peu idiot les comics, nan ? »

Scénario : Joe Kelly
Dessins : Ken Niimura
Éditeur : HiComics
Date de sortie: 23 mai 2018
Sollicitation : L’histoire d’une petite fille perdue dans une vie de famille chaotique, et qui se perd dans un monde imaginaire bien plus commode : « Elle a poussé son existence fictive un peu loin, et ne parle vraiment que des géants à tout le monde. Elle est convaincue qu’ils sont en marche et qu’elle seule peut les arrêter
 
 
 
»

Les comics, ce monde vaste et plein de surprises !

On a tous entendu, voire dit, pour certains, ce genre de phrases. Car, même si le monde des comics Américains est de plus en plus respecté en Europe, les préjugés ont la vie dure. Pourtant des petits bijoux sortent des sentiers battus pour nous proposer une expérience unique et inoubliable. Le premier à me faire cet effet était Bone. Le deuxième Scott Pilgrim (dixit). Et « I kill giants » n’est pas loin derrière en nous proposant une histoire vraiment belle, mais également cruelle.

Et quoi de plus cruel que des enfants entre eux. C’est dans cette antichambre de l’enfer, plus communément appelé « école », qu’on retrouve Barbara. Une jeune adolescente passionnée de jeu de rôle, un poil bizarre et donc persécutée.

Mais il en faut plus pour déstabiliser notre héroïne au caractère bien trempé ! Et puis quand on tue des géants, on a que faire des moqueries de ses camarades. Et on a encore moins le temps de se faire des amis. Parce qu’il ne faut pas croire, un géant ça ne s’élimine pas si facilement ! Non ce qui terrifie vraiment Barbara, c’est cette étrange créature au premier étage qui semble crier son nom. Une situation qui n’est pas pour inquiéter son entourage. Son directeur qui ne sait plus quoi en faire, la psychologue de l’école qui va tenter de l’aider du mieux qu’elle peut, et sa sœur qui essaie de tenir le foyer à elle seule.

 

Life is a B….

Malgré son titre et sa couverture, « I kill giants » n’est pas une histoire de science-fiction. C’est l’histoire d’une enfant qui préfère s’enfuir dans son univers plutôt que d’être confrontée à la cruauté de la vie. Et en l’occurrence à la maladie d’un de ses proches. Un personnage touchant, joliment pensé et avec une vraie personnalité. On s’y attache très rapidement et c’est pourquoi la situation nous prend au cœur quand on comprend la vraie nature des géants. Un ennemi froid, implacable, qui laisse beaucoup de victimes dans son sillage et auquel chacun peut être confronté. Un traitement doux / amère qui lie habilement subtilité et puissance.

Un résultat du à la rencontre (et à la bonne entente) de ses 2 auteurs. Joe Kelly est surtout connu pour son run sur Deadpool (1997-1999) et sur Daredevil (1997-1998). Et c’est avec beaucoup de générosité que le scénariste nous livre ici son œuvre la plus personnelle. Mais comme dit lors d’une interview : « je suis férocement fier de ce livre et honoré que Ken lui aie donné vie avec autant de passion. L’histoire de Barbara est devenue autant celle de Ken que la mienne(…) »

L’alchimie est donc bien présente entre les deux artistes, et cela se ressent dans les pages. D’une douceur incroyable teintée de fausse naïveté, les dessins sont ici véhicules des émotions de Barbara, et donc du lecteur. Tantôt inquiétantes, tantôt tristes, les planches de Ken Niimura ne nous laissent pas le choix quant à ce qu’il veut nous faire ressentir. Un vrai tour de force.

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