[CHRONIQUE] Vertiges Nocturnes - Comics Prime

Avec Vertiges Nocturnes, édité par Glénat, Salvador Sanz nous offre une fantasmagorie assez dérangeante ; loin des clichés habituels. Et ça fait un bien fou.

Scénario : Salvador Sanz.
Dessins : Salvador Sanz.
Éditeur : Glénat.
Date de sortie: 27 mars 2019.
Sollicitation : Tout commence par le spectacle du magicien Mille-pattes, pour lequel Lucio et Lucia vont participer à l’un de ses incroyables tours. À présent, ils souffrent d’une étrange malédiction : la nuit, ils se transforment en oiseaux monstrueux et énormes. Mais ce n’est que le début du plan du mystérieux magicien… Un plan qui les emmènera dans le sud du pays, où Mille-pattes prépare son nouveau spectacle : « la fête nationale du rêve », qui projette de plonger toute la ville de Puerto Madryn en état de sommeil  !

Salvador Sanz, illustrateur argentin célèbre de par le monde pour ses dessins ultraréalistes de villes et ses histoires macabres, telle Legión, livre un récit gothique, aussi horrifique qu’onirique, d’une obscure beauté…

Mille-pattes

Lors de ses spectacles à travers le monde, Mille-pattes, un magicien quelque peu extravagant, a pour habitude de prendre deux personnes au hasard pour leur faire subir un de ses tours. Cette histoire nous parle de Lucia et Lucio, deux quidams ayant eu l’honneur (ou pas) de faire partie des sélectionnés…

Depuis cette expérience, Lucia et Lucio vivent des choses étranges : ils ne se rappellent pas de leurs nuits et sont épuisés au petit matin. Par hasard, Lucio se réveille durant une de ses crises, dans un autre monde, celui des nocturnes.

 

Carpe noctem

Vertiguel. Tel est le nom de cet autre monde, de cette cité. C’est là que les élus passent leurs nuits tandis que leur place sur Terre est prise par les nocturnes. Il n’y a qu’un seul moyen de s’extraire de cet engrenage et Lucio et Lucia l’ont découvert, malgré eux. Néanmoins, Mille-pattes doit faire une ultime représentation à Puerto Madryn. Le but ? Ouvrir un portail entre ce monde et le nôtre pour que les nocturnes prennent possession de la Terre.

In fine

Ce one-shot signé Salvador Sanz (du scénario aux dessins) est tout simplement terrible. On sent bien les inspirations diverses qui ont façonné cet opus mais je m’en suis délecté. L’histoire est franchement tordue (me gusta), bien que certains points auraient gagné en profondeur s’ils avaient été plus longuement développés, mais cette dernière n’en reste pas moins foutrement bien ficelée avec une relativement bonne balance entre les « c’est-comme-ça-point-barre » et les « non-mais-faut-un-peu-réfléchir-quand-même« .

Les dessins (tout en noir) pourraient être les enfants naturels de H.R. Giger – pour le côté organique -, Walking with dinosaurs (de la BBC) – pour le côté « bestioles-mais-avec-des-plumes » – et les cités obscures (de Schuiten et Peeters) pour la verticalité de l’autre monde. La fin (ouverte) laisse libre cours à l’imagination du lecteur en instilant un sentiment de malaise loin d’être désagréable.

Bref, du tout bon qui ne laissera pas le lecteur averti indifférent. Gageons que Sanz aura l’intelligence de laisser son histoire en l’état sans lui offrir de suite.

[CHRONIQUE] Vertiges Nocturnes
Plusieurs niveaux de lectures pour une fantasmagorie qui ne laissera pas le lecteur indifférent. Certains points auraient pu être approfondis mais on pourra allègrement en faire son deuil tant qu'aucune suite n'arrive.
Dessins
Scénario
Ce qu'on a aimé
  • L'ambiance
  • Les anti-héros
Ce qu'on a moins aimé
  • Le manque de développement
4.3Note Finale
Contenu non disponible.
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