Bitch Planet - Comics Prime

Mais qu’est ce qui se cache derrière ce nom « Bitch Planet » ? Une couverture qui a un goût de grindhouse, de pulp, de Russ Meyer mais surtout un titre qui sonne comme une claque en pleine figure et qui pique longtemps après !


Fiche technique

9782344014653-LBitch Planet – Tome 1
Extraordinary machine
Scénario : Kelly Sue DeConnick
Dessin : Valentine De Landro
Editeur VF : Glénat Comics
Editeur VO : Image Comics

Sollicitation:
Le futur. Le monde est gouverné par le diktat des hommes. Les femmes qui ne se plient pas aveuglément à leur volonté doivent être « rééduquées ». À l’issue d’un discours évangélisateur psalmodié en boucle dans leur sommeil, elles sont expédiées dans l’établissement auxiliaire de conformité, une prison pour femmes en orbite au-dessus de la Terre. Ces rebelles qui rejettent les règles masculines vont ainsi découvrir les joies de la vie carcérale dans cette boîte de métal que l’on appelle « Bitch Planet. »

 


La Terre est dirigée par un modèle patriarcal très radical. En effet, la société n’accepte pas  que la gente féminine puisse sortir du “droit chemin”. Les femmes sont d’ailleurs traitées par les hommes comme  des potiches décérébrées. Le modèle idéal dans cette société est la femme soumise et conforme à une idée établie par cette société où le genre masculin agit en vrai despote. D’ailleurs, si une demoiselle ne rentre pas dans le moule, elle sera considérée comme non conforme et sera assez rapidement envoyée dans la “Bitch Planet”.

Un no man’s land où leurs droits se limitent à peine à respirer, où se trouve une prison pour femmes, où les gardiens ont un masque pour mieux les tabasser en toute impunité, où des filles meurent dans des rixes provoquées par ces mêmes gardiens masqués. Un endroit où l’on essaye d’inculquer comment il faut se comporter, même si les détenues savent très bien qu’elles ont peu de chances d’en sortir entières un jour.

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Black Mamba

Kamau Kogo est enfermée dans cette prison et pour survivre elle devra monter une équipe de « Mégaton » avec ses camarades de cellules. Ce sport ultra violent est proche de ce qu’on pouvait voir dans le manga « Cobra » ou encore dans le film « Rollerball ». Bien entendu, presque tous les coups sont permis et la fin du match se termine rarement par une troisième mi-temps à la buvette.

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Pulp pulpidou

La première chose qui saute aux yeux lorsqu’on commence la lecture de ce comicbook, c’est l’amour que De Connick et De Landro portent pour le pulp, le grindhouse et les film de blackploitation. En effet, l’héroïne Kamau est une jeune femme africaine à la coupe afro et au look très « seventies ». Mais au-delà de son style, elle est aussi une femme au tempérament bien trempé, qui sait ce qu’elle veut, qui se bat pour ce en quoi elle croit, en d’autres termes, elle est la femme à abattre dans cette dystopie. Ses camarades ne sont pas en reste, d’ailleurs, l’auteur se concentre sur le passé de la plus attachante et qui, j’en suis sûr, va trouver son fan club, la dénommée : Sue. Elle est aussi une femme forte dans tous les sens du terme. Comme évoqué un peu plus haut, on s’attache à ce personnage parce que K.S. De Connick prend le temps, l’espace d’un chapitre de nous expliquer comment ce personnage haut en couleur est devenu ce qu’il est aujourd’hui. C’est la partie que j’ai préférée dans cette histoire, parce que l’auteur arrive véritablement à définir une personnalité et à donner de la consistance à l’un de ses personnages.

Planet bitch is the new black ?

Si le rapprochement avec la série de Netflix est assez évident, Bitch Planet est surtout une critique de notre société phallocrate. Mais aussi une critique d’un système fasciste brillamment dénoncé par De Connick. Celui-ci est matérialisé par cette société patriarcale et  sa dictature du conformisme. Une dictature qui s’attaque à toutes les strates du système, n’épargnant personne. On pourrait reprocher une trame scénaristique quelques fois un peu « téléphonée » mais le propos est tellement fort et traité de manière tellement dynamique, que le lecteur oublie vite ce petit défaut. Et à l’instar de Orange is the New Black, chaque épisode nous invite à lire l’autre épisode. Une addiction d’autant plus frustrante une fois arrivé à la fin du premier volume.

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Claque visuelle

Le style de Valentine De Landro Valentine se prête bien au style pulp que la scénariste a voulu insuffler à son histoire. L’artiste travaille beaucoup avec les zones d’ombres. Je trouve également qu’il dessine merveilleusement la femme au naturel. J’entends par là :  sans artifices ou proportions qui feraient penser à une poupée gonflable. Le découpage de certaines scènes où l’on voit par exemple plusieurs cases superposées à un élément de décor renforce le côté pulp.

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Les allergiques au Girl Power peuvent dormir tranquille, Bitch Planet est d’abord une réflexion sur le fascisme et la dictature de la pensée unique. Un comicbook humain, où la femme est certes au centre de l’histoire, mais qui est surtout le témoin d’un héritage d’une société qui n’est finalement pas si éloignée de la notre…

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