Batman The Dark Prince Charming, l'avis de la Rédac ! - Comics Prime

Annoncé en grande pompe par DC et Dargaud, le Batman de Marini est enfin disponible dans nos librairies. Un événement puisque c’est un auteur issu de la franco-belge, qui a la lourde tâche de raconter et de dessiner une aventure du Chevalier Noir. Bruce Wayne (et son alter-ego) qui sera en proie à des décisions difficiles à prendre et fera face à un super-vilain qu’il connaît que trop bien !
Pour cet événement-là Rédac de Comics Prime donne son avis sur ce premier opus qui quoi qu’on l’en pense fera date dans l’histoire de la chauve-souris de Gotham.

Dessinateur: Enrico Marini.
Scénariste : Enrico Marini.
Coloriste : Enrico Marini.
Editeur VF : Dargaud.
Editeur VO :  DC Comics.

Pagination : 72 pages.
Date de sortie : 3 novembre 2017.
Sollicitation : Quel lien secret Batman et le Joker partagent-ils avec une jeune fille mystérieuse ? Kidnappée par le Joker, le Chevalier noir doit plonger dans les profondeurs de Gotham City et s’engager dans une course contre la montre pour la retrouver. Les enjeux sont importants, et pour Batman, c’est personnel !

Yann

Je résume un peu durement la chose par : un beau gâchis. Parce que oui, c’est beau, très beau, mais quelle déception scénaristique. C’est bien simple, cette histoire serait sortie en comics chez DC …En fait non, personne n’aurait osé sortir une histoire aussi basique de Batman chez DC ! C’est au mieux un chouette épisode de Batman Animated Serie. Marini a foutu ce qui lui faisait plaisir (et il le revendique fièrement) : Batman versus « un Joker » (au design vraiment moche). Après le tome 2 aura peut être un twist de ouf et que je ne l’ai pas vu venir ! Mais entre temps on a une itération trop classique de Gotham et de ses personnages, le Joker réussi même le miracle, selon moi, d’être « Out of character » quand il parle avec la jeune fille notamment. Ça se lit en 10 ou 15 minutes max et vous n’avez même pas le sentiment d’avoir lu quelque chose qui vous a changé les idées, reste l’amer goût d’avoir participé à la hype avec vos deniers gagnés à la sueur de votre front.

Irokee

La première chose qu’on se dit en ouvrant la BD (car oui ici il s’agit bien d’un format BD), c’est que Enrico Marini est un artiste exceptionnel, ses décors sont mémorables, avec un Gotham aux couleurs ocre et orange, donnant ainsi une impression de saleté et d’une ville toujours plongée dans une ambiance crépusculaire. Les protagonistes aussi ont été soignés, un Batman élégant, la cape virevoltant au gré de ses acrobaties, une Selina Kyle plus belle que jamais et un Joker aux traits assez proches je trouve, de ceux de Jared Leto avec les tatouages et le dentier bling bling en moins. Bref, vous l’aurez compris au niveau graphique, cette aventure du Chevalier Noir est réussie. C’est du côté du scénario où l’histoire me semble beaucoup plus faible. En effet, celle-ci est d’un grand classique et n’apporte aucunes grosses surprises. Pour ce dernier point, je peux comprendre que c’est un premier tome, il faut installer l’univers, les protagonistes etc. Mais n’empêche, il n’y a rien de neuf sous la lune de Gotham et c’est bien dommage. On aurait espéré (car il avait carte blanche), que Marini apporte des choses en plus que le fan de Batman ne connaisse déjà. Et c’est là peut-être le problème, cet album n’est pas destiné à ceux qui connaissent bien le Chevalier Noir et toute sa clique mais plutôt aux personnes qui ont envie de découvrir ce héros en douceur et qui n’ont pas l’habitude de lire du Batman tous les mois. Outre le fait que le scénario semble assez linéaire, je trouve qu’il y a des problèmes d’écriture au niveau des super vilains. On a un Joker fou, jusque-là on est bon, mais qui a aussi semble-t-il un coeur. Tandis que Harley Quinn joue les enfants gâtée et n’est pas du tout dans l’emprise de son amant. Des aspects, qui m’ont dérangé durant ma lecture, qui faut-il le souligner fût très rapide.

Un moment qui m’a laissé tout de même un goût amer tant j’avais de l’espoir que cette collaboration DC/ Dargaud  soit une réussite. La faute peut-être à une hype, qui au final n’avait pas lieu d’être, sauf comme évoqué au-dessus pour le dessin qui reste constant et d’une grande maîtrise.

Néanmoins, j’attendrai tout de même le deuxième tome pour me faire un avis arrêté sur le Batman de Marini.

Chazy Chaz

Tout le monde l’attendait depuis des mois et il est enfin sorti ce fameux Batman de Marini, mais est-ce que l’attente fût justifiée ?

Marini est un artiste de talent, réputé dans le franco-belge comme l’un des plus grands avec des livres tels que Les aigles de Rome ou encore Le scorpion. Nous savons de quoi il est capable, mais le problème, c’est que nous savons aussi que tout grand monsieur qu’il est et aussi sympathique qu’il soit, il peut très bien faire le strict minimum. Lors d’une interview effectuée à Bruxelles lors de la séance de dédicaces au Café Belga, il a clairement dit que tout a commencé par une blague entre lui et les responsables de Dargaud, qui l’ont pris au sérieux et on proposé le projet, projet validé par DC Comics quand même, ce qui n’est pas rien. Mais Marini n’avait pas forcément le temps de faire cette histoire, car très pris sur d’autres séries en cours et cela se ressent déjà au niveau scénario.

En première page, l’auteur nous parle d’un polar très noir hors cela reste du Batman très classique. Joker kidnappe une personne qui comme par hasard est importante pour Batman et s’ensuit une course-poursuite frénétique dans les rues de Gotham, histoire vraiment banale du Dark knight. Un scénario classique avec des dialogues quelques peu enfantin. Si vous voulez faire de votre Batman un polar noir, cela ne seras d’office pas fait pour les enfants alors pourquoi adopter un tel langage ?

Ensuite, viennent les dessins, Marini étant un grand fan des personnages féminins, nous retrouvons une Catwoman et une Harley Quinn vraiment bien détaillées contrairement à leurs homologues masculins. Le Joker, est tout de même travaillé, mais avec le strict minimum, par contre, pour ce qui est de Batman la, je suis déçu, car il n’y a pratiquement aucun détail, que se soit le visage ou le costume, il n’y a rien, j’ai parfois même l’impression d’avoir une tâche noire sur ma page avec une vague ressemblance à une chauve-souris. Je ne parle pas ici du fait que Marini est modifié le Joker et Harley, car il avait sa vision des choses et il c’est tenu à cela ce qui est très bien.

Alors certes, Marini à travaillé comme il aime le faire (crayonné, encré et ensuite l’aquarelle) mais s’il avait eu plus de temps, aurait t-il fait un meilleur travail ? Est-ce que ce livre qui s’annonçait mythique, aurait eu un meilleur rendu ? Nous ne le saurons probablement jamais, j’espère une chose, c’est que la suite et fin de cette histoire nous rende le Marini que l’on connait tous et que le reste de l’histoire soit impressionnante.

J’adore sincèrement Marini, cet artiste est vraiment incroyable, très ouvert aux gens, très sympathique et aime rencontrer ses fans, mais je reste tout de même un encore plus grand fan de Batman et du DC Universe et je suis un peu déçu du résultat, sachant qu’il aurait pu faire tellement mieux.

MC Twhip

La BD (le comic? whatever) que j’attendais le plus cette fin d’année (après White Knight, faut pas déconner), ou je m’étais même dis que j’attendrais le collector début décembre….mais ça c’était avant.
Ne lisant que très rarement de la Franco-belge, je connaissais de nom les titres que Enrico Marini avait fait. Les quelques posters m’avaient clairement mit l’eau à la bouche, et en bon fan-boy de Batou il ne m’en fallait pas plus pour être chaud bouillant !
Je vais être concis et pragmatique. L’histoire n’est pas folle. Mes collèguass ont pas mal résumé le truc donc je ne reviendrai pas dessus non plus. La question que je me suis posée est la suivante :
A qui s’adresse cette BD ?
Aux lecteurs de franco-belge régulier pour les attirer vers le comics?
J’espère pas. Leurs réactions pourraient être : « c’est vraiment pour les gamins Batman ! ».
Aux fans de la chauve-souris? Un peu plus. Même si c’est clairement du réchauffé, l’ambiance mélange du classique avec les Batmen du jeu vidéo, voir même du dernier film (un côté Ben Affleck ce Batman).
Les doubles pages ainsi que les pages complètes sont vraiment belles. On ne peut pas lui imputer d’avoir pris ce boulot à la légère et l’histoire est en deux parties….donc, wait and see.
Quand il y a une forte attente…ben, on peut être fort déçu.

Lord Craft

Découvert au hasard de ma dernière errance chez <nom d’une librairie où je dépense l’équivalent d’un PIB dès que j’en franchis le seuil>, j’avoue avoir été intrigué par l’association des noms Batman et Marini. Dans la mesure où je me suis mis à Batman assez récemment (début 2016, pour être précis – j’ai donc ~80 ans de DC à rattraper) et que j’avais dévoré les Rapaces il y a quelques années, je me suis dit que l’exercice pouvait donner un résultat intéressant. Même si j’admets avoir déjà été quelque peu échaudé par une telle idée ces derniers temps.

Je ne m’attarderai pas non plus sur l’histoire (les joies de rendre sa copie en retard) mais je ne me priverai pas de vous livrer mon point de vue sur l’oeuvre(1) et sur une paire des personnages développés par Marini(2).

(1) Les traits rendent justice au Dark Knight et à son univers en règle générale (mention spéciale pour la Batmobile); par contre, le récit est au format « européen » (pour le nombre de pages) et cela m’a donné l’impression de lire un trailer plutôt qu’un (demi) récit entier.

(2) Bruce Wayne (AKA Batman <- spoiler) est relativement fidèle à ce que j’ai pu lire chez les auteurs américains malgré un côté plus désabusé que de coutume. Le Joker est complètement barré (normal) mais son côté Jared Leto (au niveau du maquillage) et sa complète soumission à une Harley Quinn enfant-gâtée et hystérique m’ont laissé un arrière-goût saumâtre.

Mis à part ces petits bémols, j’ai été enchanté de lire ce tome et attends le second avec impatience.

A propos de l'auteur

Amoureux des comics depuis son enfance, Irokee est l’instigateur du projet, ses séries préférées sont actuellement Deadpool, Uncanny X Force et Invincible.
Il voue aussi une admiration pour Warren Ellis.

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