[LOST IN LIBRARY] Alt-Life - Comics Prime

Quittons le core business de Comics Prime pour nous attarder sur une question d’ordre méta-physique : notre manière de réagir face à la migration de l’humanité dans le cloud.

Scénario : Thomas Cadène.
Dessins :  Joseph Falzon.
Couleurs : Marie Galopin.
Éditeur : Le Lombard.
Date de sortie: 6 avril 2018.
Pagination : 184 pages.
Sollicitation : Une petite histoire de l’avenir. Josiane et René sont de la génération 50/50 : à moitié dans le réel, à moitié dans le virtuel. Fuyant un monde à l’agonie, ils se portent volontaires pour la plus définitive des expériences : être les pionniers d’un nouveau monde, 100% virtuel, sans retour possible.
Un monde que leurs désirs façonnent et duquel ont disparu la douleur ou les besoins naturels. Cet univers où tout est possible (ou presque) va devenir l’aventure qui définira les contours de leur avenir et de celui de tous ceux qui choisiront de les rejoindre. Bien sûr, parce qu’ils sont comme tout le monde, Josiane et René vont beaucoup s’intéresser au sexe.

La vie, la vie, la vie, la vie

Notre histoire se passe en ~2060 après l’âne et le bœuf (à vue de nez), Josiane et René sont les beta-testeurs d’une migration de l’espèce humaine dans le cloud. Un univers où tout est permis et où aucun garde-fou ne sera placé : les seules limites étant leur imagination et les inhibitions propres au genre humain. Josiane explorera tous les possibles sensoriels, érotiquement parlant ; tandis que René aura plus de mal avec sa libido.

Ils sont les Adam et Eve d’une nouvelle réalité où tout reste à construire et à découvrir avant que des nantis (du vrai monde (bientôt obsolète)) ne puissent les rejoindre. Création d’un univers propre à chacun et découverte de ses propres limites mais l’humanité (représentée par notre paire de beta-testeurs) est-elle prête pour une telle introspection ?

Et voici la vie, la belle vie toute pressée d’éclore

Plus qu’une vision, cette BD nous propose une réflexion sur notre rapport au virtuel ; nous y passons potentiellement le plus clair de notre temps (que ce soit par le biais des jeux, des réseaux sociaux ou encore des tableurs Excel®) mais  qu’en serait-il si nous ne devions nous en contenter ? Le fait de ne plus ressentir la douleur ou la frustration ferait-il de nous des êtres meilleurs ? Nous empresserions-nous de recréer feu notre monde (avec tout l’inconfort (voire la misère) que nous voulions délaissé) ?

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Mes plus humbles excuses pour citer Rabelais alors que nous versons plutôt dans le cartésianisme (j’étais trop fade pour chercher une citation de Descartes chez Google™).

D’un point de vue purement critique, le scénario de Thomas Cadène est bien pensé et (à priori) inspiré par les nombreux exemples en la matière dont nous disposons actuellement (Matrix, eXistenZ et j’en passe). Le fait d’avoir inversé la polarité sexuelle des protagonistes (la femme devient obnubilée par les plaisirs charnels tandis que l’homme perd toute pulsion) est un exercice de style très intelligent et fort probable pour cette potentielle future réalité. Par contre, le côté libidineux de toutes les expériences des primo-arrivants a eu le mérite de me saouler quelque peu (oui, vous avez bien lu : le type qui remercie Jacquie et Michel chaque jour qui lui est accordé montre quelque réticence quant à la surexposition sexuelle de ce livre). Les dessins de Joseph Falzon sont propres et travaillés mais ne collent absolument pas à mes standards (ce qui expliquera la maigre note attribuée ci-dessous).

Pour résumer, nous sommes face à un roman graphique intelligent, qui lance énormément de questions au lecteur et, bien que la manière dont les choses sont abordées m’ait fait quelques fois soupirer, je pense que cette vision est une des plus vraisemblables qu’il m’ait été donnée de contempler.

DISCLAIMER : Notez tout de même que ce roman graphique amène à se poser de vraies questions. Nous sommes à des (centaines de) lieues de ce que Comics Prime vous propose généralement dans ses colonnes. Mais j’aurais probablement du commencer par cet avertissement… En espérant que vous ne m’en voudrez pas trop. Live long and prosper.

 

[LOST IN LIBRARY] Alt-Life
Inspirée par la pop-culture (Matrix et eXistenZ au premier plan), cette BD nous propose une réflexion (plus qu'une vision) sur la manière dont nous réagirions si nous devions passer dans le cloud. C'est très intéressant (vraiment) du point de vue philosophique. Mais sans plus.
Dessins
Scénario
Onanisme cérébral
Ce qu'on a aimé
  • la réflexion induite
  • le sentiment de malaise
Ce qu'on a moins aimé
  • le côté libidineux
  • les dessins
  • les noms des protagonistes
2.8Note Finale

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